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13e arr.
Voie · 13e arrondissement

Quai d'Austerlitz

De boulevard Vincent Auriol, 2, et pont de Bercy. à place Valhubert, 1, et pont d'Austerlitz.
Quartier Salpêtrière · Longueur ≈ 901 m
≈ 901 m
Longueur
1
Quartier
I

Histoire de la rue

L'histoire de ce quai commence bien avant que la rive gauche de la Seine n'ait pris la moindre forme urbaine. C'est ici, à hauteur de l'actuel n° 55, que la Bièvre rejoignait naturellement la Seine — un confluent marécageux que les cartographes ont longtemps mal situé, le plaçant par erreur face à l'île de la Cité. On prête même à Titus Labienus, lieutenant de César, d'avoir tenté de franchir le fleuve à cet endroit lors de la campagne de -52, mais l'hypothèse reste fragile : la Lutèce gauloise ne se trouvait sans doute pas là.

Pendant des siècles, la berge reste peu commode, livrée aux crues et aux boues. L'Ancien Régime y pose ses premières marques : en 1788, une pompe commence à alimenter en eau les fontaines publiques et la Salpêtrière voisine, service qu'elle rendra jusqu'en 1866. Puis c'est le mur des Fermiers généraux qui barre le paysage — Claude-Nicolas Ledoux conçoit une barrière dite « de la Gare ou d'Austerlitz » dès 1785, à l'emplacement de l'actuel n° 23 ; une seconde barrière lui succède après l'alignement du mur, de 1819 à 1860. Le quai s'appelait alors quai de l'Hôpital, du grand établissement qui lui tourne le dos. La décision ministérielle du 6 avril 1832 lui donne son nom actuel, tiré du pont voisin lui-même baptisé en mémoire d'Austerlitz.

Le destin du quai bascule avec l'arrivée du chemin de fer. La gare d'Austerlitz (anciennement gare d'Orléans) s'installe aux n° 51–57 et transforme ce bout de Seine en porte de Paris. En 1849, c'est de là que partent, escortés de deux cents gendarmes, les inculpés de la journée du 15 mai 1848 — Auguste Blanqui, Armand Barbès, François-Vincent Raspail, Alexandre Martin dit l'Ouvrier, Joseph Sobrier et leurs compagnons — en route vers la Haute Cour de Bourges. La gare connaît des heures plus dramatiques encore : pendant le siège de 1870, ses vastes halles sont reconverties en atelier de fabrication de ballons montés destinés à briser le blocus prussien — le Jacquard s'envole d'ici. L'année suivante, lors de la Semaine sanglante, la gare devient quartier général du général Bruat, chef de la 2e division versaillaise ; des combattants y sont massacrés, les déserteurs présumés et les étrangers enrôlés dans la Commune en priorité. Chanzy et ses officiers y sont arrêtés en débarquant d'un train. C'est aussi par ici qu'arrive, venant de Bordeaux, la dépouille du fils de Victor Hugo.

Le quai garde longtemps une mémoire ouvrière et militante. Une grange à blé du n° 55 avait même servi de prison à la Garde nationale entre 1837 et 1864. En 1938, la gare accueille les rescapés des Brigades internationales rentrant d'Espagne ; en 1941, elle est le point de rassemblement de 3 747 Juifs polonais, tchécoslovaques et ex-autrichiens arrêtés et déportés vers les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Des décennies plus tard, en 1970, ses quais voient encore des affrontements entre police et jeunes ouvriers refusant de payer leurs tickets de transport — la Gauche Prolétarienne y distribuera quatre mille tickets aux travailleurs du matin.

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II

Fiches

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IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution