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Couverture — Le Masque de Fer
Bibliographie

Le Masque de Fer

DUVIVIER Duvivier
Armand Colin - Âmes et Visages, 1932.
15 Fiches citant cet ouvrage
1932 Édition

Fiches citant cet ouvrage

15 fiches
Événement
1639
18 février 1639 — Église St Eustache
p 121-122
Le 18 février 1639 est baptisé, en l’église Saint‑Eustache, un enfant qui deviendra l’un des personnages les plus énigmatiques du règne de [[Louis XIV|doc:louis-xiv.WebHome]] : Eustache Dauger [[de Cavoye|doc:eustache-da …

Le 18 février 1639 est baptisé, en l’église Saint‑Eustache, un enfant qui deviendra l’un des personnages les plus énigmatiques du règne de [[Louis XIV|doc:louis-xiv.WebHome]] : Eustache Dauger [[de Cavoye|doc:eustache-dauger-de-cavoye.WebHome]]. Né dans une famille de petite noblesse liée à la cour, fils de François Dauger de Cavoye, mousquetaire, il est le frère de Louis Oger de Cavoye, futur grand maréchal des logis de la Maison du roi. Très tôt, son existence se déroule dans l’ombre mais au plus près du pouvoir, ce qui nourrit, rétrospectivement, toutes les hypothèses.

Le registre paroissial de Saint‑Eustache rattache d’emblée cet enfant au Paris des officiers, des serviteurs de la monarchie et des clientèles aristocratiques. C’est cet ancrage social – au cœur du quartier des Halles, dans une paroisse très fréquentée par les milieux de cour et de finance – qui donnera plus tard du poids aux reconstructions romanesques. Certains auteurs contemporains ont avancé l’idée qu’Eustache pourrait être un demi‑frère de Louis XIV, fruit supposé d’une liaison entre son père et [[Anne d’Autriche|doc:anne-d-autriche.WebHome]], hypothèse invérifiable mais séduisante pour qui cherche un « secret dynastique ».

Ce baptême ordinaire dans la grande paroisse parisienne prendra ainsi, par effet de rétrospection, une aura presque conspirative : derrière l’enfant présenté au bénitier, on croit voir se profiler l’ombre du futur « homme au masque de fer », ou du moins d’un protagoniste possible de cette énigme. Quelles que soient les fictions ultérieures, la date du 18 février 1639 marque l’entrée dans les archives d’un personnage dont la trajectoire, faite de dettes, de scandales et d’enfermement, restera indissociable des imaginations politiques et dynastiques autour du Grand Siècle.

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Événement
1637
30 août 1637 — Demeure de la famille Dauger de Cavoye
p 121 & 125
Naissance du possible demi-frère de Louis XIV, baptisé le 18 février 1639, éventuellement futur "Masque de fer"
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Événement
Date imprécise — Caserne des Mousquetaires de Richelieu/Demeure de la famille de Cavoye
p 125
Casernement des mousquetaires de Richelieu, aussi appelés "mousquetons", auxquels appartenait le père d'Eustache Dauger de Cavoye, possible Masque de fer
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Événement
1639
mars 1639 — Carrefour de la Croix du Trahoir/Station des chaises à porteurs
p 127
Louis XIII accorde à Louis Dauger et à Montbrun le monopole des chaises à porteur ; dieu seul sait en vertu de quel service rendu...
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Événement
1643
Événement
1656
1656 — Jardin du Palais Royal
p 130
Construction d'une forteresse miniature, afin que le jeune Louis XIV puisse jouer à la guerre ; il manque se noyer, faute de surveillance, dans un bassin situé à l'emplacement de l'actuel bac à sable Dans le jardin du Pa …

Construction d'une forteresse miniature, afin que le jeune Louis XIV puisse jouer à la guerre ; il manque se noyer, faute de surveillance, dans un bassin situé à l'emplacement de l'actuel bac à sable

Dans le jardin du Palais Royal à Paris, sous la régence d’Anne d’Autriche, une forteresse miniature fut construite pour permettre au jeune Louis XIV de s’initier aux jeux de guerre, sous la supervision du cardinal Mazarin. Ce dispositif ludique s’inscrivait dans un ensemble d’activités éducatives, incluant des chasses miniatures et l’apprentissage de l’équitation. Lors de cette période, Louis XIV faillit se noyer dans le grand bassin du jardin, situé à l’emplacement de l’actuel bac à sable, en raison d’un manque de surveillance. Cet incident eut lieu avant la Fronde, qui mit fin à cette époque paisible et marqua durablement le jeune roi. Louis-Dauger de Cavoye, compagnon de jeux de Louis XIV, aurait également pris part à ces activités.  ![[La forteresse de Louis XIV au Palais Royal, Image : Carnavalet|Forteresse de Louis XIV au Jardin Royal.jpg]]

La forteresse de Louis XIV au Palais Royal

Ouvrages et sources utilisés :

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Événement
1652
2 juillet 1652
p 133-134
Ce matin du 2 juillet 1652, le faubourg Saint-Antoine est une nasse. Le Grand Condé, prince du sang devenu chef de la Fronde des Princes, est cerné : devant lui, l'armée royale commandée par Turenne ; derrière lui, les p …

Ce matin du 2 juillet 1652, le faubourg Saint-Antoine est une nasse. Le Grand Condé, prince du sang devenu chef de la Fronde des Princes, est cerné : devant lui, l'armée royale commandée par Turenne ; derrière lui, les portes de Paris que le Parlement hésite à ouvrir. Entre les deux, les rues du faubourg et leurs artisans terrorisés — les faïenciers, les ébénistes, les fabricants de miroirs qui regardent par leurs volets les bataillons se positionner.

