Les cosaques auraient lancé ici le mot "Bistrot", qui signifie "vite" en russe, pendant l'occupation de 1814

Restaurant "À la Mère Catherine" (de 1793)

 6 rue Norvins - 18e arr. (ancien presbytère)

Les cosaques à Paris 1814-1815

Les cosaques auraient lancé ici le mot "Bistrot", qui signifie "vite" en russe, pendant l'occupation de 1814 ; mais une autre tradition le lie à la consommation de "bistrouille", un café arrosé.

Le 30 mars 1814, pendant que Joseph Bonaparte signe la capitulation de Paris au Château Rouge et que les élèves de Polytechnique se battent au Père-Lachaise, des cosaques du général Langeron occupent la butte Montmartre. Certains s'attablent au restaurant À la Mère Catherine, 6 rue Norvins, tenu depuis 1793 par Catherine Lamothe.

C'est là, selon la tradition montmartroise, que serait né le mot bistrot. Pressés de repartir, les soldats russes auraient crié bystro !vite ! en russe — à la patronne pour qu'elle serve plus rapidement. Le mot aurait glissé dans l'argot parisien, puis dans la langue.

L'histoire est belle. Elle est aussi presque certainement fausse.

Les linguistes ont relevé que le mot bistrot n'apparaît dans aucun texte français avant 1884 — soit soixante-dix ans après l'occupation cosaque. Difficile d'imaginer qu'un mot d'argot populaire ait attendu sept décennies pour être attesté à l'écrit. La piste concurrente, que Philippe notait dans sa fiche, est plus solide : bistrot dériverait de bistrouille, un café allongé d'alcool bon marché, boisson populaire des campagnes du Nord. Ou peut-être de bistingo, un petit cabaret de bas étage.

À la Mère Catherine existe toujours, place du Tertre — un des plus vieux restaurants de Paris, fondé l'année même où Louis XVI montait à l'échafaud. Il accueille surtout des touristes aujourd'hui, et la plaque qui rappelle l'étymologie cosaque est fièrement visible sur la façade. L'histoire inexacte a parfois plus de vie que l'histoire vraie.

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