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Couverture — Le Masque de fer
Bibliographie

Le Masque de fer

PETITFILS Jean-Christian
Perrin - Tempus, 2003.
12 Fiches citant cet ouvrage
2003 Édition

Fiches citant cet ouvrage

12 fiches
Événement
1703
20 novembre 1703 — Hôtel du président de Plancy/Cimetière St Paul
p 19-20
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Événement
1358
31 juillet 1358 — Bastide St Antoine/Chastel St Antoine/Enceinte de Charles V
p 22
La version officielle dit qu'il livrait Paris à Charles de Navarre. Jean Maillart l'aurait surpris et tué pour sauver la ville. Mais Maillart était un fidèle du Régent, et la chronique a toujours été du côté des vainqueu …

La version officielle dit qu'il livrait Paris à Charles de Navarre. Jean Maillart l'aurait surpris et tué pour sauver la ville. Mais Maillart était un fidèle du Régent, et la chronique a toujours été du côté des vainqueurs.

Étienne Marcel était prévôt des marchands de Paris depuis 1355. Dans une France désorganisée par la capture du roi Jean II à Poitiers (1356) et la dévastation des campagnes par les routiers anglais, il avait fait de Paris le centre d'une résistance inattendue : non pas contre les Anglais, mais contre la royauté elle-même. En alliance avec les États généraux, il avait arraché la Grande Ordonnance de mars 1357, qui imposait au Régent un véritable contrôle de ses comptes. Le Régent, le futur Charles V, n'oublierait pas.

La Jacquerie de mai-juin 1358 avait finalement tourné contre Marcel. Les paysans révoltés furent massacrés ; Marcel se retrouva isolé à Paris, sans alliés extérieurs. Pour tenir tête au Régent, il se rapprocha de Charles de Navarre, dit le Mauvais, rival déclaré de la couronne. Alliance risquée, mal assurée.

Dans la nuit du 31 juillet 1358, Marcel fut tué à la porte Saint-Antoine par Jean Maillart, riche marchand parisien, et ses compagnons, Philippe Giffart et Simon Le Paonnier. La version que les chroniqueurs royaux allèrent ensuite imposer est la suivante : Marcel avait conduit un groupe jusqu'à la porte Saint-Denis, puis jusqu'à la porte Saint-Antoine, pour remettre les clefs de la ville aux soldats de Charles de Navarre ; Maillart l'aurait surpris en flagrant délit de trahison et tué pour défendre Paris.

Cette version repose presque entièrement sur des sources rédigées après coup, par des auteurs acquis à la cause royale. Ce que les faits établissent sans ambiguïté : Jean Maillart, partisan résolu du Régent, était prêt à agir ce soir-là. Marcel fut tué. Le Régent entra dans Paris le lendemain.

Trois semaines plus tard, Charles de Navarre signa la paix avec le Régent. La trahison qu'on prêtait à Marcel n'avait donc servi qu'à lui nuire, à lui seul.

Le Régent devint Charles V, dit le Sage. Étienne Marcel entra dans l'histoire comme un traître au service d'un étranger. Il avait porté toute sa vie les couleurs de la prévôté : le rouge et le bleu. Paris les porte encore.

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Événement
1698
18 septembre 1698 — Prison de la Bastille/Tour de la Bazinière
p 23 & 270
Emplacement précis de la chambre d'accueil de la prison, au 1er étage de la tour de la Bazinière, où fut enfermé dans un premier temps le "Masque de fer"
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Événement
1698
18 septembre 1698 — Prison de la Bastille/Tour de la Bertaudière (3ème étage)
p 23
Le 18 septembre 1698, Bénigne de Saint-Mars franchit la porte de la Bastille avec son prisonnier : un homme en masque de velours dont le nom ne doit être prononcé par personne. Bénigne de Saint-Mars vient d'être nommé go …

Le 18 septembre 1698, Bénigne de Saint-Mars franchit la porte de la Bastille avec son prisonnier : un homme en masque de velours dont le nom ne doit être prononcé par personne.

Bénigne de Saint-Mars vient d'être nommé gouverneur de la Bastille. Il arrive de l'île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, où il gardait depuis 1687 un détenu d'exception. Le voyage jusqu'à Paris se fait en litière fermée : le prisonnier porte un masque de velours. Saint-Mars et son lieutenant Durosarge sont les seuls à connaître son identité.

