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Couverture — Les Guerres de religion
Bibliographie

Les Guerres de religion

MIQUEL Pierre
Fayard, 1997.
31 Fiches citant cet ouvrage
1997 Édition

Fiches citant cet ouvrage

31 fiches
Événement
1523
8 août 1523 — Marché aux pourceaux
p 7
Il avait la langue coupée. Il ne pouvait plus réciter les prières que ses juges exigeaient de lui. On le brûla quand même. Le 8 août 1523, au Marché aux pourceaux, à l'angle de la rue de l'Échelle et de la rue Saint-Hono …

Il avait la langue coupée. Il ne pouvait plus réciter les prières que ses juges exigeaient de lui. On le brûla quand même.

Le 8 août 1523, au Marché aux pourceaux, à l'angle de la rue de l'Échelle et de la rue Saint-Honoré, dans le 1er arrondissement, un moine augustinien du nom d'Augustin Vallière fut brûlé vif. Avant l'exécution, on lui coupa la langue. C'était la procédure habituelle pour les hérétiques condamnés par le Parlement : priver le condamné de parole pour qu'il ne puisse ni haranguer la foule ni proférer des blasphèmes au moment de mourir.

Vallière avait été touché par les idées de Luther, diffusées en France depuis 1517. Franciscains et augustiniens avaient été parmi les premiers à débattre de la réforme de l'Église, et quelques religieux avaient franchi la ligne de la dissidence. Vallière était de ceux-là. Il est traditionnellement considéré comme le premier martyr de la Réforme en France : d'autres suspects avaient été poursuivis avant lui, mais lui fut le premier à périr sur le bûcher pour ses convictions protestantes.

Le règne de François Ier présentait alors une ambiguïté qui ne durerait pas : le roi était curieux des nouvelles idées, protégeait des humanistes, tolérait un certain évangélisme de cour. Mais la machine judiciaire du Parlement et de la Sorbonne ne tolérait pas la contestation dogmatique. Vallière fut brûlé trois ans avant que les placards luthériens n'inquiètent véritablement la monarchie.

Luther, apprenant sa mort, lui consacra un texte. Les historiens protestants en firent l'acte fondateur d'une longue série de martyres. La rue de l'Échelle, dont le nom rappelait l'instrument d'exécution, disparut au XIXe siècle lors des travaux haussmanniens.

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Événement
1507
1507 — Abbaye de St Germain des Prés (creuset de la Réforme avant Meaux)
p 46-48
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Événement
1533
novembre 1533 — Collège de Fortet/Demeure de Jean Calvin/Tour de Calvin
p 107-108
Arrestation manquée de Calvin, accusé de luthéranisme pour avoir inspiré un discours litigieux du recteur Cop
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Événement
1526
17 février 1526
p 111
Le 17 février 1526, la place Maubert devient l’un des premiers grands théâtres parisiens de la répression contre la Réforme. Ce jour‑là, plusieurs « luthériens » sont conduits au bûcher et brûlés vifs, faisant de ce carr …

Le 17 février 1526, la place Maubert devient l’un des premiers grands théâtres parisiens de la répression contre la Réforme. Ce jour‑là, plusieurs « luthériens » sont conduits au bûcher et brûlés vifs, faisant de ce carrefour universitaire un lieu de supplices aussi symbolique que terrible pour les débuts du protestantisme français.​

La place Maubert se situe alors au cœur du Quartier latin, à deux pas de l’Université et des collèges où circulent les écrits de Luther et d’Érasme. C’est un espace déjà marqué par la violence judiciaire : on y dresse la potence, voisine d’anciennes croix de carrefour comme la croix Hémon, qui sacralisent le lieu tout en rappelant sa fonction de « lieu patibulaire ». On y expose les corps, on y pend, on y brûle ; le supplice est pensé comme une leçon publique.

Les victimes de 1526 ne sont pas encore intégrées à une « Église réformée » structurée, mais aux yeux des autorités, leur crime est clair : avoir diffusé ou professé les nouvelles doctrines. Leur bûcher place Maubert prolonge celui de Jean Vallière en 1523 au marché aux Pourceaux et annonce la longue série d’exécutions qui jalonneront les années 1530.

En brûlant ces premiers martyrs au cœur du Paris savant, le pouvoir entend frapper les esprits et couper court à la contagion des idées évangéliques. Mais, comme souvent, le lieu du supplice devient aussi un lieu de mémoire : dans la topographie protestante, la place Maubert rejoint ainsi la croix du Trahoir, les Halles ou la place de Grève dans la géographie des martyrs parisiens.

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Événement
1546
3 août 1546
p 170
Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne …

Étienne Dolet avait trente-sept ans. Il était imprimeur, humaniste et traducteur. Il fut pendu, puis brûlé avec ses livres place Maubert. Son crime : avoir traduit Platon d'une manière qui laissait entendre que l'âme ne survivait pas au corps.

Étienne Dolet était arrivé à Paris depuis Orléans et Lyon, après des études à Padoue et Toulouse. Imprimeur installé à Lyon, il avait publié des textes humanistes, des traductions de l'Antiquité, des éditions du Nouveau Testament. Il était lié à Rabelais, à Marot, aux cercles évangéliques qui circulaient, avec précaution, dans la France de François Ier.

Il avait déjà été arrêté et condamné à mort une première fois en 1542, puis gracié. Il récidiva : la Sorbonne et l'Inquisition lui reprochaient ses traductions de Platon, notamment le dialogue Axiochus, dans lequel il avait glissé des mots impliquant que la mort signifiait la fin complète de l'être, sans résurrection ni vie de l'âme. C'était suffisant.

