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Au bout du faubourg Saint-Victor, là où un moulin à vent de l'abbaye Saint-Victor tournait jadis sur la butte Coypeau, Louis XIII décide en 1626, sur les conseils de son médecin Jean Héroard, de planter un jardin royal d'herbes médicinales à l'est de Paris. La fondation officielle date de 1635, et c'est Guy de La Brosse qui en devient le premier directeur. Le jardin ouvre au public en 1640 sous le nom de Jardin du Roi, avec serres et, bientôt, ménagerie.

Sous l'impulsion de Georges Buffon, puis de Bernard de Jussieu et Louis Daubenton, l'endroit devient au XVIIIe siècle un véritable temple des sciences naturelles. Deux arbres en témoignent encore : le cèdre du Liban rapporté d'Angleterre par Jussieu (dans son chapeau, dit la légende), et le platane planté par Buffon. En 1786-1787, Edme Verniquet fait dresser au sommet du labyrinthe une gloriette en bronze — l'une des premières structures métalliques de Paris — pour abriter un méridien. La Révolution transforme l'institution : en 1793 le Jardin du Roi devient Muséum d'Histoire Naturelle, et l'année suivante son amphithéâtre accueille les premiers cours de l'École Normale, avec Laplace, Monge et Daubenton à la tribune.

Le lieu accumule les anecdotes savoureuses : le squelette de Cartouche y est exposé après son exécution en 1721 ; Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur de Paul et Virginie, y installe une ménagerie d'animaux rares en 1792 ; Cuvier y dépose solennellement le crâne de Descartes en 1821 ; et en mai 1871, pendant la Semaine sanglante, une cour martiale s'installe entre les allées pour fusiller des fédérés, dont de jeunes aides-pharmaciens travaillant dans l'ambulance des serres. Le Douanier Rousseau, lui, vient y rêver ses forêts vierges dans la serre exotique.

Noms successifs du lieu

  • Moyen Âge Butte Coypeau : emplacement d'un moulin à vent de l'abbaye Saint-Victor
  • 1626 — 1635 Jardin Royal des herbes médicinales, fondé par Louis XIII sur conseil de Jean Héroard
  • 1635 — 1793 Jardin du Roi : jardin botanique et scientifique royal, ouvert au public en 1640
  • 1793 — aujourd'hui Muséum National d'Histoire Naturelle, rebaptisé par la Convention ; le jardin conserve le nom populaire de « Jardin des Plantes »

Événements à cette adresse

20 événements · 1633 — 1905
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Tri :
Serre du Jardin des Plantes
Le Douanier Rousseau peint ses forêts vierges dans la serre exotique du Jardin des Plantes
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Personnage(s) : Douanier Rousseau
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Cour prévôtale du Jardin des Plantes — Cour martiale — Lieu de massacre de Communards
Cour martiale installée dans le Jardin des Plantes pendant la Semaine sanglante. Exécution de nombreuses femmes
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40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Jardin des Plantes — Lieu de massacre de Communards
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante, y compris de jeunes aides pharmaciens qui travaillaient dans une ambulance installée dans les bâtiments des serres
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Personnage(s) : Fédérés
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Jardin des Plantes
Une cinquantaine de meneurs de Juin 1848 se réunissent la veille du déclenchement de l'insurrection. Certains prétendront qu'ils ne furent pas arrêtés par provocation en faveur du gouvernement
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Personnage(s) : Louis Pujol ·Alphonse Esquiros
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Manifestation étudiante
Manifestation d'étudiants qui interrompent le cours de chimie de Thénard ; ils sont poursuivis par les gendarmes, s'ensuivront 200 arrestations
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Personnage(s) : Louis-Jacques Thénard ·Louis XVIII
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Butte Coypeau — Belvédère du Jardin des Plantes — Gloriette de Buffon
La gloriette de Buffon, aussi appelée kiosque en bronze du Jardin des Plantes, est un édifice métallique situé au sommet du grand labyrinthe du Jardin des Plantes, 40 rue Geoffroy Saint-Hilaire, Paris 5ᵉ. Construite…

La gloriette de Buffon, aussi appelée kiosque en bronze du Jardin des Plantes, est un édifice métallique situé au sommet du grand labyrinthe du Jardin des Plantes, 40 rue Geoffroy Saint-Hilaire, Paris 5ᵉ. Construite entre 1786 et 1787 sur ordre de Georges Buffon, elle fut conçue par l’architecte Edme Verniquet et réalisée par Claude-Vincent Mille, serrurier du roi. Il s’agit d’une des toutes premières structures métalliques au monde, antérieure de plusieurs décennies aux réalisations de Victor Baltard et de plus d’un siècle à celles de Gustave Eiffel.

