Sur la montagne Sainte-Geneviève, la bataille est perdue pour la Commune. Dans le jardin de Polytechnique, les exécutions commencent.
Le 24 mai 1871 au soir, les Versaillais tiennent le Panthéon. Le 2e corps du général de Cissey a enlevé le Quartier latin barricade après barricade, et la répression y est particulièrement féroce : une quarantaine de fédérés ont été fusillés rue Saint-Jacques, avec Raoul Rigault, membre du Conseil de la Commune. Sous les ordres de Maxime Lisbonne et d’Eugène Varlin, les derniers défenseurs de la rive gauche se sont repliés par la rue Mouffetard et la rue des Gobelins vers la Butte-aux-Cailles, où le général Wroblewski a mis seize canons en batterie.
Le 25 mai, pendant qu’on se bat encore là-bas, les exécutions continuent à l’arrière du front. À deux pas du Panthéon, l’École polytechnique occupe depuis 1804, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, les locaux de l’ancien collège de Navarre. Son jardin devient un lieu de massacre. On y fusille en priorité les soldats de l’armée régulière passés à la Commune, que l’on tient pour déserteurs, et les étrangers venus se battre pour elle. Selon un témoin, le tas de cadavres s’étendait sur cent mètres de long.
Le même jour, la Butte-aux-Cailles, attaquée de trois côtés, finit par tomber. Wroblewski se replie de justesse avec un millier d’hommes et quelques canons, franchit le pont d’Austerlitz avant que les Versaillais ne s’en emparent et gagne la rive droite, sa retraite couverte par l’incendie du Grenier de réserve. La rive gauche est tout entière aux mains de l’armée ; le lendemain, sur les marches du Panthéon, le député de la Seine Jean-Baptiste Millière est fusillé sommairement.
Ces tueries n’ont rien d’un débordement isolé. Pour l’historien Jacques Rougerie, « le vainqueur procéda à des massacres systématiques » : les soldats ratissent les quartiers, arrêtent au moindre soupçon, exécutent. Il en fait porter la responsabilité d’abord aux généraux de corps d’armée, bonapartistes ou monarchistes, comme Cissey, dont les troupes opèrent sur la rive gauche, alors que les massacres sont presque inexistants dans le Nord de Paris, sous les ordres du républicain Clinchant. L’historien britannique Robert Tombs parle, lui, de « tueries organisées et quasi légales », qui visent d’abord les prisonniers portant les marques des classes populaires, perçues comme dangereuses. Le nombre total des victimes de la Semaine sanglante, lui, reste débattu depuis 1871 : de l’ordre de dix mille selon Jacques Rougerie.
Polytechnique a quitté la montagne Sainte-Geneviève pour Palaiseau en 1976. Ses anciens bâtiments, le long de la rue Descartes, abritent depuis 1983 le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.