Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin

Demeure de Georges Jacques Danton (donnant alors sur la rue Marat)

 130 boulevard Saint Germain - 6e arr. (emplacement de la statue, 2ème étage, débouchant au 28-30 rue des Cordeliers)

Le procès de Danton

Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers"

Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du 130 boulevard Saint-Germain — la rue s'appelait alors rue des Cordeliers, puis rue Marat. Georges Danton dort encore. Sa jeune femme Louise Gély est à ses côtés. Les agents du Comité de sûreté générale sont là pour l'arrêter.

Il ne s'enfuit pas. On lui en avait donné l'occasion — des amis l'avaient prévenu, des chevaux de poste étaient disponibles. Il avait refusé, avec cette phrase que Philippe avait notée dans sa fiche : "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers."

Danton était l'un des hommes de la Révolution. Il avait contribué à renverser la monarchie, à organiser la défense nationale en septembre 1792, à fonder le Tribunal révolutionnaire — l'instrument qui allait maintenant le juger. Depuis plusieurs mois, il appelait à modérer la Terreur, à clémence, à en finir avec les exécutions en masse. Robespierre et Saint-Just y voyaient une trahison.

Le procès est une mascarade — Danton le transforme en tribune, rugit, domine la salle au point que le Tribunal finit par suspendre les débats pour le faire taire. Il est guillotiné le 5 avril avec Camille Desmoulins et leurs amis. Sa dernière parole au bourreau, selon la tradition : "Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine."

Dix semaines plus tard, Robespierre passait à son tour sous la lame.