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Couverture — Dictionnaire des lieux à Montmartre
Bibliographie

Dictionnaire des lieux à Montmartre

ROUSSARD André
Éditions André Roussard, 2001.
Livre
452 Fiches citant cet ouvrage
2001 Édition

Fiches citant cet ouvrage

452 fiches
Événement
1892
27 mars 1892 — Domicile du substitut Bulot
p 16
Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Cl …

Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Clichy en 1891. Bulot est absent. Les dégâts sont matériels. L'auteur est un certain François Claudius Koenigstein, dit Ravachol.

C'est le deuxième attentat en moins d'une semaine — le 11 mars, une bombe avait déjà visé le domicile du président du tribunal qui avait jugé la même affaire. Ravachol revendique une logique de représailles : la justice bourgeoise frappe les anarchistes, les anarchistes frappent les juges. La propagande par le fait dans toute sa rigueur.

Ravachol est arrêté quelques jours plus tard, trahi par un garçon de restaurant qui l'avait reconnu. Au moment de son arrestation, il chantait. Son procès devient une tribune. Condamné à mort pour ces attentats et pour plusieurs meurtres commis avant de venir à Paris, il monte à l'échafaud en juillet 1892 en criant ses convictions. Le mouvement anarchiste en fait aussitôt un martyr — on "ravacholise" pour désigner l'acte révolutionnaire par excellence.

L'affaire Ravachol marque le début d'une vague d'attentats anarchistes qui secoue Paris jusqu'en 1894 — Vaillant à la Chambre, Émile Henry au café Terminus, puis l'assassinat du président Carnot à Lyon. La IIIe République répond par les lois scélérates, qui restreignent la liberté de la presse.

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Événement
1913
Événement
1911
1911 — Demeure et atelier de Raoul Dufy
p 21
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Événement
1917
1917 — Demeure et atelier de Gen Paul
p 22 & 176
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Événement
Événement
1792
1792 — Abbaye de Montmartre/Abbaye d'en bas/Caserne des Conscrits de l'an I
p 30
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Événement
1133
1133 — Culs de basse-fosse des abbesses de Montmartre
p 30
Les Bénédictines de Montmartre avaient le droit de basse, moyenne et haute justice
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Événement
1792
1792 — Comité d'aliénation des biens nationaux
p 30-31
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Événement
Événement
1890
Événement
Événement
Date imprécise — Académie Julian/Académie de peinture
p 32
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Événement
Événement
Date imprécise — Boutique-atelier Anzoli (encadrement de tableaux)
p 35
Encadreur de nombreux peintres qui exposa les premiers tableaux de Maurice Utrillo
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Événement
1973
1973 — Cirque Médrano (ancien cirque Fernando)
p 36
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Événement
1904
1904 — Cabaret des Arts/Logiz de la Lune Rousse
p 37
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Événement
1884
11 juin 1884 — Siège de la Société des Artistes Indépendants
p 37
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Événement
1990
22 mars 1990 — Maquis de Montmartre/Boulodrome du passage Dépaquit
p 41
Boulodrome de l'avenue Junot, défendu de haute lutte contre les promoteurs ; vestige du Maquis de Montmartre sauvé par les boulistes montmartrois du CLAP
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Événement
1990
22 mars 1990 — Maquis de Montmartre/Boulodrome du passage Dépaquit
p 41
Boulodrome de l'avenue Junot, défendu de haute lutte contre les promoteurs ; vestige du Maquis de Montmartre sauvé par les boulistes montmartrois du CLAP
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Événement
1921
17 novembre 1921 — Demeure de Jules Dépaquit/Commune Libre de Montmartre
p 42-44
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Événement
1921
17 novembre 1921 — Commune Libre de Montmartre (second siège)
p 42-44
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Événement
1926
1926 — Commune Libre de Montmartre (troisième siège)
p 42-44
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Événement
Date imprécise — Épicerie de la Mère Birnbaum (aujourd'hui restaurant l'Assommoir)
p 50-51
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Événement
Date imprécise — Café-restaurant "Chez Azon"/Café "Aux Enfants de la Butte"
p 52 & 224
Quartier général des "Fauves" ; Maurice de Vlaminck y rencontre Kees van Dongen
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Événement
1883
septembre 1883 — Cabaret La Taverne du Bagne (le premier, qui dût déménager après quelques mois)
p 53 & 201
Ouverture par le Citoyen Lisbonne de la Taverne du Bagne, avec un bail précaire de 6 mois
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Événement
Événement
1912
1912 — Hôtel-restaurant "La Belle Gabrielle" (peint par Utrillo)
p 58
Maurice Utrillo prend pension chez Marie Vizier ; il la paye en tableaux
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Événement
Événement
1880
1880 — Bouillon Duval
p 61-62
Les Bouillons Duval constituent une chaîne de restaurants populaires parisiens créée par Adolphe-Baptiste Duval en 1854, puis développée par son fils Alexandre Duval. Le concept consistait à servir des repas à prix modér …

Les Bouillons Duval constituent une chaîne de restaurants populaires parisiens créée par Adolphe-Baptiste Duval en 1854, puis développée par son fils Alexandre Duval. Le concept consistait à servir des repas à prix modérés aux ouvriers et à la classe populaire, avec un plat unique pour moins de deux francs.

Alexandre Duval hérita de l'entreprise familiale et l'étendit considérablement. Reconnaissable à son chapeau "cronstadt" (demi haut-de-forme), il fut surnommé ironiquement "Godefroi des Bouillons". L'entreprise se distingua par son intégration verticale, possédant ses propres boucheries, abattoirs, boulangerie et caves à vin.

Durant le siège de Paris en 1870, Alexandre Duval obtint du général Trochu l'autorisation de maintenir ses établissements ouverts pour servir des repas à prix modérés, contribuant au moral de la population. Cette action lui valut la médaille de la Légion d'honneur en 1900.

En 1900, la chaîne comptait 32 restaurants et 2 200 employés, majoritairement des femmes en uniformes rappelant les habits de religieuses. Les Bouillons Duval marquèrent la culture parisienne, inspirant des œuvres d'Auguste Renoir et d'Aristide Bruant. L'établissement de la rue Montesquieu accueillit en 1884 la première réunion des fondateurs de la Société des artistes indépendants.

Sources

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Événement
Date imprécise — Café Wepler/Succursale de la Kommandantur
p 61
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Événement
Date imprécise — Café-restaurant "Aux Billards en Bois"/Restaurant "À la Bonne Franquette"
p 62 & 66
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Événement
Événement
Date imprécise — Blanchisserie de Mme Rouzaire
p 64
Local où les cubistes entreposaient les statues d'art nègre dont ils s'inspiraient
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Événement
1850
Événement
1840
1840 — Palais Botherel/Demeure de Théophile Gautier
p 67
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Événement
1826
14 mai 1826 — Folie Bouëxière ou Bouxière/Troisième Tivoli
p 68
La Folie Bouxière est transformée en troisième Tivoli ; un des premiers parcs d'attractions, qui propose entre autres des ascensions aéronautiques et un tir au pigeon ; il est fréquenté par Charles Fourier
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Événement
Date imprécise
p 69 & 145
Origine du vers "Boulangère de la rue Garreau, Vos tétins sont des bigarreaux"
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Événement
Événement
Date imprécise — Café Bouscarat/Hôtel du Tertre
p 72-73
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Événement
Date imprécise — Café Bouscarat/Hôtel du Tertre
p 72-73
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Événement
1912
1912 — Hôtel du Tertre/Hôtel de la Marine/Siège de l'Union Maritime de la Butte Montmartre
p 73 & 190
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Événement
Événement
Événement
Événement
Événement
Événement
1893
1893 — Cabaret de la Butte/Cabaret des Quat'z'Arts/Restaurant "Le Tambourin"
p 76
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Événement
1886
1886 — Cabaret Ma Campagne/Cabaret des Assassins (anciennement)
p 84
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Événement
1839
1839 — Cabaret "Le Carillon" (ancien Hôtel de Lesdiguières)
p 85
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Événement
Date imprécise — Casino de Montmartre (fondé par Trombert en 1899)
p 87-88
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Événement
1765
1765 — Folie Richelieu/Second Tivoli/Salon de Fortunée Hamelin
p 88
Lieu de débauche sous le règne de Louis XV ; transformé en Tivoli en 1811, puis propriété de Fortunée Hamelin qui y tient un salon en 1821
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Événement
Date imprécise — Café-hôtel Le Casse-croûte/Demeure de Maurice Utrillo
p 89-90
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Événement
1885
1885 — Demeure de Georges Moinaux dit Courteline
p 91
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Événement
1892
Événement
1828
1828 — Château des Brouillards (de 1772)/Maquis de Montmartre
p 93
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Événement
1889
1889 — Demeure d'Auguste Renoir/Maison d'enfance de Jean Renoir/Maquis de Montmartre
p 93-94
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Événement
1890
1890 — Demeure d'Auguste Renoir/Maison d'enfance de Jean Renoir/Maquis de Montmartre
p 93-94
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Événement
Date imprécise — Auberge du Château de la Canne/Cabaret "Au rendez-vous des Artistes"
p 94
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jean Cocteau
p 94
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Événement
Date imprécise — Château des Brouillards d'Hiver/Club Républicain de Montmartre
p 94
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Événement
1847
9 juillet 1847 — Le Château Rouge/Nouveau Tivoli
p 95-96
Lieu du premier banquet réformiste contre la Monarchie de juillet ; 1 200 participants dont 86 députés ; Thiers décline l'invitation
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Événement
1881
Événement
1885
1885 — Hôtel Stevens/Second cabaret du Chat Noir
p 96-98
Transfert du cabaret du Chat Noir depuis le boulevard Rochechouart ; création d'un Théâtre d'ombres et édition d'une revue qui tirera à 17 000 exemplaires
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Événement
1915
1915 — Cabaret de La Chaumière/Théâtre de Dix Heures
p 99
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Événement
1910
1910 — École des chauffeurs de taxis de la ville de Paris
p 99
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Événement
1900
1900 — Caveau du Chat Noir (faux cabaret du Chat Noir)
p 99
Quiproquo lié à l'usurpation du nom du Chat Noir par Jean Chagot
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Événement
Date imprécise — Chambre syndicale des Chauffeurs de taxis
p 99
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Événement
Date imprécise — Première école publique de Montmartre
p 100
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Événement
1887
23 septembre 1887 — Bal de la Boule Noire (fermé en 1880)/Caf'conc' La Cigale (à partir de 1887)
p 101-103
Caf'conc' célèbre dans l'entre deux guerres ; Mistinguett y fit ses débuts
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Événement
1833
1833 — Calvaire de Montmartre
p 104
Construction du calvaire de Montmartre derrière l'église St Pierre, aboutissement à l'époque d'un chemin de croix en plein air ; un des tout derniers calvaires à Paris
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Événement
1871
mai 1871 — Cimetière Marcadet (de 1804 à 1849, puis de 1870 à 1878)
p 104
Inhumation de nombreux combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante selon un témoin. Ce cimetière avait été rouvert pendant le siège de 1870 et a disparu depuis, remplacés par des écoles
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Événement
Événement
1845
1845 — Cimetière Montmartre (31ème division)/Tombe de Godefroy Cavaignac
p 105
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Événement
1930
1930 — Montmartre aux Artistes/Cité d'artistes (la plus importante d'Europe)
p 106
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Événement
1906
1906 — Cité des Fusains/Atelier d'André Derain/Cité d'artistes
p 107
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Événement
1913
1913 — Cité des Fusains/Atelier de Pierre Bonnard/Cité d'artistes
p 107
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Événement
1925
1925 — Atelier de Fernand Léger/Académie de peinture
p 107
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Événement
1971
1971 — Cité internationale des Arts/Cité d'artistes
p 107
Cité internationale des Arts ; annexe de celle de l'Hôtel de Ville
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Événement
1950
1950 — Café Le Clairon des Chasseurs à pied
p 108-109
Le café Le Clairon des Chasseurs, situé au 2 bis rue Norvins à Montmartre (18e arrondissement), fut un lieu de rendez-vous régulier de l’écrivain Marcel Aymé (1902-1967). Habitant le quartier, il y venait jouer aux carte …