La bataille est féroce. En quelques heures, des milliers de morts jonchent le pavé. Condé tient, mais son armée saigne. La seule issue : entrer dans Paris. Mais Paris ne s'y résout pas.

C'est alors que Mademoiselle monte à la Bastille.

Anne Marie Louise d'Orléans, cousine de Louis XIV, la femme la plus riche de France — « la Grande Mademoiselle », comme on dit à la cour — gravit les tours de la forteresse qui domine la Porte Saint-Antoine et ordonne aux canonniers d'ouvrir le feu. Pas sur Condé. Sur Turenne. Sur l'armée du roi, son propre cousin.

Les canons tonnent. Turenne recule. Les portes s'ouvrent. Condé entre dans Paris, ses troupes en sang.

Quand Mazarin apprend la nouvelle, il aurait lâché sa formule : « Ce coup de canon a tué son mari. » Le mot fait mouche. Mademoiselle est l'héritière la plus convoitée d'Europe — on avait évoqué l'archiduc, le roi de Portugal, Louis XIV lui-même. Ce canon vient de fermer toutes ces portes.

La Fronde s'achève l'année suivante dans l'épuisement. Condé part servir l'Espagne. Mademoiselle, elle, est exilée dans ses terres de Saint-Fargeau. Elle ne rentrera à Paris qu'en 1657. Louis XIV ne lui pardonnera jamais tout à fait : quand elle obtiendra enfin, à quarante-trois ans, l'autorisation d'épouser le comte de Lauzun — officier brillant, noblesse mince —, le roi révoquera sa parole dix jours plus tard. Lauzun passera dix ans à Pignerol.

La forteresse du haut de laquelle elle avait décidé d'une bataille porterait encore longtemps le nom de « Bastille » avant de devenir autre chose, cent trente-sept ans plus tard, sous des mains infiniment moins aristocratiques.

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Événement
1672
1672 — Cabaret de la Tête de Maure/Bouge de la Chéron/Affaire des poisons
p 181
Officine de la Chéron qui, entre autres poisons, vendait de l'eau de vie
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Événement
Événement
1698
18 septembre 1698 — Prison de la Bastille/Tour de la Bertaudière (3ème étage)
p 302-303
Le 18 septembre 1698, Bénigne de Saint-Mars franchit la porte de la Bastille avec son prisonnier : un homme en masque de velours dont le nom ne doit être prononcé par personne. Bénigne de Saint-Mars vient d'être nommé go …

Le 18 septembre 1698, Bénigne de Saint-Mars franchit la porte de la Bastille avec son prisonnier : un homme en masque de velours dont le nom ne doit être prononcé par personne.

Bénigne de Saint-Mars vient d'être nommé gouverneur de la Bastille. Il arrive de l'île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, où il gardait depuis 1687 un détenu d'exception. Le voyage jusqu'à Paris se fait en litière fermée : le prisonnier porte un masque de velours. Saint-Mars et son lieutenant Durosarge sont les seuls à connaître son identité.

L'acte d'écrou du 18 septembre 1698 existe, conservé à la Bibliothèque nationale. Il mentionne un prisonnier sans nom, confié à Saint-Mars depuis de longues années. Ce détenu est enfermé d'abord dans la tour de la Bazinière, au premier étage, puis logé dans la tour de la Bertaudière, au troisième. Il mourra dans cette Bastille le 19 novembre 1703, après trente-quatre ans de captivité. Ses effets personnels seront détruits, sa chambre badigeonnée, les registres grattés pour effacer jusqu'à la trace de son écriture.

La question de son identité a alimenté plus d'une cinquantaine d'hypothèses. Voltaire, qui était à la Bastille en 1717 et interrogea des témoins encore vivants, insinua qu'il s'agissait d'un frère illégitime de Louis XIV. Alexandre Dumas en fit un jumeau du Roi-Soleil dans "Le Vicomte de Bragelonne." La théorie la plus solide au regard des sources est aujourd'hui celle d'Eustache Dauger, valet impliqué dans une affaire compromettante pour des personnages proches de la Cour.

Ce qui est certain : cet homme a été gardé avec une rigueur exceptionnelle, transféré d'une forteresse à l'autre pendant trois décennies, toujours sous la garde du même geôlier Saint-Mars. Le port du masque n'est documenté qu'à partir de 1698, lors du transfert vers Paris : il s'agissait d'empêcher qu'on le reconnaisse en chemin, non de le masquer en permanence. Son identité devait rester ignorée de tous, y compris des gardiens.

La Bastille qui reçoit le Masque de fer en 1698 est une forteresse médiévale transformée en prison d'État, réservée aux prisonniers que le roi enferme par lettre de cachet sans jugement. Quatre-vingt-onze ans plus tard, les Parisiens en abattront les murs. Dans les caves vidées, ils ne trouveront que sept prisonniers, dont quatre fous. Le mystère du Masque de fer sera le seul trésor que la Bastille aura vraiment gardé.

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Événement
Événement
1703
20 novembre 1703 — Cimetière de l'église St Paul des Champs/Cimetière St Paul
p 316
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