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27 mai 1871
Événement

Au Père-Lachaise, entre les tombes de Balzac et de Nodier, la Commune livre son dernier combat

Cimetière du Père Lachaise — Lieu de la gravure "Les derniers combats"
48e division
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27 mai 1871, les derniers combats au cimetière du Père-Lachaise : gravure d’Amédée Daudenarde pour Le Monde illustré du 24 juin 1871 (Bibliothèque historique de la Ville de Paris). Amédée Daudenarde — domaine public (Wikimedia Commons)

On se bat à la baïonnette entre les tombeaux. Sur celui de Charles Nodier, les balles ont laissé leur trace.

Le samedi 27 mai 1871, il ne reste à la Commune que Belleville et ses abords. Depuis les hauteurs des Buttes-Chaumont et du cimetière du Père-Lachaise, ses canons tirent leurs dernières munitions. En début d’après-midi, les Versaillais donnent l’assaut aux Buttes-Chaumont ; au même moment, leur corps de réserve s’empare des portes de Montreuil et de Bagnolet et avance dans Charonne. Des dizaines d’insurgés refluent vers le cimetière, dont la grande porte, boulevard de Ménilmontant, a été barricadée ; deux batteries d’artillerie y sont en position.

Vers quatre heures, deux brigades versaillaises franchissent le mur d’enceinte, qu’on n’a pas fortifié. Commence alors un combat étrange, pied à pied, entre les chapelles et les monuments funéraires ; les derniers affrontements se livrent à la baïonnette, à la tombée de la nuit. Le secteur de ce qu’on appellera « l’ultime combat » se trouve dans la 48e division, autour des tombes de Balzac et de Charles Nodier : sur le monument de Nodier, on voit encore des impacts de balles. Le dessinateur Albert Robida a fixé la scène dans une gravure, « Les derniers combats ».

Maîtres du cimetière, les Versaillais alignent les survivants contre le mur d’enceinte, à l’angle sud-est : cent quarante-sept fédérés sont fusillés, le soir même ou au matin du 28 selon les sources, et jetés dans une fosse ouverte à leurs pieds. Dans les heures et les jours qui suivent, des centaines d’autres corps, amenés à pleines charretées, y sont entassés sur trois rangs. Dans les rues voisines, le dernier coup de feu de la Commune est tiré le dimanche 28 mai, vers deux heures de l’après-midi.

Ce pan de mur est devenu le mur des Fédérés. Le 23 mai 1880, deux mois avant l’amnistie, vingt-cinq mille personnes y défilent à l’appel de Jules Guesde, une rose rouge à la boutonnière ; depuis, la « montée au mur » a lieu chaque année à la fin de mai. Le 24 mai 1936, en plein Front populaire, six cent mille manifestants s’y pressent derrière Léon Blum et Maurice Thorez. Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx, repose en face depuis 1911.

Le bilan de la Semaine sanglante reste discuté : environ dix mille victimes selon Jacques Rougerie, un chiffre qui « reste énorme pour l’époque » ; au moins quinze mille selon les recherches plus récentes de Michèle Audin.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.