La gloriette est composée d’une ossature de fer habillée de bronze et de cuivre, reposant sur huit colonnes cannelées métalliques. Elle mesure environ 4 mètres de diamètre et est surmontée d’une sphère armillaire et d’une girouette. À l’origine, un mécanisme actionné par le soleil sonnait les douze coups de midi grâce à un gong méridien, aujourd’hui disparu. L’édifice, qui n’a pas de fonction utilitaire autre que celle de belvédère, possède une forte valeur symbolique, notamment par l’utilisation de plusieurs métaux et sa devise « Horas non numero nisi serenas » (« Je ne compte que les heures heureuses »), lié à un gong méridien marquant l'heure solaire de midi. Il s’agit du plus ancien monument métallique conservé à Paris.

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Personnage(s) : Edme Verniquet ·Georges Buffon
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Jardin des Plantes (quelques arbres fameux)
Platane de Buffon, Jebulon, Wikimedia Le Jardin des Plantes conserve deux arbres remarquables du Siècle des Lumières : le cèdre du Liban introduit en 1734 par Bernard de Jussieu et le platane d’Orient planté en 1785 sous la direction de Buffon. Le cèdre, rapporté d’Angleterre, est l’un des plus anciens de France et fait l’objet de nombreuses anecdotes, notamment son transport dans le chapeau du botaniste. Le platane, situé à proximité de l’amphithéâtre Verniquet, a reçu le label « Arbre Remarquable » en 2001. Ces arbres sont des témoins vivants de l’histoire botanique parisienne, du rayonnement scientifique du Jardin des Plantes et des savants tels que Buffon, Verniquet et Cuvier.
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40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Muséum d'histoire naturelle
Le squelette de Cartouche, exécuté en 1721, est exposé au Muséum
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Personnage(s) : Cartouche
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Jardin des Plantes
Le Jardin Royal des herbes médicinales, créé en 1626, devient Jardin des Plantes En 1626, Louis XIII, conseillé par son médecin Jean Héroard, décide de créer à l’est de Paris un Jardin Royal des herbes médicinales…

Le Jardin Royal des herbes médicinales, créé en 1626, devient Jardin des Plantes

En 1626, Louis XIII, conseillé par son médecin Jean Héroard, décide de créer à l’est de Paris un Jardin Royal des herbes médicinales, destiné d’abord à fournir des plantes aux apothicaires et à l’enseignement de la médecine. Confié au médecin‑botaniste Guy de La Brosse, ce jardin s’inscrit dans un double projet : renforcer le prestige scientifique de la monarchie et encadrer plus strictement la pratique pharmaceutique, en imposant des drogues « bien identifiées » et contrôlées.

Aménagé hors les murs, sur des terres encore en partie maraîchères, le jardin rassemble progressivement collections de simples, parterres d’acclimatation, serres et un petit cabinet de curiosités naturelles. On y expérimente, on y classe, on y enseigne, dans un esprit encore très marqué par la médecine galénique, mais déjà ouvert à une observation plus systématique des végétaux.

Le 21 février 1633, puis surtout avec les lettres patentes de 1635, l’institution change de dimension : le Jardin Royal des herbes médicinales devient véritablement le Jardin des Plantes, lieu d’étude de l’histoire naturelle au sens large. Le monopole des seuls usages médicinaux recule au profit d’un champ plus vaste où botanique, anatomie comparée et, plus tard, zoologie trouvent leur place.

Ce glissement, voulu par La Brosse et entériné par la monarchie, prépare ce que deviendra, au fil des siècles, le grand établissement scientifique du faubourg Saint‑Victor : un espace où se rencontrent médecine, botanique, exploration du monde et curiosité populaire, bien avant la création officielle du Muséum national d’Histoire naturelle à la Révolution.

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40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.
Butte Coypeau — Moulin Coupeau — Moulin à Vent
Emplacement : emplacement du labyrinthe
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40 rue Geoffroy Saint-Hilaire — 5e arr.

Toponymie — rue Geoffroy-Saint-Hilaire

rue Geoffroy-Saint-Hilaire
Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire (1772-1844), zoologiste ; voisinage du Jardin des Plantes.
Anciens noms : rue du Jardin du Roi · rue du Jardin des Plantes
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Aujourd'hui

Le Jardin des Plantes est toujours ouvert au public, rattaché au Muséum National d'Histoire Naturelle. On peut y voir la gloriette de Buffon au sommet du labyrinthe, le cèdre de Jussieu, le platane de Buffon, les grandes galeries d'anatomie comparée et d'évolution, la ménagerie — l'une des plus anciennes d'Europe —, ainsi que les serres tropicales où rêvait le Douanier Rousseau.

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