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Couverture — Légendes et Archives de la Bastille
Bibliographie

Légendes et Archives de la Bastille

FUNCK-BRENTANO Frantz
Hachette. La vivante histoire, 1935.
27 Fiches citant cet ouvrage
1935 Édition

Fiches citant cet ouvrage

27 fiches
Événement
Date imprécise — Forteresse de la Bastille (transformée en prison d'État permanente)/Prison de la Bastille
p 13
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Événement
Événement
1784
1784
p 31-32
Un projet de démolition de la Bastille et de son remplacement par un monument à la gloire de "Louis XVI, restaurateur de la liberté" avait été envisagé peu avant la Révolution ; trop tard !...
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Événement
1698
18 septembre 1698 — Prison de la Bastille/Tour de la Bazinière
p 65
Emplacement précis de la chambre d'accueil de la prison, au 1er étage de la tour de la Bazinière, où fut enfermé dans un premier temps le "Masque de fer"
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Événement
Événement
1703
20 novembre 1703 — Cimetière de l'église St Paul des Champs/Cimetière St Paul
p 65 & 71
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Événement
1703
19 novembre 1703 — Prison de la Bastille
p 65
Mort du Masque de fer ; simple valet ou Eustache Dauger de Cavoye, possible demi-frère de Louis XIV par Anne d'Autriche
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Événement
1717
17 mai 1717 — Prison de la Bastille
p 110-115
Premier emprisonnement de Voltaire à la Bastille, arrêté pour son "Puero regnante" ; il sera libéré le 14 avril 1718
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Événement
1726
17 avril 1726 — Prison de la Bastille
p 110-115
Comment une plaisanterie de salon envoie un poète à la Bastille — et le fait partir pour l'Angleterre. L'affaire commence à l'Opéra, quelques semaines plus tôt. Voltaire — trente-deux ans, déjà célèbre depuis Œdipe, déjà …

Comment une plaisanterie de salon envoie un poète à la Bastille — et le fait partir pour l'Angleterre.

L'affaire commence à l'Opéra, quelques semaines plus tôt. Voltaire — trente-deux ans, déjà célèbre depuis Œdipe, déjà adulé dans les salons — croise dans le foyer le chevalier Guy-Auguste de Rohan-Chabot, rejeton d'une des plus grandes maisons du royaume. Le chevalier, qui n'a pour lui que son nom, lance une raillerie à la cantonade : « Monsieur de Voltaire, monsieur Arouet, enfin comment vous nommez-vous ? » Voltaire réplique du tac au tac : « Je ne traîne pas un grand nom, mais je sais honorer celui que je porte. » Cinglant. Les spectateurs rient. Rohan encaisse mal.

La vengeance arrive quelques jours plus tard. Le 4 février 1726, Voltaire dîne chez le duc de Sulli, hôtel de Sully, rue Saint-Antoine. Au milieu du repas, un laquais vient le prévenir qu'on le demande en bas. Il descend, et là — sous les yeux de son cocher — des hommes de main, stylés par Rohan-Chabot tapi dans un carrosse voisin, le rouent de coups de bâton. « Ne frappez pas à la tête, il en peut sortir quelque chose de bon », aurait dit le chevalier, goguenard. Voltaire remonte, ensanglanté, raconte l'affront à la tablée aristocratique — personne ne bouge. Être le plus grand poète de France ne vaut rien face aux privilèges du sang.

Voltaire prend alors des leçons d'escrime. Pendant des semaines, il s'entraîne, écume les cafés, cherche Rohan partout. Il veut un duel. La famille Rohan-Chabot, alertée, prend les devants et obtient du pouvoir une lettre de cachet. Le 17 avril 1726, Voltaire est arrêté et embastillé pour la seconde fois de sa vie — la première remonte à 1717, déjà pour un libelle. Cette fois l'accusation est plus commode : trouble à l'ordre public, menace contre un membre d'une grande maison.

Il y reste quinze jours. À sa libération, on lui signifie une condition : l'exil. Il choisit l'Angleterre.

C'est là que tout bascule. À Londres, Voltaire découvre Newton, Locke, la tolérance religieuse, la monarchie constitutionnelle, la liberté de la presse. Il en rapportera trois ans plus tard les Lettres philosophiques — le premier brûlot des Lumières françaises. Sans Rohan-Chabot et ses hommes de main, sans la Bastille une seconde fois, peut-être pas de Voltaire tel qu'on le connaîtra. Une bastonnade rue Saint-Antoine aura fait basculer un siècle.

