🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
Couverture — Les Exagérés
Bibliographie

Les Exagérés

VILAR Jean-François
Seuil collection Points, 1989.
38 Fiches citant cet ouvrage
1989 Édition

Fiches citant cet ouvrage

38 fiches
Événement
1789
12 juillet 1789 — Demeure et cabinet des figures de cire de Curtius
24
Voir la fiche →
Événement
1791
2 avril 1791 — Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau (chez Julie Careau)/Plaque de Chénier
p 49
Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi. Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois …

Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi.

Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois : libertin scandaleux, fils emprisonné sur lettre de cachet par son propre père, publiciste génial, tribun de l'Assemblée nationale dont la voix faisait trembler les murs. Lorsqu'en 1789 le marquis de Dreux-Brézé était venu signifier aux députés du Tiers État l'ordre royal de se disperser, c'est Mirabeau qui avait répondu : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." La formule avait fait le tour de l'Europe.

Ce que Paris ne savait pas, c'est que depuis des mois Mirabeau vendait ses services au roi — il percevait une pension secrète de la Cour en échange de conseils politiques. Il mourait au moment où cette double vie commençait à être soupçonnée. Sa corruption ne fut révélée qu'en 1793, quand on découvrit ses papiers dans l'armoire de fer de Louis XVI.

Le jour même de sa mort, l'Assemblée crée le Panthéon — l'église Sainte-Geneviève transformée en temple républicain pour abriter les grands hommes. Mirabeau en est le premier habitant. Il y restera jusqu'en 1793, quand la découverte de ses lettres au roi le fera expulser sans cérémonie.

Sur la façade du 42 rue de la Chaussée d'Antin, une plaque porta longtemps ces vers d'André Chénier : "L'âme de Mirabeau s'exhala dans ces lieux. Hommes libres, pleurez ! tyrans, baissez les yeux !"

Voir la fiche →
Événement
1792
3 septembre 1792 — Café de la Petite Chaise
p 58
Le 3 septembre 1792, durant les massacres de Septembre à Paris, la princesse de Lamballe, Marie-Thérèse Louise de Savoie Carignan, fut victime d'une violence extrême. Elle fut arrachée de sa cellule à la prison de la Pet …

Le 3 septembre 1792, durant les massacres de Septembre à Paris, la princesse de Lamballe, Marie-Thérèse Louise de Savoie Carignan, fut victime d'une violence extrême. Elle fut arrachée de sa cellule à la prison de la Petite-Force, jugée par un tribunal populaire, et finalement jetée à la foule. Après avoir été blessée et humiliée, elle fut tuée et sa tête fut tranchée puis exposée publiquement.

Voir la fiche →
Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
p 64
Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robesp …

Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robespierre a signé la pétition pour la déchéance du roi — il risque d'être pris. Jeanne-Marie Roland et son mari Jean-Marie passent à son logement de la rue de Saintonge, dans le Marais, pour lui proposer une cachette. Il est déjà parti.

Il est chez les Duplay. Maurice Duplay est menuisier-ébéniste, rue Saint-Honoré — une maison à deux pas du club des Jacobins que Robespierre fréquente assidûment depuis des mois. La famille l'installe dans une chambre simple, donnant sur la cour. Il y a là Duplay et sa femme, leurs filles — dont Éléonore, que l'entourage tient pour la compagne officieuse de l'Incorruptible.

Robespierre ne s'installe pas « pour quelques jours ». Il reste. Pendant trois ans, la maison Duplay sera son seul logement parisien. Il y reçoit des visiteurs, rédige ses discours, travaille sous le bruit des ateliers en contrebas. Les Duplay le couvent avec une dévotion qui tient autant de la conviction républicaine que de l'attachement familial.

Ces trois années voient Robespierre passer de député radical en survie à membre tout-puissant du Comité de salut public. La chambre de la rue Saint-Honoré est son ancre dans une période où tout le reste — les institutions, les alliances, les têtes — change sans cesse. Le 9 Thermidor an II — 27 juillet 1794 —, il quitte la maison Duplay pour se rendre à la séance de la Convention. Il ne revient pas. Arrêté dans la soirée, il est guillotiné le lendemain place de la Révolution.

La maison des Duplay a depuis disparu. Une plaque marque aujourd'hui l'emplacement de la porte où il était entré, ce soir de juillet 1791, en fuyard.