Le café Le Clairon des Chasseurs, situé au 2 bis rue Norvins à Montmartre (18e arrondissement), fut un lieu de rendez-vous régulier de l’écrivain Marcel Aymé (1902-1967). Habitant le quartier, il y venait jouer aux cartes, fréquente activité de ses journées, qui témoigne de son enracinement dans la vie montmartroise. La proximité de la place qui porte aujourd’hui son nom, où l’on trouve la statue du « Passe-Muraille » sculptée par Jean Marais en 1989, rappelle cet attachement entre l’auteur et le quartier. La rue Norvins, reliant la place du Tertre et la rue des Saules, a longtemps concentré cafés et restaurants fréquentés par artistes, écrivains et habitants. Ce cadre animé permet de situer Marcel Aymé dans une sociabilité locale, entre littérature et vie quotidienne, loin des seuls cercles littéraires parisiens.![[Café Le Clairon des Chasseurs à pied, Photo: Tripadvisor|Au Clairon du Chasseur Tripadvisor.jpg]]

Café Le Clairon des Chasseurs à pied

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Événement
1903
1903 — Café Le Zut
p 109 & 198
Café de Frédéric Gérard, repaire d'anarchistes fermé par la police ; "Frédé" reprend alors le Lapin Agile
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Événement
1870
Événement
1902
1902 — Café Le Zut (tenu par Frédéric Gérard)
p 109
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Événement
Date imprécise — Auberge du Clou/Lieu de rencontre de nombreux artistes
p 110-111
Lieu de rencontre de Debussy et Louÿs, Stéphane Mallarmé et Verlaine
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Événement
1881
1881 — Auberge du Clou/Quartier général des opposants au Chat Noir
p 110
Restaurant où se retrouvaient les opposants au Chat Noir de Salis
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Événement
Date imprécise — Café-restaurant "Le Consulat d'Auvergne" (aujourd'hui "Ambassade de Savoie")
p 113-114
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Événement
1898
1898 — Cabaret le Casino des Contributions directes
p 114
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Événement
1882
1882 — Premier atelier de Fernand Cormon/Académie de peinture
p 115
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Événement
1873
1873 — Boutique du marchand de couleurs Édouard (chez qui le Père Tanguy était broyeur)
p 117
Julien François Tanguy, dit le père Tanguy, d'abord plâtrier, devient broyeur de couleurs chez Édouard
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Événement
Date imprécise — Cour aux Juifs/Cour remarquable
p 118
Cour pittoresque avec deux escaliers à double volée ; décor de nombreux films
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Événement
Événement
1925
1925 — Café Le Cyrano/Quartier général des Surréalistes
p 122
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Événement
50
Événement
Date imprécise — Cours de dessin appliqué à la mode
p 126
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Événement
1876
1876 — Hôtel Demarne
p 126
Propriété où Renoir a peint "La Balançoire" et "Danse à la campagne"
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Événement
Date imprécise — Restaurant Dinocheau
p 127
Restaurant fréquenté par de nombreux artistes ; ruiné par le siège de Paris
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Événement
1883
1883 — Cabaret Le Divan Japonais (fondé par Sarrazin et dirigé par Fournier)
p 128-129
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Événement
1894
1 mars 1894 — Concert Lisbonne (ancien Divan Japonais)
p 128-129
Au printemps 1894, le vieux Divan Japonais de la rue des Martyrs a changé de mains et de nom : sous la direction de l’ancien communard Maxime Lisbonne, il devient le Concert Lisbonne. L’homme, déjà connu pour ses cabaret …

Au printemps 1894, le vieux Divan Japonais de la rue des Martyrs a changé de mains et de nom : sous la direction de l’ancien communard Maxime Lisbonne, il devient le Concert Lisbonne. L’homme, déjà connu pour ses cabarets tapageurs et ses provocations anticléricales, cherche un « coup » pour relancer la salle. Il le trouve avec une pantomime annoncée comme légère, mais promise à un bel avenir scandaleux : Le Coucher d’Yvette.

Sur scène, la comédienne Blanche Cavelli incarne une demi‑mondaine qui se prépare pour la nuit : entrée en peignoir, gestes de toilette, puis, peu à peu, vêtements défaits, tissus qui glissent… À la fin, l’actrice apparaît « nue » – en réalité en maillot rose très ajusté et légèrement transparent, mais suffisamment suggestif pour que le public ait l’impression de voir un corps féminin dénudé, dans un café‑concert populaire, sans prétexte « artistique » élevé. La presse parisienne se déchaîne : on parle d’« indécence », de « déshabillage complet », certains critiquent le mélange de gauloiserie et de réalisme, d’autres viennent justement pour ça.

Cet épisode est souvent présenté comme l’un des tout premiers strip‑teases de Paris, voire comme « le premier strip‑tease de l’histoire » dans le langage de la chronique montmartroise. Le terme est anachronique, mais il traduit bien le caractère inédit de la scène : pour la première fois, un café‑concert organise un véritable numéro de déshabillage comme attraction centrale, avec une mise en scène érotique assumée et non plus seulement des décolletés ou des travestissements.

Malgré le bruit fait autour du Coucher d’Yvette, le Concert Lisbonne ne prospère pas longtemps. Dès 1895, l’établissement est repris et retrouve pour quelques années le nom de Divan Japonais. Mais le numéro de Blanche Cavelli reste dans la mémoire de Montmartre comme un moment de bascule : celui où le café‑concert flirte ouvertement avec le nu, préfigurant toute une tradition de spectacles de déshabillage qui ira plus tard des Folies Bergère aux cabarets de Pigalle.

Aujourd’hui, dans un clin d’œil à son passé, les mêmes locaux de la rue des Martyrs accueillent les spectacles de travestis du cabaret Madame Arthur.

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Événement
1822
Événement
Événement
1884
1884 — Concert des Incohérents/Concert des Décadents/Concert Duclerc/Concert du Pendu
p 131 & 191
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Événement
1912
1912 — Librairie anarchiste de Ducret
p 131
Librairie tenue par l'anarchiste Ducret ; soupçonné d'avoir livré Garnier, de la bande à Bonnot
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Événement
1912
1912 — Librairie anarchiste de Ducret
p 131
Librairie tenue par l'anarchiste Ducret ; soupçonné d'avoir livré Garnier, de la bande à Bonnot
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Événement
1856
1856 — Magasin Dufayel/Palais de la Nouveauté/Palais du travailleur
p 131-132
Premier magasin à stratégie commerciale moderne, adoptant un système novateur d'abonnement et de vente à crédit
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Événement
1876
1876 — Débit de boisson du père Colombe (dans l'Assommoir)
p 132
Lieu où Zola situe le café du père Colombe dans l'Assommoir
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Événement
Événement
1814
30 mars 1814 — Cabaret du Père Lathuille/Barrière de Clichy
p 134 & 199
QG du général Moncey lors des combats contre les cosaques de Langeron
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Événement
1904
23 octobre 1904 — Église St Jean l'Évangéliste/Église St Jean de Montmartre
p 137-138
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Événement
Événement
600
600 — Église St Pierre de Montmartre/Nécropole mérovingienne
p 139-140
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Événement
1871
1871 — Bal de l'Élysée Montmartre/Ambulance pendant la Commune
p 142
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Événement
1879
29 avril 1879 — Salle de l'Élysée Montmartre
p 143
Fête, à l'occasion de la 100ème, du succès de la pièce "l'Assommoir", rassemblant le "Tout Paris", déguisé en blanchisseuses et mauvais garçons ; mais on ne remarqua dans l'assistance, aucune vraie blanchisseuse...
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Événement
1886
1886 — Bal de l'Élysée Montmartre
p 143
Le "Royaume du quadrille naturaliste" ; Toulouse-Lautrec, habitué du lieu, y dessine "Le Quadrille de la chaise Louis XIII"
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Événement
Date imprécise — Bar Émile
p 144-145
Provocations de Modigliani et Raoul Dufy vis à vis des Cubistes qui fréquentaient ce café
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Événement
1990
20 novembre 1990 — L'Hôpital éphémère/Cité d'artistes
p 145-146
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Événement
1898
1898 — Cabaret Le Ciel (à gauche)/Cabaret L'Enfer (à droite)
p 145
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Événement
1947
1947 — Épicerie Chez Juliette (arrière-boutique dans la cour)
p 146
Modèle de Marcel Aymé pour son roman "La traversée de Paris"
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Événement
Date imprécise — Salle de l'Européen (fondée en 1872)
p 148-149
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Événement
1879
1879 — Cirque Fernando (construit en 1874, futur cirque Médrano)
p 152
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Événement
1805
1805 — Folie Sandrin (de 1774)
p 154-156
Maison de santé psychiatrique où Gérard de Nerval fut interné en mars 1841
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Événement
1814
30 mars 1814 — Folie Sandrin (de 1774)
p 155
QG du général de Langeron, au service des russes, pendant le siège de la capitale par les coalisés
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Événement
Événement
Événement
Date imprécise
p 158
Fontaine où, selon la légende, St Denis était venu laver sa tête ; on prétendait qu'elle guérissait les fièvres et assurait la fidélité des jeunes femmes
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Événement
Date imprécise — Fontaine du But/Fontaine du Buc/Fontaine du Bue
p 158 & 217
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Événement
1930
1930 — La Fourmi (salle construite sur les dépendances de la Cigale)
p 160
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Événement
1942
1942 — Socle de la statue de Charles Fourier (de 1899)
p 160-161
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Événement
Date imprécise — Théâtre des Délassements Comiques (Délass-Com)/Boulevard du Crime
p 161
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Événement
1888
Événement
1901
1901 — Funiculaire de Montmartre (remplacé en 1935 et en 1991)
p 162-163
Mise en service du Funiculaire de Montmartre, sur un dénivelé de 113 m ; la rue Foyatier compte 220 marches
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Événement
1925
1925 — Cité des Fusains/Atelier de Max Ernst/Cité d'artistes
p 163-164
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Événement
1922
1922 — Cité des Fusains/Atelier de Jean Arp et Sophie Taeuber/Cité d'artistes
p 163-164
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Événement
1927
1927 — Cité des Fusains/Atelier de Joan Miró/Cité d'artistes
p 163-164
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Événement
1900
1900 — Cité des Fusains/Cité d'artistes
p 163-164
Cité d'artistes typique, construite en partie en 1900, avec des matériaux de l'Exposition universelle de 1889 ; maisons à colombages ; un seconde tranche fut bâtie en 1923
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Événement
1929
1929 — Cité des Fusains/Demeure et atelier de Georges Joubin/Cité d'artistes
p 163-164
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Événement
Date imprécise — Atelier supposé de Renoir et Lautrec (hangar d'une blanchisserie)
p 163-164
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Événement
1876
1876 — La Gaîté Rochechouart (de 1865)
p 165-166
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Événement
1901
1901 — Galerie de peinture du Père Soulier
p 170
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Événement
1840
1840 — Galerie de peinture du Père Thomas
p 170-171
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Événement
1889
Événement
1876
avril 1876 — Galerie Durand-Ruel/Deuxième Salon Impressionniste
p 171-172
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Événement
1909
Événement
1840
1840 — Papeterie de Jean-Marie Durand-Ruel (père)
p 171
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Événement
Date imprécise — Papeterie de Jean-Marie Durand-Ruel (père)
p 171
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Événement
Date imprécise — Galerie Hector-Henri Brame
p 171
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Événement
1920
1920 — Troisième galerie Berthe Weill (ancienne galerie Clovis Sagot)
p 171-172
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Événement
1901
Événement
1862
1862 — Première galerie de peinture de Paul Durand-Ruel (fils de Jean-Marie)
p 171
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Événement
Événement
1895
décembre 1895 — Seconde galerie Ambroise Vollard/Exposition Paul Cézanne
p 171
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Événement
1901
25 juin 1901 — Galerie Vollard (de 1896 à 1924)
p 171
Il a dix-neuf ans, il peint trois toiles par jour et dort à peine : le jeune Espagnol débarque rue Laffitte avec soixante-quatre tableaux sous le bras. Pablo Picasso est arrivé à Paris pour la deuxième fois au printemps …

Il a dix-neuf ans, il peint trois toiles par jour et dort à peine : le jeune Espagnol débarque rue Laffitte avec soixante-quatre tableaux sous le bras.

Pablo Picasso est arrivé à Paris pour la deuxième fois au printemps 1901. Il a quitté Barcelone, ses cafés, sa bohème catalane, et s'est installé dans un atelier au 130 ter boulevard de Clichy, à Montmartre. Il travaille comme un forcené — natures mortes, scènes de rue, femmes de café, danseuses, courses de taureaux. Il a dix-neuf ans et la certitude que Paris est l'endroit où tout se joue.

C'est Pedro Mañach, un marchand catalan installé à Paris — qui lui verse cent cinquante francs par mois —, qui organise la rencontre décisive. Il convainc Ambroise Vollard, le galeriste le plus audacieux de la rive droite, d'exposer les toiles du jeune homme. Vollard a du flair : c'est lui qui a révélé Cézanne en 1895, montré Van Gogh, exposé Renoir, Degas, Bonnard. Sa galerie du 6 rue Laffitte — un rez-de-chaussée étroit dans cette rue qui est alors le cœur du marché de l'art parisien — est un passage obligé pour quiconque veut compter.

Le 25 juin 1901, l'exposition ouvre. Picasso partage l'affiche avec le peintre basque Francisco Iturrino. Soixante-quatre toiles accrochées aux murs — certaines peintes dans les semaines précédentes, la peinture à peine sèche. Quinze sont déjà vendues avant le vernissage. Le critique Gustave Coquiot a annoncé l'événement dans Le Journal dès le 17 juin, et la presse réagit favorablement : on salue la virtuosité, la fougue, les influences encore visibles — Toulouse-Lautrec, Degas, Van Gogh — mais aussi quelque chose d'insolent, de sauvage, qui n'appartient qu'à lui.

L'exposition dure jusqu'au 14 juillet. Vollard, lui, ne considère pas que c'est un triomphe — il n'achètera plus à Picasso avant 1906. Mais le jeune Espagnol a été vu par ceux qui comptent. Matisse, Vlaminck, Derain passent rue Laffitte. Et puis il y a la cave.

La cave de Vollard est déjà légendaire. Depuis 1900, le galeriste y organise des dîners qui réunissent le Tout-Paris de l'avant-garde — Apollinaire, Alfred Jarry, Odilon Redon, Forain, Bonnard. Un caveau tout blanc, aux murs carrelés, qui ressemble à un petit réfectoire monastique, racontera Apollinaire dans Le Flâneur des deux rives. La cuisine est simple, relevée d'épices créoles — Vollard est originaire de la Réunion. On y mange, on y boit, on y refait l'art. L'exposition Picasso est l'occasion de quelques-uns de ces repas souterrains où un peintre de dix-neuf ans croise des maîtres qui ont trente ans de plus que lui.

Au 6 rue Laffitte, il ne reste rien de la galerie Vollard — les marchands d'art ont depuis longtemps migré vers d'autres quartiers. Mais c'est ici, au-dessus d'un caveau où Apollinaire faisait des calembours et où Jarry buvait trop, qu'a commencé la carrière parisienne du peintre le plus célèbre du XXe siècle.

