L'attentat du café Terminus est une attaque à la bombe menée le 12 février 1894 par le militant anarchiste Émile Henry contre la clientèle du café Terminus. Entrepris pendant la période que l'opinion publique appelle l'Ère des attentats (1892-1894), il est connu pour être l'un des premiers attentats de terrorisme de masse et modernes de l'histoire et pour la déclaration que fait Henry lors de son procès, considérée comme un élément fondateur de cette forme de terrorisme.
À la suite du vote des lois scélérates, la répression de janvier et février 1894 et l'exécution d'Auguste Vaillant sans qu'il soit gracié par Sadi Carnot, ce dernier devient un ennemi symbolique de l'ensemble du mouvement anarchiste, qui voit en lui le principal responsable des persécutions les touchant.
Le 12 février 1894, vers neuf heures du soir, Émile Henry, un jeune homme de 21 ans, entre dans le café de l’hôtel Terminus, tout près de la gare Saint-Lazare. Il porte dans la poche de son pardessus une bombe à main. L’établissement est plein : on y dîne, on y boit, on écoute l’orchestre, on profite de la chaleur et de la lumière avant de reprendre un train ou de rentrer chez soi.
Henry a renoncé à s’en prendre au président de la République, Sadi Carnot, l'Élysée est trop bien gardé, et a choisi ce lieu précisément parce qu’il y a du monde. Il allume la mèche avec son cigare, lance la bombe vers les musiciens et sort aussitôt. L’explosion fracasse glaces et boiseries, renverse les tables, blesse une quinzaine de personnes et en tue une. Dans la panique, un garçon de café et des passants se lancent à sa poursuite ; il tire au revolver, mais il est rapidement maîtrisé et arrêté non loin de là.
L’attentat du café Terminus s’inscrit dans ce que la presse appellera l’« ère des attentats », une vague d’actions violentes menées par des anarchistes contre une société jugée corrompue et inégalitaire. Lors de son procès, Émile Henry revendique pleinement son geste, visant non plus des responsables identifiés, mais la foule elle‑même, symbole à ses yeux d’un ordre social à abattre. Cet épisode marque l’un des premiers attentats de masse de l’histoire contemporaine et frappe durablement les esprits par son caractère froidement indiscriminé.