Voir la fiche →
Événement
1794
23 mai 1794 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
p 65
Tentative présumée d'assassinat contre Robespierre le 4 prairial an III. Elle aurait avoué avoir voulu "voir comment était fait un tyran". Toute sa famille sera guillotinée avec elle et 54 personnes en tout seront compri …

Tentative présumée d'assassinat contre Robespierre le 4 prairial an III. Elle aurait avoué avoir voulu "voir comment était fait un tyran". Toute sa famille sera guillotinée avec elle et 54 personnes en tout seront comprises dans la même fournée

Voir la fiche →
Événement
1792
21 septembre 1792 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
p 67
Voir la fiche →
Événement
1792
22 septembre 1792 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
p 67
Le lendemain de l'abolition de la royauté, la Convention n'a plus qu'à nommer ce qui n'a pas encore de nom : elle vote la République, et le monde change de date. Le 21 septembre, la royauté a été abolie par acclamation. …

Le lendemain de l'abolition de la royauté, la Convention n'a plus qu'à nommer ce qui n'a pas encore de nom : elle vote la République, et le monde change de date.

Le 21 septembre, la royauté a été abolie par acclamation. Le 22 septembre 1792, la Convention prend acte de ce qui en découle : il n'y a plus de roi, il doit donc y avoir une République. Le mot est prononcé. La France est officiellement une République. Ce n'est pas une proclamation solennelle avec discours et cérémonie : c'est un acte juridique simple, presque laconique. Tous les actes publics seront désormais datés "de l'an premier de la République française."

Ce dernier point est capital. Le calendrier lui-même est révolutionné. L'an I commence non pas le 22 septembre, mais à compter de minuit le 21 septembre, heure de l'équinoxe vrai d'automne calculé par l'Observatoire de Paris. La date de l'équinoxe coïncide avec celle de la première séance de la Convention : la République naît au moment exact où le jour et la nuit s'égalisent sur la Terre. L'astronomie et la politique s'accordent. Le temps lui-même change de régime.

Le calendrier républicain, qui entrera pleinement en vigueur en 1793, est l'œuvre de Fabre d'Églantine et de plusieurs astronomes. Il divise l'année en douze mois de trente jours, nommés d'après les réalités naturelles des saisons françaises : Vendémiaire, Brumaire, Frimaire ; Nivôse, Pluviôse, Ventôse ; Germinal, Floréal, Prairial ; Messidor, Thermidor, Fructidor. Cinq jours complémentaires, les sans-culottides, complètent l'année.

Changer le calendrier, c'est refuser de partager le temps de la monarchie et de l'Église. C'est imposer un temps nouveau, universel et rationnel, débarrassé des saints et des rois. Cette rupture chronologique est une rupture anthropologique : la République ne date pas du même monde que la royauté.

Le calendrier républicain sera en usage jusqu'au 1er janvier 1806, date à laquelle Napoléon le supprimera. Mais Germinal, Thermidor, Fructidor continueront de désigner, dans la mémoire des historiens, les journées qui ont fait et défait la Révolution. Le temps de la République reste dans la langue longtemps après avoir quitté les almanachs.

Voir la fiche →
Événement
1785
1785 — Cabinet des figures de cire de Curtius
p 93 & 161
Création du premier cabinet de figures de cire de Curtius, où il présentait des bustes de personnages politiques ; la future Mme Tussaud y fit son apprentissage
Voir la fiche →
Événement
1790
30 novembre 1790 — Demeure de Jacques-René Hébert
p 93
Hébert commence la publication du Père Duchesne, initié par Lemaire qui publiait "Les lettres bougrement patriotiques du père Duchesne" et "La trompette du père Duchesne"
Voir la fiche →
Événement
Événement
1886
1886 — Musée Grévin (scène du Cabinet fantastique)
p 114-115
Voir la fiche →
Événement
1892
28 octobre 1892 — Musée Grévin (Cabinet fantastique)/Théâtre optique
p 114-115
Il a peint à la main des milliers d'images sur une bande perforée, il les projette devant un public payant : le cinéma d'animation naît trois ans avant le cinéma. Charles-Émile Reynaud est né en 1844. Photographe, profes …

Il a peint à la main des milliers d'images sur une bande perforée, il les projette devant un public payant : le cinéma d'animation naît trois ans avant le cinéma.

Charles-Émile Reynaud est né en 1844. Photographe, professeur de sciences, bricoleur de génie, il invente en 1877 le praxinoscope, jouet optique perfectionnant le zootrope, qui donne l'illusion du mouvement par un jeu de miroirs. Il le perfectionne pendant quinze ans.