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Événement
1914
21 avril 1914 — Galerie de peinture Berthe Weill
p 171
Première exposition individuelle de Diego Rivera ; il présente 17 toiles
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Événement
1893
1893 — Première galerie Ambroise Vollard
p 171
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Événement
Événement
1876
avril 1876 — Passage Laffitte (ex passage d'Artois)/Galerie Paul Durand-Ruel
p 171-172
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Événement
1882
mars 1882 — Galerie Durand-Ruel (annexe)/Septième Salon Impressionniste
p 171-172
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Événement
1917
3 décembre 1917 — Seconde galerie Berthe Weill
p 171
Zborowski organise la première exposition personnelle de Modigliani ; scandale provoqué par la présence de femmes nues en vitrine
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Événement
Événement
1877
1877 — Galerie Legrand/Rédaction de la revue "L'impressionnisme, journal d'art"
p 172
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Événement
1904
1904 — Galerie Clovis Sagot
p 172
Les Stein achètent leur premier Picasso ("Fillette au panier de fleurs")
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Événement
1918
1918 — Demeure de Pablo Ruiz Picasso (son atelier est à l'étage au-dessus)
p 172
Picasso déménage pour se rapprocher de Rosenberg, son marchand de tableaux
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Événement
Date imprécise — Bar Le Gavroche (bar de Jo Attia)
p 175
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Événement
1896
1896 — Atelier de Georges Rochegrosse
p 178 & 327
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Événement
1878
1878 — Cabaret La Grande Pinte/Cabaret L'Âne Rouge
p 178
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Événement
1923
23 novembre 1923 — Cabaret Le Grenier de Gringoire
p 180
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Événement
Événement
Date imprécise — Cabaret Guillaume Tell/Brasserie Suisse
p 182
Bourse commerciale des ramasseurs de cataplasmes, pour le recyclage de l'huile ; bonjour l'hygiène...
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Événement
1911
1911 — Cinéma Gaumont Palace (plus grand cinéma au monde à l'époque)
p 184
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Événement
Date imprécise — Boutique du marchand de couleurs Hennequin
p 184
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Événement
1900
1900 — Café du Grand Hôtel des Deux Hémisphères
p 186
Café accueillant de nombreux artistes, son décor se distingue par un ensemble d’affiches venues du monde entier. L’hôtel, tout comme son café, était encore actif à la fin de la Seconde Guerre mondiale : selon une intervi …

Café accueillant de nombreux artistes, son décor se distingue par un ensemble d’affiches venues du monde entier. L’hôtel, tout comme son café, était encore actif à la fin de la Seconde Guerre mondiale : selon une interview télévisée du metteur en scène et marionnettiste Alain Recoing, il y a séjourné le jour de la Libération, le 8 mai 1945.

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Événement
Date imprécise — Troisième siège du Hot Club de France (quintette à cordes)/Club de Jazz
p 186
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Événement
Date imprécise — Hôtel Beauséjour/Demeure d'Amedeo Modigliani
p 187
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Événement
1840
1840 — Demeure de Paul Delaroche (présumée)
p 187
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Événement
1859
juin 1859 — Hôtel de Dieppe/Demeure de Charles Baudelaire
p 188
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Événement
1906
1906 — Hôtel du Poirier/Séjour d'Amedeo Modigliani
p 189
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Événement
Date imprécise — Hôtel du Poirier/Demeure de Max Jacob
p 189
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Événement
1899
1899 — Hôtel du Poirier/Demeure de Pierre Mac Orlan
p 189
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Événement
Date imprécise — Café-restaurant Bouscarat
p 190
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Événement
1893
1893 — Concert des Décadents (succédant à celui des Incohérents)
p 191
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Événement
1882
1882 — Exposition universelle des Arts incohérents
p 191
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Événement
Événement
1863
1863 — Demeure et atelier de Jules-Élie Delaunay (il y succède à Delacroix)
p 193
Mort du peintre Jules-Élie Delaunay ; auteur des peintures murales de l'église de la Ste Trinité. Il meurt ici le 5 septembre 1891
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Événement
Événement
1929
1929 — Atelier Lacourière (bâtiment récupéré de l'Exposition universelle de 1900)
p 195
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Événement
1880
1880 — Cabaret Le Lapin Agile (à Gill)/Cabaret des Assassins (à l'origine, en 1860)/Cabaret "À ma Campagne" (en 1886)
p 197-198
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Événement
1910
1910 — Cabaret Le Lapin Agile (tenu par Frédé puis par Paulo)
p 197-198
Canular de Roland Dorgelès, qui fait peindre une toile "excessiviste", signée Boronali, anagramme d'Aliboron, par l'âne Lolo avec sa queue ; les critiques d'art vont s'entre-déchirer...
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Événement
1903
1903 — Cabaret "le Rendez-vous des Voleurs"/Cabaret des Assassins/Cabaret du Lapin Agile
p 197-198
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Événement
1913
1913 — Cabaret Le Lapin Agile
p 197-198
Pierre Mac Orlan épouse la fille de Berthe, patronne du Lapin Agile, décor du roman "Quai des Brumes" écrit en 1927
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Événement
1926
1926 — Maquis de Montmartre/Buste de Charles Léandre/Passage remarquable
p 199
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Événement
1940
1940 — Cabaret Le Liberty's plus connu sous le nom de Tonton
p 199-200
Le cabaret Liberty’s, situé au 5 place Blanche (Paris 9e), a été repris en 1940 par Gaston Baheux, surnommé « Tonton ». Immédiatement, il en fait un établissement réputé de la vie nocturne parisienne sous la Quatrième Ré …

Le cabaret Liberty’s, situé au 5 place Blanche (Paris 9e), a été repris en 1940 par Gaston Baheux, surnommé « Tonton ». Immédiatement, il en fait un établissement réputé de la vie nocturne parisienne sous la Quatrième République, fréquenté par de nombreux artistes confirmés ou débutants, notamment des peintres comme Bernard Buffet, Maurice de Vlaminck, Raoul Dufy et Gen Paul et des chanteurs comme Gréco, Piaf et Bécaud. Tonton y organise dans les années 1950 des soirées « Rencontres », facilitant les échanges entre artistes, collectionneurs et marchands. Le cabaret était aussi ouvert aux spectacles de travestis. De 1940 à la fermeture du cabaret en 1957, la scène accueille une multitude de personnalités du spectacle et attire une clientèle bigarrée du Tout-Paris artistique. Lieu central du quartier Saint-Georges - Pigalle, le Liberty’s incarne alors la vitalité culturelle de Montmartre durant l’après-guerre. Aujourd’hui les locaux sont occupés par un Starbucks.

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Événement
1879
1879 — Cabaret du Père Lathuille/Barrière de Clichy
p 199
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Événement
1724
1724 — Moulin des Prés/Moulin de la Béquille/Moulin à vent
p 199 & 248
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Événement
1914
1914 — Cabaret Les tréteaux de Tabarin/Cabaret de la Lune Rousse
p 202-203
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Événement
1910
1910 — Café Lux bar (fréquenté par Mouloudji)
p 203
Café fréquenté par les artistes des Disques Déesse situés en face
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Événement
1892
25 février 1892 — Cabaret du Lion d'Or/Façade remarquable
p 203
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Événement
1902
1902 — Café La Petite Maison Rose
p 205
Café fréquenté par de nombreux artistes ; maison peinte tant de fois, dont une toile de 1919 qui fit connaître Maurice Utrillo. La Maison Rose est un petit restaurant situé au coin de la rue de l’Abreuvoir et de la rue d …

Café fréquenté par de nombreux artistes ; maison peinte tant de fois, dont une toile de 1919 qui fit connaître Maurice Utrillo.

La Maison Rose est un petit restaurant situé au coin de la rue de l’Abreuvoir et de la rue des Saules, à Montmartre. Sa façade rose et ses volets verts sont reconnaissables parmi les bâtiments du quartier. Le lieu existe depuis la fin du XIXe siècle. En 1905, le peintre catalan Ramón Pichot devient propriétaire et, trois ans plus tard, son épouse Germaine Gargallo, amie et modèle de Picasso, décide au retour d’un voyage en Catalogne de le peindre en rose. Elle ouvre un restaurant qui attire rapidement les artistes locaux, dont Picasso, Modigliani, Suzanne Valadon et Maurice Utrillo. Utrillo immortalise la Maison Rose sur l’une de ses toiles. L’histoire de Germaine inspire aussi Casagemas et Picasso, marquant le début de sa période bleue.

Après la Seconde Guerre mondiale, Béatrice Miolano, originaire d’Italie du Nord, rachète le restaurant. Le lieu reste fréquenté par de nombreux artistes et écrivains, parmi eux Piaf, Camus, Barbara, Aznavour, Dalida, Jacques Brel et Alain Delon. Depuis 2017, la petite-fille de Béatrice assure la gestion, en préservant le décor et la terrasse.

L’essor du tourisme et les réseaux sociaux, amplifiés par la série Emily in Paris, font de la Maison Rose l’un des endroits les plus photographiés de Montmartre, avec une affluence constante devant l’entrée.![[La Maison Rose, par Moonik CC BY-SA 3.0, Wikimedia|Maison Rose, par Moonik CC BY-SA 3.0.jpeg]]

La Maison Rose, par Moonik CC BY-SA 3.0, Wikimedia![[La Maison Rose en 1910, Agence Meurisse, Wikimedia|Maison_du_peintre_Pitschot_(Montmartre) Agence Meurisse.jpeg]]

