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Couverture — Les Pardaillan
Bibliographie

Les Pardaillan

Robert Laffont - Bouquins, 1988.
13 Fiches citant cet ouvrage
1988 Édition

Fiches citant cet ouvrage

13 fiches
Événement
1572
1572 — Hôtel de Mesmes/Demeure de François de Montmorency
t1 p 1044
Chef du parti modéré qui démissionne 15 jours avant la St Barthélemy
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Événement
1572
23 août 1572 — Hôtel de Guise/Hôtel de Soubise/Quartier général de la Ligue/Massacre de la St Barthélemy
t1 p 953
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Événement
1572
1572 — Demeure de Marie Touchet (donnée aussi rue des Barres)
t1 p 944
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Événement
1572
24 août 1572 — Palais du Louvre/Massacre de la St Barthélemy
t1 p 1042
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Événement
1295
Événement
1572
30 juin 1572 — Hôtel de Ponthieu/Demeure de Gaspard de Coligny
t1 p 915
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Événement
1572
23 août 1572 — Palais du Louvre/Massacre de la St Barthélemy
t1 p 952-953
Il n'y a pas eu de folie dans la nuit du 23 août : il y a eu une décision politique, prise à tête reposée, par des gens sensés qui ont choisi le meurtre de masse. L'attentat du 22 août a échoué. Coligny est blessé mais v …

Il n'y a pas eu de folie dans la nuit du 23 août : il y a eu une décision politique, prise à tête reposée, par des gens sensés qui ont choisi le meurtre de masse.

L'attentat du 22 août a échoué. Coligny est blessé mais vivant. À la cour, l'atmosphère est électrique : les chefs huguenots réclament justice au roi Charles IX, qui promet de leur en rendre. La ville bruisse de rumeurs. Certains grands protestants — Téligny, le comte de La Rochefoucauld — dorment au Louvre même, hôtes du roi, persuadés d'être en sécurité.

Dans les appartements de Catherine de Médicis, la reine mère convoque les siens dans la nuit du 23 août. La réunion qui se tient là, dont on ne connaîtra jamais exactement les mots mais dont les actes seront l'histoire, rassemble Albert de Gondi, René de Birague, Louis de Gonzague et quelques autres membres du Conseil privé. On discute. On calcule. Le bilan est simple : l'attentat raté a ouvert une crise que rien ne peut résoudre à mi-chemin. Si les protestants exigent la tête de Guise — et ils l'exigent —, c'est la guerre civile. Si le roi cède aux Guise, c'est aussi la guerre civile. Il n'y a pas de solution modérée.

Catherine obtient du roi Charles IX une décision qu'il regrettera toute sa vie. On tuera. Non pas seulement les chefs du parti protestant, mais tous les huguenots présents à Paris. On utilisera les ligues catholiques déjà organisées dans les quartiers, on sonnera le tocsin à Saint-Germain-l'Auxerrois comme signal convenu, on donnera les armes aux bourgeois catholiques. Le roi, selon les témoignages, pleure en signant. Mais il signe.

Simultanément, à l'Hôtel de Guise — aujourd'hui Hôtel de Soubise, 60 rue des Francs-Bourgeois —, Henri de Guise, vingt-deux ans, rassemble ses hommes. La famille Guise, qui réclame depuis neuf ans la mort de Coligny en vengeance de l'assassinat du père, est prête. Entre la froide décision politique de Catherine et la vengeance dynastique des Guise, deux mobiles distincts mèneront la même main.

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Événement
1572
24 août 1572 — Cloche de l'église St Germain l'Auxerrois (sonnerie des Matines)/Massacre de la St Barthélemy
t1 p 936 & 983
Il n'y a pas eu de folie dans les rues de Paris ce 24 août : il y a eu une organisation, un signal, des listes, des armes distribuées, et une ville qui a découvert ce qu'elle était capable de faire. Le tocsin de Saint-Ge …

Il n'y a pas eu de folie dans les rues de Paris ce 24 août : il y a eu une organisation, un signal, des listes, des armes distribuées, et une ville qui a découvert ce qu'elle était capable de faire.

Le tocsin de Saint-Germain-l'Auxerrois résonne à deux heures du matin. C'est le signal convenu. Dans les quartiers, les bourgeois catholiques qui ont reçu des armes et des instructions sortent dans les rues. Les capitaines de quartier ont des listes. La ville s'organise pour tuer.

L'amiral Gaspard de Coligny dort dans son logis de l'Hôtel de Ponthieu, sur ce qui sera un jour appelé la rue de Rivoli. Il a soixante-deux ans. Depuis l'attentat du 22, ses doigts blessés ont été pansés, il est sous la protection d'une garde royale que le roi lui a affectée en promettant justice. Cette garde, dans la nuit, ouvre la porte. Henri de Guise commande le détachement qui monte. Jean Yanowitz, soldat d'origine polonaise au service des Guise, entre le premier dans la chambre. Il frappe Coligny d'un coup d'épée. Le corps est jeté par la fenêtre dans la cour. Henri de Guise se penche, reconnaît le visage de celui qui a tué son père, et donne l'ordre de continuer.

Dans Paris, le carnage dure plusieurs jours. On estime entre deux et trois mille morts dans la ville en quelques jours, peut-être dix mille dans tout le royaume dans les semaines qui suivent. Hommes, femmes, enfants portant l'étiquette protestante. Certains voisins dénoncent, d'autres cachent. La porte de Buci est fermée par Henri de Guise lui-même, sauvant ainsi les protestants du faubourg Saint-Germain qu'il connaît personnellement. Le duc de la Force, compagnon d'enfance du jeune Henri de Navarre, échappe en se faisant passer pour mort sous les cadavres.

Charles IX, que l'histoire a voulu croire horrifié, paraît aux fenêtres du Louvre et, selon certains témoins, tire lui-même à l'arquebuse sur les fuyards. Il mourra deux ans plus tard, à vingt-trois ans, en répétant dans ses cauchemars les mots "tous ces morts."

Le massacre de la Saint-Barthélemy restera, pour des siècles, le symbole de ce que l'intolérance religieuse organisée par le pouvoir peut produire dans une grande ville.

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