Le Théâtre optique, breveté en 1888, est l'aboutissement. Il combine des miroirs tournants, une lanterne de projection et surtout une longue bande souple sur laquelle Reynaud a peint à la main, image par image, des centaines de dessins colorés. La bande est perforée sur ses bords et entraînée par des ergots métalliques : c'est la solution technique que le cinéma reprendra. Les images sont projetées par transparence sur un écran, tandis qu'un second projecteur fournit le décor fixe.

Le 28 octobre 1892, la première séance de ses "Pantomimes lumineuses" a lieu au Cabinet fantastique du musée Grévin, 10 boulevard Montmartre dans le 9e arrondissement. Trois bandes sont projetées : "Un bon bock," "Le Clown et ses chiens," et "Pauvre Pierrot," peint en 1891. Gaston Paulin accompagne au piano une musique originale, la première musique de film de l'histoire.

C'est la première projection publique et payante d'images animées sur grand écran, trois ans avant la séance des frères Lumière au Grand Café en décembre 1895. Jusqu'en mars 1900, plus d'un demi-million de spectateurs y assisteront.

Le cinématographe le ruine. La photographie animée est plus rapide à produire, plus rentable, plus réaliste que des dessins peints un par un. Reynaud, désespéré, jette en 1910 son matériel et ses bandes dans la Seine. "Pauvre Pierrot" et "Autour d'une cabine" ont survécu. Il meurt en 1918 à l'asile d'Ivry, dans la misère.

Le 28 octobre est aujourd'hui la Journée mondiale du cinéma d'animation.

Voir la fiche →
Événement
1794
31 mars 1794 — Demeure de Georges Jacques Danton (donnant alors sur la rue Marat)
p 119-120
Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers" Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du …

Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers"

Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du 130 boulevard Saint-Germain — la rue s'appelait alors rue des Cordeliers, puis rue Marat. Georges Danton dort encore. Sa jeune femme Louise Gély est à ses côtés. Les agents du Comité de sûreté générale sont là pour l'arrêter.

Il ne s'enfuit pas. On lui en avait donné l'occasion — des amis l'avaient prévenu, des chevaux de poste étaient disponibles. Il avait refusé, avec cette phrase que Philippe avait notée dans sa fiche : "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers."

Danton était l'un des hommes de la Révolution. Il avait contribué à renverser la monarchie, à organiser la défense nationale en septembre 1792, à fonder le Tribunal révolutionnaire — l'instrument qui allait maintenant le juger. Depuis plusieurs mois, il appelait à modérer la Terreur, à clémence, à en finir avec les exécutions en masse. Robespierre et Saint-Just y voyaient une trahison.

Le procès est une mascarade — Danton le transforme en tribune, rugit, domine la salle au point que le Tribunal finit par suspendre les débats pour le faire taire. Il est guillotiné le 5 avril avec Camille Desmoulins et leurs amis. Sa dernière parole au bourreau, selon la tradition : "Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine."

Dix semaines plus tard, Robespierre passait à son tour sous la lame.

Voir la fiche →
Événement
1792
avril 1792 — Atelier du facteur de clavecins Tobias Schmidt
p 121-122
Hangar où fut fabriquée la première guillotine, appelée dans un premier temps la Louison, ou la Louisette du nom de celui qui l'avait conçue ; Guillotin n'en ayant été que le promoteur devant l'Assemblée
Voir la fiche →
Événement
1791
14 octobre 1791
p 122
Il a arraché un portefeuille dans une rue du quartier Bonne-Nouvelle ; six mois plus tard, son nom entre dans l'histoire pour une raison qui ne le concerne pas. Le 14 octobre 1791, rue de la Ville-Neuve, dans l'actuel 2e …

Il a arraché un portefeuille dans une rue du quartier Bonne-Nouvelle ; six mois plus tard, son nom entre dans l'histoire pour une raison qui ne le concerne pas.

Le 14 octobre 1791, rue de la Ville-Neuve, dans l'actuel 2e arrondissement, Nicolas Jacques Pelletier agresse un passant et tente de lui dérober son portefeuille contenant des assignats. Il est arrêté. Le fait est banal, l'homme est un voleur ordinaire.

Ce qui ne l'est pas, c'est ce qui se passe pendant que dure son procès. La Constituante a aboli les supplices d'Ancien Régime et posé le principe de l'égalité des peines : "Tout condamné à mort aura la tête tranchée." Décapitation pour tous, alors que la décollation à l'épée était jusque-là un privilège nobiliaire et la pendaison le sort des roturiers. Mais l'égalité proclamée bute sur la technique : les bourreaux ne savent pas trancher proprement au sabre, et les exécutions manquées sont des supplices.