La Maison Rose en 1910, Agence Meurisse, Wikimedia

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Événement
1834
1834 — Moulin Radet (30 moulins à Montmartre en 1859)/Moulin à vent
p 207 & 256
Le moulin Chapon, puis Radet, déplacé, devient le "Moulin de la Galette"
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Événement
Événement
1892
1892 — Moulin Rouge
p 209 & 259
Le numéro du Pétomane est une des attractions les plus célèbres du Moulin Rouge
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Événement
1890
1890 — Demeure d'Erik Satie (surnommée "le placard")
p 215
Demeure d'Erik Satie, compositeur de "Gnossiennes", "Airs à faire fuir" et "Danses de travers" ; transformée en petit musée
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Événement
Date imprécise — Maquis de Montmartre/Passage du Rocher de la Sorcière (ancienne fontaine)/Passage remarquable
p 216 & 311
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Événement
1823
1823 — Cabaret de Mimi Pinson
p 217
Rendez-vous de nombreux artistes ; la maison, disparue en 1925, est représentée par un bas-relief sur la façade de l'immeuble qui l'a remplacée
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Événement
1733
Événement
Date imprécise — Café Chez Macchini (ancien café Coquet ; peut-être aussi café de Cuba !!!)
p 219
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Événement
1837
3 mai 1837 — Mairie de Montmartre
p 221 & 297
Mariage de Paul Verlaine avec Mathilde Mauté le 11 août 1870
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Événement
1892
1892 — Mairie du 18ème arrondissement/Caveau du Clos Montmartre
p 222
Cave à vin, pressoir et salle de dégustation du Clos Montmartre
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Événement
1904
1904 — Café-restaurant "Chez Azon"/Café "Aux Enfants de la Butte"
p 224
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Événement
Date imprécise — Bâtiment remarquable (style Art déco)
p 225-226
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Événement
Événement
1900
1900 — Maison du peuple français/Siège de l'Association Le Progrès social
p 226
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Événement
Date imprécise — Café La Maison Rouge
p 227-228
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Événement
Événement
Date imprécise — Maquis de Montmartre/Passage du Rocher de la Sorcière (ancienne fontaine)/Passage remarquable
p 230-232
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Événement
1967
14 octobre 1967 — Demeure de Marcel Aymé
p 232
Mort de MArcel Aymé, l'auteur du Passe-Muraille et de la Jument Verte
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Événement
1860
1860 — Brasserie des Martyrs (tenue par Monsieur Bourgeois)
p 233
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Événement
1860
1860 — Brasserie des Martyrs (tenue par Monsieur Bourgeois)
p 233
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Événement
1534
15 août 1534 — Crypte présumée du martyre de St Denis/Martyrium de Montmartre/Abbaye d'en bas
p 233
Dans l'humidité de la crypte, la flamme d'un cierge suffit à éclairer les sept visages penchés. Le 15 août 1534, jour de la fête de l'Assomption, sept hommes descendent dans la petite chapelle souterraine du martyrium de …

Dans l'humidité de la crypte, la flamme d'un cierge suffit à éclairer les sept visages penchés.

Le 15 août 1534, jour de la fête de l'Assomption, sept hommes descendent dans la petite chapelle souterraine du martyrium de saint Denis, au pied de la butte Montmartre (5-7 rue Yvonne Le Tac, 18e arrondissement), là où la tradition catholique situe le martyre du premier évêque de Paris. La messe est célébrée par Pierre Favre, un Savoyard de vingt-huit ans ordonné prêtre trois mois plus tôt : le seul prêtre du groupe. Autour de lui, Ignace de Loyola, François Xavier, Diego Lainez, Alfonso Salmerón, Nicolás Bobadilla et Simon Rodrigues prononcent des vœux de pauvreté, de chasteté, et s'engagent à entreprendre dans les deux ans un pèlerinage à Jérusalem. C'est ce qu'on appellera le « vœu de Montmartre » : acte fondateur de ce qui deviendra la Compagnie de Jésus.

Ignace de Loyola a quarante-trois ans. Né en 1491 dans la noblesse basque, il avait été grièvement blessé au siège de Pampelune en 1521 : un boulet de canon lui avait brisé la jambe droite. Pendant sa convalescence, il lit des vies de saints, connaît une conversion intérieure et rédige les premières ébauches de ses Exercices spirituels. Il arrive à Paris en 1528 pour étudier au collège Sainte-Barbe. C'est là qu'il rassemble autour de lui ses compagnons, hommes instruits, venus d'Espagne, de Navarre ou de Savoie, séduits par une personnalité d'une rare intensité.

Ce 15 août dans la crypte, rien n'est encore formalisé. Il n'y a ni règle écrite, ni constitution, ni hiérarchie reconnue : seulement des vœux, une fraternité de volontés et un projet de pèlerinage qui ne se réalisera jamais, faute de passage vers la Terre sainte. Contraints de rester en Europe, les compagnons se rendent à Rome en 1538. Paul III perçoit immédiatement l'utilité de ce groupe de prêtres rigoureux, disponibles et mobiles. Le 27 septembre 1540, la bulle Regimini militantis Ecclesiae approuve officiellement la Compagnie de Jésus.

Ce qui germe dans cette crypte parisienne, c'est l'instrument principal de la Contre-Réforme. En 1534, le protestantisme avance irrésistiblement depuis la rupture de Luther en 1517 ; Calvin est en train d'organiser ses Institutions à Bâle. L'Église de Rome cherche une réponse à sa mesure : disciplinée, intellectuelle, mondiale. Les jésuites la fourniront. Missions en Asie, en Amérique, en Afrique ; collèges de haut niveau dans toute l'Europe catholique ; influence auprès des cours royales ; rôle actif dans l'Inquisition : la Compagnie de Jésus sera, pendant deux siècles, à la fois bras armé et cerveau de la papauté. Si puissante qu'elle sera dissoute en 1773 par Clément XIV, sous la pression des cours monarchiques, avant d'être rétablie en 1814.

La crypte du martyrium est aujourd'hui administrée par les Dames de l'Adoration Réparatrice et ouverte aux visiteurs le vendredi.

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Événement
1935
1935 — Hôtel Pompéa/Café La Mascotte/Demeure d'Édith Piaf
p 234
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Événement
1814
30 mars 1814 — Restaurant "À la Mère Catherine" (de 1793)
p 236
Les cosaques auraient lancé ici le mot "Bistrot", qui signifie "vite" en russe, pendant l'occupation de 1814 ; mais une autre tradition le lie à la consommation de "bistrouille", un café arrosé. Le 30 mars 1814, pendant …

Les cosaques auraient lancé ici le mot "Bistrot", qui signifie "vite" en russe, pendant l'occupation de 1814 ; mais une autre tradition le lie à la consommation de "bistrouille", un café arrosé.

Le 30 mars 1814, pendant que Joseph Bonaparte signe la capitulation de Paris au Château Rouge et que les élèves de Polytechnique se battent au Père-Lachaise, des cosaques du général Langeron occupent la butte Montmartre. Certains s'attablent au restaurant À la Mère Catherine, 6 rue Norvins, tenu depuis 1793 par Catherine Lamothe.

C'est là, selon la tradition montmartroise, que serait né le mot bistrot. Pressés de repartir, les soldats russes auraient crié bystro !vite ! en russe — à la patronne pour qu'elle serve plus rapidement. Le mot aurait glissé dans l'argot parisien, puis dans la langue.

L'histoire est belle. Elle est aussi presque certainement fausse.

Les linguistes ont relevé que le mot bistrot n'apparaît dans aucun texte français avant 1884 — soit soixante-dix ans après l'occupation cosaque. Difficile d'imaginer qu'un mot d'argot populaire ait attendu sept décennies pour être attesté à l'écrit. La piste concurrente, que Philippe notait dans sa fiche, est plus solide : bistrot dériverait de bistrouille, un café allongé d'alcool bon marché, boisson populaire des campagnes du Nord. Ou peut-être de bistingo, un petit cabaret de bas étage.

À la Mère Catherine existe toujours, place du Tertre — un des plus vieux restaurants de Paris, fondé l'année même où Louis XVI montait à l'échafaud. Il accueille surtout des touristes aujourd'hui, et la plaque qui rappelle l'étymologie cosaque est fièrement visible sur la façade. L'histoire inexacte a parfois plus de vie que l'histoire vraie.

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Événement
1885
29 avril 1885 — Cabaret Le Mirliton (dans la salle du premier Chat Noir)
p 240-241
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Événement
1675
14 août 1675 — Mire du Nord//Mire du Méridien de Paris/Poteau de la Méridienne/Parc du Moulin de la Galette
p 240
Il planta un poteau en bois sur la colline de Montmartre, et ce geste ordinaire commença la mesure scientifique de la Terre. Le 14 août 1675, l'abbé Jean Picard, astronome du roi, se rendit sur la butte Montmartre, près …

Il planta un poteau en bois sur la colline de Montmartre, et ce geste ordinaire commença la mesure scientifique de la Terre.

Le 14 août 1675, l'abbé Jean Picard, astronome du roi, se rendit sur la butte Montmartre, près du moulin Blute-Fin, et y planta un poteau de bois. Le poteau marquait un point précis : celui où passait le méridien de Paris, à 2 931 toises et 2 pieds de l'Observatoire, vers le nord. C'était la mire du Nord.

Le méridien de Paris traversait l'Observatoire de Paris, construit en 1667 sur la rive gauche. Pour orienter avec précision les instruments astronomiques et mesurer l'arc du méridien, il fallait des points de repère visibles depuis l'Observatoire vers le nord et vers le sud. Picard avait mesuré quelques années plus tôt, entre 1669 et 1670, la longueur d'un arc du méridien pour déterminer le rayon de la Terre. C'est cette mesure que Newton utilisa pour vérifier sa théorie de la gravitation.

Giovanni Domenico Cassini, directeur de l'Observatoire appelé à Paris par Louis XIV, puis son fils Jacques Cassini poursuivirent le travail. En 1736, Jacques Cassini remplaça le poteau de bois de Picard par un monument de pierre de trois mètres de haut, un parallélépipède surmonté d'une pyramide à quatre faces portant une fleur de lys au sommet.

La mire du Nord est toujours visible dans le petit parc du Moulin de la Galette, au 1 rue Girardon dans le 18e arrondissement. Le méridien de Paris servit de méridien de référence mondial jusqu'en 1884, quand la conférence de Washington lui préféra celui de Greenwich. La France attendit 1911 pour l'accepter officiellement.

