Imprimerie du Père Duchesne en 1793

Imprimerie de Jacques-René Hébert

Le Père Duchêne, BnF

Au cœur du quartier Bonne-Nouvelle, la rue de Damiette borde ce qui fut l'une des dernières Cours des Miracles de Paris — un dédale de ruelles et de masures insalubres rasé par la police en 1667, dont il ne reste en 1793 que le souvenir et la topographie tourmentée. C'est dans cet espace résiduel, rebaptisé « cour des Miracles » sur l'impressum du journal, qu'Hébert installe l'imprimerie du Père Duchesne entre les mois de décembre 1792 et d'octobre 1793. L'adresse officielle : « rue Neuve-de-l'Égalité, cour des Miracles ».

Le choix n'est pas anodin. Ce quartier populaire, dense, difficile à surveiller, est le terrain naturel d'un journal qui se veut la voix des sans-culottes. C'est ici que s'impriment, tout au long de l'année 1793, les grandes colères et les grandes joies du Père Duchesne — les numéros 171 à 312, soit près de la moitié de la série. Les crieurs les écoulent ensuite dans les sections, les cafés et les marchés, jusqu'à des tirages qui atteignent parfois 70 000 exemplaires.