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24 août 1572
Événement

Dans la nuit de la Saint-Barthélemy, les hommes de Guise achèvent l’amiral de Coligny dans son lit

Hôtel de Ponthieu — Massacre de la St Barthélemy
emplacement, angle rues de Béthizy et de l'Arbre Sec
📍 144 rue de Rivoli anciennement : rue de Béthisy
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La mort de Coligny et le massacre de la Saint-Barthélemy, estampe de Frans Hogenberg, vers 1572, dans une version coloriée (BnF). À droite, « der Admiral » : l’amiral frappé dans son lit, puis jeté par la fenêtre. Frans Hogenberg — domaine public (BnF, via Wikimedia Commons)

Deux jours après avoir échappé à un coup d’arquebuse, l’amiral de Coligny est tué dans son lit. Son meurtre ouvre la nuit la plus sanglante de l’histoire de Paris.

L’été 1572 devait sceller la paix. Pour réconcilier catholiques et protestants, la reine mère Catherine de Médicis a voulu marier sa fille Marguerite de Valois au prince protestant Henri de Navarre, le futur Henri IV. Les noces sont célébrées le 18 août : tous les grands du royaume y sont conviés, et une foule de gentilshommes huguenots a escorté le prince jusqu’à Paris. La ville, farouchement catholique, travaillée par les prédicateurs, les voit d’un très mauvais œil. Les récoltes ont été mauvaises, les prix montent, et le luxe des fêtes attise la colère.

Parmi les protestants présents, le plus considérable est l’amiral Gaspard de Coligny. Il a cinquante-trois ans ; converti à la Réforme vers 1560, il a mené les troupes protestantes pendant les guerres de Religion, jusqu’à menacer Paris en 1570. Rentré à la cour l’année suivante, il a été bien accueilli par Charles IX, mais les catholiques de l’entourage royal le haïssent. Le 22 août, un coup d’arquebuse est tiré sur lui depuis une maison qui appartient à un fidèle des Guise, le chanoine de Villemur, ancien précepteur du duc. Coligny s’est penché pour renouer le lacet de sa chaussure : la balle ne l’atteint qu’au bras gauche et à la main. Le tireur est un certain Maurevert ; les historiens hésitent encore sur le commanditaire, les Guise en tête des suspects. Le roi Charles IX envoie son chirurgien, Ambroise Paré, puis vient lui-même, avec sa mère et son frère, au chevet du blessé, et lui promet justice.

Gravure : une vieille maison à pignon et tourelle d’angle, au-dessus d’une boutique à l’enseigne « À l’amiral Coligny »
« Restes de l’hôtel de l’amiral Coligny », d’après un dessin fait vers 1840 : la maison de la rue de Béthisy où logeait l’amiral portait alors l’enseigne « À l’amiral Coligny » — Gravure du XIXe siècle — Archives Paris révolutionnaire

Mais la décision est prise d’éliminer d’un coup tous les chefs protestants. Dans la nuit du 23 au 24 août, trois seigneurs sont chargés de l’amiral : le duc Henri de Guise, le duc d’Aumale et le grand prieur de France, demi-frère du roi. Leurs hommes forcent l’hôtel de Ponthieu, rue de Béthisy, où il loge. Coligny est achevé dans son lit, à coups de dague, par un capitaine venu de Bohême, Charles Danowitz, dit Besme. Son corps est jeté par la fenêtre ; dans la cour, on le mutile et on le décapite. La dépouille est portée jusqu’à la Seine, traînée dans les rues par des enfants, puis pendue au gibet de Montfaucon.

C’est alors, rapporte-t-on, que sonne le tocsin, à la cloche de Saint-Germain-l’Auxerrois, près du Louvre, bientôt reprise par les autres clochers. L’opération militaire contre les chefs tourne au massacre général : les Parisiens les plus exaltés, croyant défendre leur ville, pourchassent tous les protestants, sans distinction d’âge, de sexe ni de rang. On estime à trois mille le nombre des morts à Paris, à cinq ou dix mille dans tout le royaume, où la tuerie gagne une ville après l’autre, d’Orléans et Meaux le 25 août jusqu’à Bordeaux, Rouen et Toulouse en octobre. Le 26 septembre, Henri de Navarre abjure le protestantisme.

En juillet 1889, un monument à l’amiral, œuvre de Gustave Crauk, est inauguré rue de Rivoli, au chevet du temple protestant de l’Oratoire du Louvre, à trois cents mètres de l’ancien hôtel de Ponthieu. Et en 2022, pour le 450e anniversaire, la Ville a créé un jardin mémorial de la Saint-Barthélemy devant Saint-Germain-l’Auxerrois, là où tout a commencé.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.