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Événement
1736
1736 — Mire du Nord (inaccessible, propriété privée ; Proudhon avait raison, s'agissant entre autres du patrimoine...)
p 240
Pyramide matérialisant le méridien de Paris ; pendant la Révolution, la fleur de Lys qui le surmontait est remplacée par un fer de pique
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Événement
1862
1862
p 241-242
Marché aux modèles, principalement des italiens, qui disparaîtra après l'attentat de Caserio
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Événement
1920
1920 — Cabaret-théâtre "Le Moulin de la Chanson"
p 244
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Événement
1673
1673 — Moulin des Brouillard/Moulin à vent
p 246-247
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Événement
1622
1622 — Moulin du Palais (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Blute-fin/Moulin de la Galette/Moulin à vent
p 246 & 271
Remplace le Moulin Vieux du Palais ; futur cabaret du moulin de la Galette
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Événement
1622
1622 — Moulin du Palais (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Blute-fin/Moulin de la Galette/Moulin à vent
p 246
Remplace le Moulin Vieux du Palais ; futur cabaret du moulin de la Galette
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Événement
1723
1723 — Moulin de la Fontaine St Denis/Moulin à vent
p 247
Moulin disparu dans l'effondrement d'une carrière ; 10ème moulin de Montmartre. Il y avait 80 moulins à vent et preque autatant à eau à Paris en 1719 selon le Traité de la police de Nicolas Delamare
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Événement
1814
30 mars 1814 — Moulin de la Galette (successivement Bout-à-fin, Blute-à-fin)/Moulin Radet/Moulin à vent
p 249
Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmar …

Combat contre les cosaques envahissant Paris ; mort du père Debray, effectivement tué par une balle perdue, mais qui ne fut pas découpé en morceaux attachés aux ailes de son moulin comme le veut une légende très "montmartroise"

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Événement
1954
1954 — Cinéma Ciné 13/Cinéma du Moulin de la Galette/Ancien Théâtre de Montmartre/Théâtre du Tertre
p 251 & 328
Le théâtre du Tertre est transformé en cinéma ; il appartient alors à Claude Lelouch
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Événement
1649
septembre 1649 — Moulin de la Grande Tour/Moulin de la Grosse Tour/Moulin à vent
p 251
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Événement
Événement
Événement
1814
30 mars 1814 — Maison de Pierre-Charles Debray (entre le Moulin Neuf et le Moulin Vieux)
p 252
Maison où fut tué le père Debray, par une balle perdue, dans les combats contre les cosaques de Langeron
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Événement
1635
1635 — Moulin de la Lancette (à l'emplacement de la future Tour de Solférino)/Moulin à vent
p 252 & 311
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Événement
1870
Événement
1647
1647 — Moulin de la Petite Tour/Tour à Rollin/Moulin à vent
p 253-254
Construction du Moulin de la Petite Tour, près de celui de la Vieille Tour ; un des plus vieux moulins de Montmartre
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Événement
1647
1647 — Moulin de la Petite Tour/Tour à Rollin/Moulin à vent
p 253-254
Construction du Moulin de la Petite Tour, près de celui de la Vieille Tour ; un des plus vieux moulins de Montmartre
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Événement
1647
1647 — Moulin de la Petite Tour/Tour à Rollin/Moulin à vent
p 253-254
Construction du Moulin de la Petite Tour, près de celui de la Vieille Tour ; un des plus vieux moulins de Montmartre
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Événement
1640
1640 — Moulin du Palais/Moulin à vent
p 253
Construction du Moulin du Palais, cinquième moulin de la Butte Montmartre
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Événement
1320
1320 — Moulin de la Tour des Dames/Moulin à vent
p 256
Moulin de la Tour, appartenant aux religieuses de l'abbaye de Montmartre ; il cessa de fonctionner en 1678
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Événement
1770
1770 — Moulin de la Turlure/Moulin à vent
p 256-257
Moulin de la Turlure construit par la famille Debray ; 13ème moulin de Montmartre
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Événement
1529
1529 — Moulin du Palais/Moulin Vieux du Palais/Moulin à vent
p 257-258
Moulin du Palais puis moulin Vieux du Palais ; premier moulin à Montmartre
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Événement
1889
1889 — Moulin Rouge
p 258-260
Création du Moulin Rouge, où vont s'épanouir le "quadrille naturaliste", le "chahut" et le "french cancan", lancé en 1830 ; la couleur magenta du moulin est due à Adolphe Willette ; un énorme éléphant en stuc abritait la …

Création du Moulin Rouge, où vont s'épanouir le "quadrille naturaliste", le "chahut" et le "french cancan", lancé en 1830 ; la couleur magenta du moulin est due à Adolphe Willette ; un énorme éléphant en stuc abritait la scène

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Événement
1926
1926 — Moulin Rouge
p 260
Nouvelle période de vogue du Moulin Rouge ; Mistinguett y tient l'affiche pendant 4 ans
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Événement
Événement
1875
1875 — Maison Rosimond/Musée du Vieux Montmartre
p 262
Plus vieille maison de Montmartre, demeure et atelier de nombreux artistes ; aujourd'hui Musée de Montmartre
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Événement
1875
1875 — Maison Rosimond/Musée du Vieux Montmartre (en 1960)
p 262
Renoir loue deux pièces dans les combles et un appentis au rez-de-chaussée ; il peint ici "le Moulin de la Galette"
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Événement
1892
10 mars 1892 — Église St Germain l'Auxerrois
p 263-264
Messe pour l'inauguration du premier salon de la Rose Croix ; on y joue "Parsifal" de Wagner et "Trois fanfares" d'Erik Satie
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Événement
1898
18 avril 1898 — Demeure et atelier de Gustave Moreau (à partir de 1852 ; musée depuis 1903)
p 263
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Événement
Événement
1858
15 juin 1858 — Demeure d'Ary Scheffer (depuis 1830)/Musée de la Vie romantique
p 264
Mort du peintre Ary Scheffer, qui recevait dans son salon le Tout-Paris artistique de l'époque
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Événement
1930
1930 — Music Box/La maison du Jazz/Club de Jazz
p 264
Petit cabaret "Music Box" ; un des temples du Jazz hot dans les années 30
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Événement
Événement
1905
3 août 1905
p 265
On plaça la statue d'une victime de l'obscurantisme religieux directement en face de la basilique du Sacré-Coeur. Personne ne fit semblant de ne pas comprendre la provocation. Pétain fit fondre la statue en 1941. Jean-Fr …

On plaça la statue d'une victime de l'obscurantisme religieux directement en face de la basilique du Sacré-Coeur. Personne ne fit semblant de ne pas comprendre la provocation. Pétain fit fondre la statue en 1941.

Jean-François Lefebvre, chevalier de la Barre, avait dix-neuf ans quand il fut exécuté à Abbeville le 1er juillet 1766. Son crime : n'avoir pas ôté son chapeau au passage d'une procession religieuse, et avoir chanté des chansons impies. Il fut décapité après avoir eu la langue coupée et la main tranchée. Son exemplaire du Dictionnaire philosophique de Voltaire fut brûlé avec lui.

L'affaire avait scandalisé Voltaire, qui mena campagne pour sa réhabilitation jusqu'à sa mort. Le chevalier de la Barre devint le symbole des victimes de la justice d'Ancien Régime mêlée à la religion.

Le 3 août 1905, une statue en bronze du chevalier de la Barre fut inaugurée sur le parvis du Sacré-Coeur, à Montmartre. Georges Clemenceau, anticlérical convaincu, participa à la cérémonie. Le choix du lieu n'était pas fortuit : la basilique du Sacré-Coeur, dont la construction avait été décidée en « expiation » de la Commune de Paris de 1871, incarnait pour la gauche républicaine la réaction cléricale et la revanche sur les insurgés. Placer devant elle la statue d'une victime de l'Église, c'était affirmer que le parvis de la basilique n'appartenait pas qu'aux dévots.

La statue resta en place jusqu'en 1941. Le gouvernement de Vichy, dans le cadre de la collecte de métaux non ferreux destinés à l'industrie de guerre allemande, la fit fondre.

Une réplique en résine fut installée à l'identique en 1985. Elle est toujours là, face à la basilique, sur le parvis de Montmartre.

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Événement
1899
1899 — Le Nouveau Théâtre (salle où Charles Lamoureux donnait des concerts)
p 267
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Événement
1917
15 mars 1917 — Siège de la revue "Nord-Sud" (métro Montmartre-Montparnasse)
p 267
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Événement
Événement
1876
1876 — Café de la Nouvelle Athènes (ouvert en 1870)
p 268
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Événement
1878
1878 — Café de la Nouvelle Athènes
p 268
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Événement
1860
1860 — Café de la Nouvelle Athènes (rendez-vous des "Barbizoniens")
p 268
Lieu de rendez-vous des peintres de l'école de Barbizon et nombre d'écrivains
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Événement
Date imprécise — Café des Oiseaux
p 269
Café fréquenté par Maurice Utrillo ; Breton y situe une scène de "l'Amour fou", il y avait rencontré sa seconde femme
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Événement
1848
1848 — Théâtre Montmartre/Théâtre du Peuple
p 270
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Événement
Date imprécise — Café d'Orient/Quartier général des Divisionnistes
p 270
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Événement
Événement
1909
1909
p 272
Après avoir dirigé le café la Souris, quelle avait transformé en l'un des clubs les plus célèbres pour les lesbiennes et les riches mécènes, en 1909, Palmire Dupont ouvre le Palmyr's Bar en face du [Moulin Rouge](https:/ …

Après avoir dirigé le café la Souris, quelle avait transformé en l'un des clubs les plus célèbres pour les lesbiennes et les riches mécènes, en 1909, Palmire Dupont ouvre le Palmyr's Bar en face du Moulin Rouge. Ce bar prospère et s'agrandit sous sa direction. Avec son bouledogue français, elle devient un des sujets vedettes dans des lithographies et des croquis de Henri de Toulouse-Lautrec. Les deux bars qu'elle gère accueillent des gays et des lesbiennes et sont fréquemment évoqués dans les enquêtes judiciaires et policières, ainsi que dans des publications littéraires et des mémoires. En tant qu'entrepreneure, elle embauche des artistes et organise des événements qui fournissent non seulement des divertissements et des emplois aux membres de la communauté LGBT, mais contribuent également à créer un tourisme dont profite l'économie parisienne.

