35 boulevard des Capucines
Toponymie — boulevard des Capucines
Événements à cette adresse
4 événements · 1860 — 1881Le 2 avril 1881, la sixième exposition impressionniste ouvre au 35 boulevard des Capucines, dans les anciens ateliers de Nadar — là même où, en 1874, la première exposition du groupe avait déclenché le mot "impressionnisme". Sept ans plus tard, le groupe n'est plus le même.
Treize participants seulement. Monet n'est pas là. Renoir non plus. Sisley absent. Cézanne absent. Tous ont choisi de retourner au Salon officiel, estimant que l'heure est venue de chercher la reconnaissance institutionnelle plutôt que de maintenir une opposition frontale. C'est Degas qui tient le groupe — et Degas avait imposé l'invitation de Raffaëlli, peintre réaliste des faubourgs que les autres trouvaient étranger à l'esprit impressionniste. Les tensions internes ont eu raison de la cohésion.
Restent treize fidèles : Degas, Berthe Morisot, Pissarro, Cassatt, Guillaumin, Gauguin — qui en est à sa deuxième participation et n'est encore qu'un dimanche financier talentueux — Forain, Zandomeneghi, Rafaëlli et quelques autres. La qualité est au rendez-vous mais le souffle collectif s'est dissipé.
Il n'y aura que deux expositions encore après celle-ci — en 1882 et 1886. La huitième et dernière réunira Seurat et son Grande Jatte, Signac, et marquera la naissance du pointillisme. Le groupe impressionniste se dissout en générant ses successeurs.
Au 35 boulevard des Capucines, une plaque rappelle que tout avait commencé là, en 1874, avec trente artistes et le rire moqueur de la critique.
Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en train de changer l'histoire de l'art.
L'idée germe depuis des mois. Puisque le jury du Salon refuse systématiquement leurs œuvres — trop esquissées, trop lumineuses, trop libres —, Monet, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, Cézanne, Berthe Morisot et leurs amis décident d'exposer par leurs propres moyens. Ils fondent la « Société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs et graveurs » et trouvent un lieu : le vaste atelier de Nadar, au deuxième étage du 35 boulevard des Capucines, avec ses grandes baies vitrées inondées de lumière. L'emplacement est idéal — en plein cœur du Paris des grands boulevards.
Le 15 avril 1874, l'exposition ouvre ses portes. Cent soixante-cinq œuvres de trente artistes tapissent les murs. On y trouve des paysages vibrants, des scènes de la vie moderne, des jeux de lumière sur l'eau et les feuillages. Parmi elles, un petit tableau de Claude Monet : une vue du port du Havre dans la brume matinale, intitulée Impression, soleil levant.
C'est ce titre qui met le feu aux poudres. Le 25 avril, le critique Louis Leroy publie dans Le Charivari un compte rendu assassin : « Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... » Le mot est lâché. Par dérision, Leroy baptise ces peintres « impressionnistes ». Le public rit. La critique académique se déchaîne. Les toiles sont jugées inachevées, les couleurs criardes, la technique bâclée.
Les artistes, eux, relèvent le gant. Ils adoptent le nom qu'on voulait leur jeter à la figure. L'impressionnisme est né — dans un atelier de photographe, au-dessus du boulevard, un jour d'avril.