Le 3 août 1546, Étienne Dolet fut conduit à la Croix Hémon, lieu d'exécution situé sur ce qui est aujourd'hui la place Maubert, dans le 5e arrondissement. Il fut pendu, puis son corps et ses livres furent brûlés.

Il avait trente-sept ans.

Trois siècles et demi plus tard, en 1889, les libres-penseurs et les socialistes érigèrent une statue en son honneur sur la place Maubert, par souscription publique. Elle représentait Dolet enchaîné, les yeux levés. En 1896, vingt mille personnes se rassemblèrent devant cette statue pour le commémorer. La place Maubert avait changé de camp.

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Événement
1557
4 septembre 1557
p 174-175
Arrestation de huguenots assemblés clandestinement, dénoncés par les étudiants du collège du Plessis ; épisode désigné sous le nom "d'affaire de la rue St Jacques"
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Événement
Événement
1559
27 février 1559 — Parvis de Notre-Dame
p 187
Les restes d'un martyr huguenot sont exhumés, insultés et brûlés par la foule . Le 27 février 1559, le parvis de Notre‑Dame est le théâtre d’une scène de haine religieuse qui va marquer la mémoire protestante. Quelques j …

Les restes d'un martyr huguenot sont exhumés, insultés et brûlés par la foule .

Le 27 février 1559, le parvis de Notre‑Dame est le théâtre d’une scène de haine religieuse qui va marquer la mémoire protestante. Quelques jours plus tôt, Jean Morel, jeune Parisien acquis aux idées de la Réforme, a été condamné pour hérésie par le Parlement de Paris, après avoir participé aux assemblées clandestines où l’on écoute la prédication réformée et où l’on chante les psaumes en français. Il meurt en détention, mais les autorités ne s’arrêtent pas là : il ne suffit pas de supprimer le vivant, il faut aussi contrôler le sort de son corps.

Le 27 février, son cadavre est exhumé, amené sur le parvis de Notre‑Dame et exposé devant la foule. On l’insulte, on le tourne en dérision, on cherche à ridiculiser aux yeux de tous ce « saint » que les réformés commencent déjà à considérer comme un témoin de la vraie foi. Puis le corps est livré aux flammes : un bûcher posthume, destiné à effacer tout prestige de martyre et à adresser un avertissement aux huguenots parisiens. Exhumer, insulter, brûler : chaque geste est pensé comme une contre‑liturgie, une manière de reprendre la main sur une mémoire qui risque d’échapper aux autorités.

Pourtant, l’effet sera inverse dans les milieux réformés. L’histoire de Jean Morel circule bientôt dans les listes de martyrs, les chroniques huguenotes, les récits de persécution. Son nom vient s’ajouter à ceux des premiers exécutés pour cause de foi, au moment où se structurent les Églises réformées de Paris et de France. Sur le parvis de Notre‑Dame, ce 27 février 1559, ce n’est pas seulement un corps que l’on profane : c’est, malgré eux, un martyr que les juges et la foule contribuent à installer dans la mémoire protestante.

[L’épisode est décrit par les historiens de l’Église réformée de Paris à partir des sources judiciaires et du Martyrologe de Crespin, qui rapportent l’exhumation et la crémation publique du corps de Jean Morel sur le parvis de Notre‑Dame le 27 février 1559.]

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Événement
1558
février 1558 — Église St Eustache
p 187
Lynchage par la foule d'un étudiant qui riait pendant le prêche d'un moine cordelier
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Événement
1569
30 juin 1569 — Maison des Cinq croix blanches/Demeure de Philippe de Gastine
p 280
Exécution de Philippe de Gastines pour célébration du culte réformé ; destruction de la maison et construction à sa place d'une pyramide surmontée d'une croix
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Événement
1572
30 juin 1572 — Hôtel de Ponthieu/Demeure de Gaspard de Coligny
p 282
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Événement
1572
24 août 1572 — Hôtel de Ponthieu/Massacre de la St Barthélemy
p 284
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Événement
1572
Événement
1585
1585 — Maison professe des Jésuites/Hôtel des Jésuites de Saint Paul
p 340
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Événement
1588
12 mai 1588 — Carrefour St Séverin/Journée des Barricades
p 347-348
Départ de la Journée des Barricades, qui verra la victoire d'Henri de Guise et la fuite du roi ; 1 200 "barricades" dans Paris ; le vocable est inventé ce jour-là
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Événement
1588
12 mai 1588
p 347-348
Repère de la Ligue où se déroulent de violents combats lors de la Journée des Barricades ; peut-être la première apparition de cette "spécialité" très parisienne
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Événement
1588
13 mai 1588 — Hôtel du Boccador/Hôtel de Ville
p 348
Les ligueurs s'emparent de l'Hôtel de Ville après la fuite d'Henri III lors de la "Journée des Barricades"
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Événement
1589
2 janvier 1589 — Ancienne église St Paul des Champs (détruite en 1798)/Mausolée des mignons d'Henri III
p 351-352
Le mausolée des trois mignons d'Henri III est détruit par le peuple à l'occasion d'une émeute de la Ligue
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Événement
Événement
Événement
1591
15 novembre 1591
p 380
Arrestation et pendaison par le Conseil des Seize de trois membres du Parlement accusés de trahir la Ligue
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Événement
1593
1593
p 385
Porte de la Conférence de l'enceinte de Louis XIII, ainsi nommée en souvenir de la première négociation entre Henri IV et la Ligue ; plan sur le mur de la terrasse du Bord de l'Eau
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