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Événement
1905
1905 — Taverne de Paris/Société des Dessinateurs humoristes
p 272-273
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Événement
1960
7 septembre 1960 — Cabaret chez Fernand Sardou (De Belles-et-Butte)
p 273 & 278
Fernand et Jackie Sardou ouvrent le cabaret au n. 95 rue Lepic en lieu et place du cabaret Belzébuth. Jusqu'au début des années 2000 un are cabaret le remplace, "le cancan". Aujourd'hui (2025) le local est occupé par un …

Fernand et Jackie Sardou ouvrent le cabaret au n. 95 rue Lepic en lieu et place du cabaret Belzébuth. Jusqu'au début des années 2000 un are cabaret le remplace, "le cancan". Aujourd'hui (2025) le local est occupé par un restaurant. [NB: le numéro correcte est le 95. Ceci établi à partir d'une photo d'un peintre avec son chevalet devant le cabaret de Sardou].

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Événement
Événement
1929
1929 — Studios Pathé Cinéma
p 274
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Événement
Événement
Date imprécise — Bal du Petit Jardin (repaire de truands marseillais et corses)
p 275
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Événement
1928
1928 — Cinéma Studio 28 (remplace le cabaret de la Pétaudière)
p 275 & 313
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Événement
1945
1945 — Cabaret Le Pichet du Tertre (tenu par Oberto Attilio, dit Toto)
p 277-278
L'ancien cabaret-galerie où s'étaient lancés Becaud, Aznavour ou Jean Yanne. Où Picasso et Renoir se retrouvaient au bar. Et du coup, sur la butte, c'est la soupe à la grimace. (Libération 18 janvier 2013). Depuis 2013 l …

L'ancien cabaret-galerie où s'étaient lancés Becaud, Aznavour ou Jean Yanne. Où Picasso et Renoir se retrouvaient au bar. Et du coup, sur la butte, c'est la soupe à la grimace. (Libération 18 janvier 2013). Depuis 2013 le local est occupé par Starbucks, ce qui n'a pas laissé indifférente une partie des habitués et nostalgiques de la Place du Tertre.

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Événement
Événement
Date imprécise — Atelier de Pierre Puvis de Chavannes
p 279
Atelier de Puvis de Chavannes sur le même palier que Jean-Jacques Henner ; il accueille Johan Barthold Jongkind
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Événement
Événement
1830
1830 — Demeure d'Alphonse Karr (ancien Tivoli désaffecté)
p 281
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Événement
1809
1809 — Guinguette du Poirier sans Pareil/Le Vieux Chemin
p 281
Guinguette du Poirier sans pareil, qui s'enorgueillissait de l'honneur d'une halte de Napoléon 1er ; comme quoi la pub stupide ne date pas d'aujourd'hui
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Événement
1771
Événement
1923
1923 — Dispensaire Poulbot (créé en 1923)/Restaurant "La Pomponette"
p 284
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Événement
1942
1942 — Café La Poste
p 285
C’est au Café de la Poste, fréquenté par la pègre et situé au 76 rue Damrémont, qu’Auguste Le Breton affirme avoir utilisé pour la première fois le terme « Verlen », devenu ensuite « Verlan ». Ce café, connu pour son amb …

C’est au Café de la Poste, fréquenté par la pègre et situé au 76 rue Damrémont, qu’Auguste Le Breton affirme avoir utilisé pour la première fois le terme « Verlen », devenu ensuite « Verlan ». Ce café, connu pour son ambiance liée au milieu interlope du quartier dans les années 1940-1950, a inspiré l’atmosphère et le personnage interprété par Jean Gabin dans le film « Le rouge est mis ».![[Le café La Poste - Photo: Ricardolovesmonuments, Wikimedia|Le_Café_de_la_Poste,_76_Rue_Damrémont Ricardolovesmonuments WM.jpeg]]

Le café La Poste

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Événement
Événement
Date imprécise — Café La Potinière (dit "Chez Georges")/Café Le Sabot Rouge
p 286 & 303
Café fréquenté par Marcel Aymé ; d'où il observait la société en jouant des parties de dominos qui rassemblaient le "Tout Montmartre"
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Événement
1946
16 septembre 1946 — Demeure de Francisque Poulbot
p 286-287
Mort du peintre des enfants de la butte, qui leur a laissé son nom
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Événement
1427
1427
p 287
Lieu où résidaient des bohémiens, à qui l'accès dans Paris était interdit ; ils étaient excommuniés à cause de leurs prédictions
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Événement
Date imprécise
p 287-288
Pressoir banal des abbesses de Montmartre situé dans l'enclos de l'abbaye ; les vignerons de Montmartre étaient obligés de l'utiliser moyennant une redevance
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Événement
Date imprécise
p 287-288
Pressoir de l'abbaye de Montmartre que les vignerons étaient contraints d'utiliser contre redevance
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Événement
Événement
1834
1834 — Prison de Clichy (prison pour dettes)
p 288
Prison pour dettes après la fermeture du quartier réservé de Ste Pélagie
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Événement
1893
1893 — Cabaret des Quat'z'Arts (créé par François Trombert)
p 291-292
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Événement
Événement
Événement
1917
1917 — Demeure de Pierre Fresnay
p 295
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Événement
1930
1930 — Demeure d'Arthur Rubinstein
p 295
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Événement
1925
1925 — Demeure d'Arthur Rubinstein
p 295
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Événement
Événement
1871
23 mai 1871 — Restaurant "À la Renommée des Escargots"/Lieu de massacre de Communards
p 296
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. On peut encore voir des traces de fusillade sur les murs
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Événement
1870
1870 — Bal de la Reine Blanche/Club de la Reine Blanche
p 296
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Événement
1886
novembre 1886 — Second Siège de la revue "La Revue indépendante"/Réunions Symbolistes
p 297
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Événement
1924
1924 — Café Le Rêve/Quartier général de Georges Simenon
p 297
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Événement
Événement
Événement
1886
4 juin 1886 — Restaurant "Le Rocher suisse"
p 298-299
Établissement fameux dans la seconde moitié du 19ème siècle, lieu de nombreuses réunions politiques ; c'est ici que fut créée la société du "Vieux Montmartre"
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Événement
Date imprécise — Café Larochefoucauld/Le Laroche
p 298
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Événement
1896
Événement
Date imprécise — La Roulotte/Club de Jazz
p 302
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Événement
1871
1 octobre 1871 — Hôtel Rousseau/Demeure de Victor Hugo
p 302
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Événement
Date imprécise — Hôtel Roussin/Demeure d'Alphonse Karr
p 302
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Événement
1766
1766 — Château des Porcherons/Jardin Ruggieri
p 302
Parc d'attractions des initiateurs des établissements de fêtes champêtres à Paris, offrant bals, feux d'artifices et spectacles équestres
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Événement
1875
16 juin 1875 — Basilique du Sacré-Cœur
p 303-305
Pose solennelle de la première pierre du Sacré-Cœur, emblème de "l'ordre moral" déclaré d'utilité publique ; "Gallia poenitens"
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Événement
1872
18 janvier 1872 — Basilique du Sacré-Cœur
p 303-305
Prononciation officielle du vœu de construire une basilique pour "racheter les fautes de la Commune"
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Événement
1850
1850 — Société des Auteurs et compositeurs dramatiques (SACD, créée en 1777)
p 303
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Événement
1907
1907 — Société des Auteurs et compositeurs dramatiques (SACD, créée en 1777)
p 303
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Événement
1937
1937 — Société des Auteurs compositeurs et éditeurs (fondée en 1850)/Siège de la SACEM (inscription ACE)
p 303
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Événement
1870
23 septembre 1870
p 306
Dans Paris cerné depuis quatre jours, une seule route reste ouverte vers la France libre : le ciel ; et c'est depuis la butte Montmartre que le premier ballon postal s'envole le 23 septembre 1870. Paris est encerclée dep …

Dans Paris cerné depuis quatre jours, une seule route reste ouverte vers la France libre : le ciel ; et c'est depuis la butte Montmartre que le premier ballon postal s'envole le 23 septembre 1870.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Les Prussiens ont bouclé tous les accès terrestres. Le gouvernement de la Défense nationale est enfermé avec deux millions de Parisiens. Les courriers ne passent plus. Les nouvelles du reste de la France n'arrivent plus.

L'idée vient de Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar : photographe, caricaturiste et aéronaute, pionnier de la photographie aérienne depuis les ballons depuis 1858. Il convainc le directeur des Postes, Germain Rampont, d'organiser un service de ballons postaux pour rompre le blocus. Des ateliers de construction et de gonflement seront aménagés dans les deux grandes gares : la gare du Nord et la gare d'Orléans (l'actuelle gare d'Austerlitz).

Le premier ballon, le Neptune, est un vieux ballon captif d'observation amarré depuis plusieurs jours place Saint-Pierre à Montmartre. Le pilote est Jules Duruof, aéronaute professionnel. Dans la nacelle : deux sacs de dépêches, cent vingt-cinq kilogrammes de courrier adressé à toute la France. Le 23 septembre 1870, le Neptune décolle et passe au-dessus des lignes prussiennes. Duruof atterrit après trois heures de vol, sans incident, en zone non occupée. L'expérience est concluante.