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Événement
1760
Événement
1739
Événement
1780
septembre 1780 — Prison de la Bastille
p 128-131
Condamnation de Linguet à deux ans d'emprisonnement pour diffamation ; il avait été l'avocat du Chevalier de la Barre
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Événement
1749
24 juillet 1749 — Demeure de Denis Diderot (de 1749 à 1754 chez la dame Chetel)
p 131-132
Le 24 juillet 1749, des exempts de police se présentèrent au 3 de la rue de l'Estrapade. Ils cherchaient Diderot. Ils le trouvèrent. Denis Diderot venait de publier la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient …

Le 24 juillet 1749, des exempts de police se présentèrent au 3 de la rue de l'Estrapade. Ils cherchaient Diderot. Ils le trouvèrent.

Denis Diderot venait de publier la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient — un essai philosophique qui prenait la cécité comme point de départ pour démontrer que nos idées morales dépendent de nos sens, non d'une révélation divine. Dans la bouche d'un aveugle fictif mourant, il avait placé une négation de l'existence de Dieu. La censure royale n'avait pas apprécié.

Il fut conduit au château de Vincennes et y resta jusqu'en novembre 1749. L'emprisonnement fut relatif : il disposait d'une chambre, pouvait se promener dans le parc, recevoir des visites. Jean-Jacques Rousseau vint le voir. Sur le chemin de Vincennes, Rousseau eut la subite inspiration qu'il décrit dans ses Confessions comme une illumination — que la civilisation corrompt l'homme naturellement bon. La route de Vincennes vit naître, en quelques mois, à la fois les idées de Rousseau et l'entreprise encyclopédique.

Car Diderot, depuis 1746, travaillait pour le libraire Le Breton à traduire en français la Cyclopaedia de Chambers, encyclopédie anglaise. En prison, il convainquit ses associés de transformer ce projet modeste en quelque chose d'immense : une encyclopédie nouvelle, raisonnée, qui rassemblerait tout le savoir de son siècle. Le premier tome parut en 1751. Le vingt-huitième, en 1772.

L'arrestation du 24 juillet 1749 n'avait pas voulu faire une Encyclopédie. C'est pourtant ce qu'elle produisit.

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Événement
1789
15 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 135-212
Il n'a pas pris la Bastille : il l'a vendue, pierre par pierre. Dès le lendemain de la prise, un entrepreneur en bâtiment de trente-quatre ans s'installe sur le chantier le plus convoité de Paris. Pierre-François Palloy …

Il n'a pas pris la Bastille : il l'a vendue, pierre par pierre.

Dès le lendemain de la prise, un entrepreneur en bâtiment de trente-quatre ans s'installe sur le chantier le plus convoité de Paris. Pierre-François Palloy n'a pas attendu qu'on le lui demande : il a lancé ses hommes sur les tours dès le soir du 14 juillet, et se fait confirmer l'adjudication deux jours plus tard. Jusqu'à sept cents ouvriers y travailleront, quatre-vingt-seize semaines durant — la démolition ne s'achèvera qu'au printemps 1791.

Palloy a compris avant tout le monde ce que vaut un tas de gravats chargé de symbole. Il se rebaptise « Palloy le Patriote » et transforme le chantier en entreprise. On visite, contre paiement, les cachots qu'il a garnis de chaînes et d'ossements ; on repart avec un souvenir. Surtout, il fait tailler dans les blocs de la forteresse des Bastilles miniatures — de véritables maquettes de pierre — qu'il expédie à chacun des quatre-vingt-trois départements, ne réclamant, dit-il, que le remboursement du port. À l'automne 1790, deux cent quarante-six caisses de reliques patriotiques partent sillonner la France.

Le reste des pierres se disperse dans Paris. Les meilleurs blocs prennent le chemin des quais : on les emploie aux parties hautes du pont Louis XVI, qu'on achève en 1791. L'intention, alors, est affichée : que le peuple, en le franchissant, « foule aux pieds » chaque jour l'ancienne forteresse.

Quant au Patriote, sa légende résiste mal à l'examen. En 1794, on l'emprisonne deux mois pour malversations. En 1814, quand les Bourbons reprennent le trône, Palloy accepte leur décoration royale — la Décoration du Lys. Le démolisseur de la Bastille finit décoré par les rois.

Le pont, lui, est toujours là — rebaptisé pont de la Concorde. Chaque jour, les députés qui gagnent le Palais-Bourbon le franchissent sans y penser : sous leurs pas, les dernières pierres de la Bastille.

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Événement
1691
1691 — Première École de Chirurgie/Confrérie des Barbiers-Chirurgiens (fondée en 1655)
p 136
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Événement
1655
1655 — École de Médecine (amphithéâtre anatomique)/Confrérie des chirurgiens de St Côme
p 136
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Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
p 219-221
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 232
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Pont-levis de l'Avancée (1er des deux ponts-levis à l'entrée de la Bastille)
p 233-234
Premier pont-levis, dit de l'Avancée, donnant accès à la Bastille ; lieu des combats pour la prise de la prison
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Grande allée de l'Arsenal
p 235
Cholat et Baron son blessés par le recul en tirant au canon contre la Bastille
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