L'acte d'écrou du 18 septembre 1698 existe, conservé à la Bibliothèque nationale. Il mentionne un prisonnier sans nom, confié à Saint-Mars depuis de longues années. Ce détenu est enfermé d'abord dans la tour de la Bazinière, au premier étage, puis logé dans la tour de la Bertaudière, au troisième. Il mourra dans cette Bastille le 19 novembre 1703, après trente-quatre ans de captivité. Ses effets personnels seront détruits, sa chambre badigeonnée, les registres grattés pour effacer jusqu'à la trace de son écriture.

La question de son identité a alimenté plus d'une cinquantaine d'hypothèses. Voltaire, qui était à la Bastille en 1717 et interrogea des témoins encore vivants, insinua qu'il s'agissait d'un frère illégitime de Louis XIV. Alexandre Dumas en fit un jumeau du Roi-Soleil dans "Le Vicomte de Bragelonne." La théorie la plus solide au regard des sources est aujourd'hui celle d'Eustache Dauger, valet impliqué dans une affaire compromettante pour des personnages proches de la Cour.

Ce qui est certain : cet homme a été gardé avec une rigueur exceptionnelle, transféré d'une forteresse à l'autre pendant trois décennies, toujours sous la garde du même geôlier Saint-Mars. Le port du masque n'est documenté qu'à partir de 1698, lors du transfert vers Paris : il s'agissait d'empêcher qu'on le reconnaisse en chemin, non de le masquer en permanence. Son identité devait rester ignorée de tous, y compris des gardiens.

La Bastille qui reçoit le Masque de fer en 1698 est une forteresse médiévale transformée en prison d'État, réservée aux prisonniers que le roi enferme par lettre de cachet sans jugement. Quatre-vingt-onze ans plus tard, les Parisiens en abattront les murs. Dans les caves vidées, ils ne trouveront que sept prisonniers, dont quatre fous. Le mystère du Masque de fer sera le seul trésor que la Bastille aura vraiment gardé.

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Événement
635
635 — Cimetière de l'église St Paul des Champs/Cimetière St Paul
p 27
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Événement
Événement
1703
20 novembre 1703 — Cimetière de l'église St Paul des Champs/Cimetière St Paul
p 27 & 101
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Événement
1814
5 avril 1814 — Demeure de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord/Séjour du tzar Alexandre 1er
p 295
Le 5 avril 1814, le tsar Alexandre Ier est l'hôte de Talleyrand au 2 rue Saint-Florentin, à deux pas des Tuileries. Napoléon vient d'abdiquer la veille à Fontainebleau. La question qui se pose maintenant à l'Europe est s …

Le 5 avril 1814, le tsar Alexandre Ier est l'hôte de Talleyrand au 2 rue Saint-Florentin, à deux pas des Tuileries. Napoléon vient d'abdiquer la veille à Fontainebleau. La question qui se pose maintenant à l'Europe est simple : qui va gouverner la France ?

Talleyrand a une réponse toute prête. Depuis plusieurs jours, il reçoit dans son hôtel les souverains alliés et leurs ministres, joue les intermédiaires, oriente les discussions. Il plaide pour le retour des Bourbons — Louis XVIII, frère de Louis XVI, en exil en Angleterre depuis vingt ans. Ce n'est pas l'option évidente : Alexandre Ier penchait plutôt pour une régence de Marie-Louise au nom du roi de Rome, ou pour Bernadotte. Mais Talleyrand fait valoir un argument habile : seule la légitimité dynastique peut garantir la stabilité et permettre à la France de négocier en position de force au congrès de paix à venir.

En quelques jours de conversations rue Saint-Florentin, il retourne le tsar. Louis XVIII montera sur le trône. Talleyrand sera son ministre des Affaires étrangères, puis représentera la France au congrès de Vienne — et y obtiendra des conditions surprenantes pour un pays vaincu.

Philippe appelait cela une forfaiture de plus. On peut voir les choses autrement : Talleyrand avait servi la Révolution, l'Empire, et il allait servir la Restauration — non par conviction mais par calcul permanent de l'intérêt de la France, tel qu'il le concevait. Ou le sien, selon les jours.

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