Entre septembre 1870 et janvier 1871, soixante-six ballons s'envoleront depuis Paris. Cinquante-huit atterriront hors du siège, dont certains en Norvège, en Espagne ou aux Pays-Bas, emportés par des vents contraires. Deux seront capturés par les Prussiens. Deux se perdront en mer. Plus de deux millions de lettres traverseront le blocus par les airs. Le service sera complété par les pigeons voyageurs : portés à l'aller par les ballons jusqu'en zone libre, ils reviendront à Paris avec des microfilms de dépêches miniaturisées sur film de soie, technique mise au point par le photographe René Dagron.

La poste aérienne du siège de Paris est une prouesse technique improvisée dans l'urgence, sur fond de désastre militaire. Elle annonce, à sa façon très XIXe siècle, l'aviation postale du siècle suivant.

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Événement
1870
7 octobre 1870
p 306
Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus. Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement …

Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement de la Défense nationale, formé le 4 septembre après la chute de l'Empire à Sedan, est enfermé dans la capitale avec deux millions d'habitants. Une délégation gouvernementale a été envoyée à Tours pour administrer le reste du pays, mais elle est présidée par Crémieux, âgé et peu porté à la guerre à outrance. Il faut y envoyer quelqu'un qui organise la résistance.

Léon Gambetta a trente-deux ans. Avocat républicain, député de Belleville et de Marseille, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire, il incarne la ligne de la guerre poursuivie jusqu'au bout contre les partisans d'un armistice rapide. Il décide de partir. Le seul chemin est le ciel.

Le 7 octobre 1870, en fin de matinée, il monte place Saint-Pierre à Montmartre dans la nacelle de l'Armand-Barbès, ballon baptisé du nom du révolutionnaire républicain mort l'année précédente en exil. Le pilote est Alexandre Trichet. Eugène Spuller, son secrétaire, l'accompagne. Un second ballon, le George-Sand, part en même temps, emportant deux Américains dont l'objet du voyage n'a jamais été établi. La foule assemblée sur la butte acclame le départ.

Le ballon passe au-dessus des lignes prussiennes. Les fantassins allemands tirent. Gambetta est légèrement blessé à la main. L'appareil poursuit sa route et atterrit vers quinze heures dans le bois de Favières, sur la commune d'Épineuse, dans l'Oise. Par Montdidier et Rouen, Gambetta rejoint Tours le 9 octobre.

Ce qu'il y accomplit tient de l'improvisation forcenée. En quatre mois, il lève, arme et met en ligne plusieurs armées nouvelles, dont l'armée de la Loire, avec des conscrits sans instruction et des officiers sans expérience. Ces armées seront battues, mais elles prolongeront la guerre jusqu'en janvier 1871 et donneront à la République naissante une légitimité militaire. La délégation quittera Tours pour Bordeaux le 9 décembre, devant l'avance prussienne.

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Événement
1985
Événement
1842
1842 — Manufacture d'instruments de musique d'Adolphe Sax
p 308
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Événement
Date imprécise — Atelier du ferronnier d'art Raymond Subes
p 313
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Événement
1895
12 octobre 1895 — Cabaret Les tréteaux de Tabarin/La Boîte à Fursy
p 315-316
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Événement
1885
1885 — Restaurant "Le Tambourin"/Exposition des peintres du Petit boulevard
p 316
Restaurant fréquenté par de nombreux peintres, où sont organisées des expositions
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Événement
Date imprécise — Café Au Téléphone
p 317
Café fréquenté par de nombreux artistes ; cité par Paul Fort
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Événement
Date imprécise — Maison Tasset et Lhote (fabricants de couleurs fines)
p 317
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Événement
1794
1 octobre 1794 — Église St Pierre de Montmartre/Télégraphe de Chappe (installé sur le clocher en ruine)
p 317
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Événement
Événement
1911
Événement
1674
1674
p 318-321
Lieu patibulaire des abbesses de Montmartre, avec potence et carcan ; mais aussi aire d'entraînement de tir à l'arc
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Événement
1847
1847 — Théâtre Montmartre (de 1822)/Théâtre de l'Atelier Charles Dullin
p 322
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Événement
1887
30 mars 1887 — Théâtre Montparnasse-Montrouge/Théâtre Libre/Théâtre Naturaliste
p 324
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Événement
1887
30 mars 1887 — Théâtre en bois (local de patronage où débuta André Antoine)/Théâtre Libre
p 324
Premier local du "Théâtre Libre" d'André Antoine, metteur en scène autodidacte qui révolutionna l'art dramatique
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Événement
1887
1887 — Lieu de répétitions du Théâtre Libre
p 324
Répétitions du Théâtre Libre d'Antoine dans un appartement loué, avec les acteurs du "Cercle de la Butte"
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Événement
1917
24 juin 1917 — Conservatoire Renée Maubel/Théâtre Maubel-Galabru
p 324-325
Représentation des "Mamelles de Tirésias" ; dont le programme, réalisé par Guillaume Apollinaire, porte la première mention du "Sur-réalisme"
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Événement
1850
1850 — Conservatoire Renée Maubel/Théâtre Maubel-Galabru
p 324-325
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Événement
1907
9 septembre 1907 — Théâtre Moncey (fondé en 1891)
p 325
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Événement
Événement
1896
1896 — Théâtre de l'Œuvre
p 326
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Événement
1842
1842 — Théâtre de La Tour d'Auvergne/École Lyrique
p 328
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Événement
Date imprécise — Restaurant "Chez Tonton"
p 329
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Événement
Date imprécise — Lieu-dit "le Trésor"
p 330
Canular sur l'existence d'un trésor gaulois, suite à la découverte des vestiges d'une villa gallo-romaine et d'une tête d'homme en bronze
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Événement
1900
1900 — Trianon Concert/Théâtre du Trianon (salle construite en 1894)
p 331
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Événement
1948
1948 — Cabaret-théâtre Les Trois Baudets
p 332
Pépinière d'artistes jusqu'à la mort de son animateur Jacques Canetti, qui révéla Édith Piaf, Charles Trenet, et amena à la chanson Jeanne Moreau et Serge Reggiani
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Événement
Événement
1806
1806 — Bal du Grand Turc
p 333-334
Lieu de réunion de la colonie allemande jusqu'en 1870 ; cité par Zola dans l'Assommoir
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Événement
1920
11 avril 1920 — Cabaret de La Vache/Commune Libre de Montmartre (premier siège)
p 337
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Événement
1917
mai 1917 — Demeure de Roger Tozigny/Siège de la revue "La Vache Enragée"
p 337-338
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Événement
1896
1896 — Cabaret La Vache Enragée
p 337
Référence à la parodie de procession du Bœuf gras, la "Vachalcade"
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Événement
1920
11 novembre 1920 — Cabaret de La Vache Enragée/Commune Libre de Montmartre
p 337-338
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Événement
1953
1953 — Demeure de Jacques Prévert
p 340-341
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Événement
Événement
1952
1952 — Demeure de Boris Vian
p 340-341
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Événement
1933
1933 — Square de la Liberté/Vigne du Clos Montmartre
p 342-343
Plantation de l'actuelle vigne de Montmartre, sur un terrain arraché aux griffes des promoteurs
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Événement
Événement
1941
18 février 1941 — Café-restaurant Wepler/Section Logement de la Kommandantur
p 345
À partir du 18 février 1941, le Wepler, grande brasserie de la [[place de Clichy|doc:place-de-clichy.WebHome]], cesse d’être un simple café‑restaurant populaire pour devenir l’un des rouages de l’[[Occupation|doc:paris-o …

À partir du 18 février 1941, le Wepler, grande brasserie de la [[place de Clichy|doc:place-de-clichy.WebHome]], cesse d’être un simple café‑restaurant populaire pour devenir l’un des rouages de l’[[Occupation|doc:paris-occupe.WebHome]]. Réquisitionné par les autorités allemandes, il est intégré à l’appareil de la Kommandantur, plus précisément à sa section Logement, chargée de l’hébergement des troupes et des personnels nazis dans la capitale.

Derrière les grandes baies donnant sur la place, les nappes blanches et le va‑et‑vient des garçons laissent place à une tout autre chorégraphie : tables transformées en bureaux, plans de Paris étalés, dossiers où s’alignent adresses d’hôtels, d’immeubles et d’appartements à réquisitionner. On y gère les affectations de logements pour officiers et soldats, on organise la rotation des permissions, on arbitre les conflits nés des expulsions de locataires français sommés de céder la place.

Le Wepler devient ainsi un symbole très concret de la dépossession quotidienne imposée par l’Occupation. Là où s’étaient croisés ouvriers, employés, artistes de quartier et noctambules, s’installe une administration militaire qui gère la ville comme un territoire conquis. Pour les habitants de la place de Clichy, voir ce lieu familier occupé par les uniformes feldgrau signifie que l’Occupation n’est plus une abstraction : elle s’assoit à la terrasse, s’installe au cœur de leurs habitudes.

Jusqu’en 1944, la brasserie vit au rythme de cette présence étrangère, entre va‑et‑vient de soldats, contrôles, et parfois, en coulisses, regards échangés, petites résistances discrètes, mémoires silencieuses. Après la Libération, le Wepler redeviendra une brasserie parisienne, mais son histoire portera durablement la trace de ces années où, derrière sa façade lumineuse, on administrait une ville sous joug.

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Événement
Date imprécise — Restaurant "Le Zouave Gobichon"/Restaurant-éditeur
p 347
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Événement
Date imprécise — Grand Hôtel Goudeau/Tim Hôtel/Séjour de Roger Vailland
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