Le docteur Joseph Ignace Guillotin, député et médecin, plaide pour une machine. Son intention est philanthropique : rendre la mort instantanée, identique pour tous, sans souffrance ni spectacle de boucherie. La machine est conçue par le docteur Antoine Louis, secrétaire de l'Académie de chirurgie, et construite par le facteur de clavecins allemand Tobias Schmidt. Elle est essayée sur des cadavres à Bicêtre.

Le 25 avril 1792, Nicolas Jacques Pelletier est exécuté place de Grève. C'est la première mise en œuvre de la guillotine. La foule, habituée depuis des siècles à des supplices longs et spectaculaires, est déçue par la rapidité de l'opération. Une chanson circule le lendemain : "Rendez-moi ma potence de bois."

Guillotin passera le reste de sa vie à tenter de faire oublier que son nom désignait une machine à tuer, et sa famille demandera vainement qu'elle change d'appellation. L'instrument conçu pour humaniser la peine de mort servira à décapiter seize mille personnes sous la Terreur, puis fonctionnera en France jusqu'au 10 septembre 1977. La peine de mort sera abolie en 1981.

Voir la fiche →
Événement
1792
Événement
Événement
1792
1792 — Couvent des Filles-Dieu/Section Bonne-Nouvelle
p 150-151
Voir la fiche →
Événement
Date imprécise
p 153
Ruban marquant la démarcation entre zone ouverte au public et jardins du palais, surveillée par des gardes-suisses ; Zone de la Nation et zone de Coblence
Voir la fiche →
Événement
1770
1770 — Hôtel d'Aligre/Atelier de Curtius
p 161
Premier atelier de Curtius, anatomiste et barbier invité par Conti, devenu sculpteur sur cire
Voir la fiche →
Événement
1782
1782 — La Caverne des grands voleurs/Cabinet des figures de cire de Curtius/Boulevard du Crime
p 209-210
Second cabinet de figures de cire de Curtius, présentant des reproductions de crimes fameux et une "chambre des horreurs" ; possible origine du surnom du boulevard
Voir la fiche →
Événement
1835
28 juillet 1835 — Appartement loué par Giuseppe Fieschi
p 210 ?
Attentat manqué de Fieschi contre Louis-Philippe à l'aide d'une machine infernale ; il fait 19 morts. Fieschi avait travaillé comme indicateur pour le préfet Baude
Voir la fiche →
Événement
1794
14 mars 1794 — Imprimerie de Jacques-René Hébert
p 227-228
Dans la nuit du 13 au 14 mars 1794, les gendarmes du Comité de sûreté générale se présentent au 9 rue des Forges, dans la cour des Forges de Bonne-Nouvelle. C'est ici, dans un lacis de ruelles héritées de l'ancienne Cour …

Dans la nuit du 13 au 14 mars 1794, les gendarmes du Comité de sûreté générale se présentent au 9 rue des Forges, dans la cour des Forges de Bonne-Nouvelle. C'est ici, dans un lacis de ruelles héritées de l'ancienne Cour des Miracles, qu'Hébert a installé depuis quelques mois l'imprimerie du Père Duchesne. Depuis le numéro 313, la feuille ne porte plus l'adresse de la rue Neuve-de-l'Égalité : elle s'est déplacée de quelques pas vers cette cour plus discrète, sans quitter le quartier Bonne-Nouvelle où ses crieurs l'écoulent à des dizaines de milliers d'exemplaires.

Cette nuit-là, c'est fini. Hébert et Ronsin sont arrêtés. Dix jours plus tôt, le 4 mars, les Cordeliers avaient voilé de noir la Déclaration des droits et appelé à l'insurrection contre la Convention — un geste théâtral qui n'avait pas été suivi d'actes. Robespierre et Saint-Just n'ont pas attendu davantage. L'arrestation est l'aboutissement d'un amalgame soigneusement préparé par Fouquier-Tinville : chefs cordeliers, militants de sections et suspects étrangers sont mêlés en une seule et même « conspiration ».

Le procès s'ouvre le 21 mars. Le 24, au soir, dix-neuf condamnés montent sur la charrette. Hébert, qui avait accompagné tant d'autres à l'échafaud avec ses grandes colères imprimées, doit être traîné de force jusqu'à la guillotine. Les presses de la rue des Forges se taisent avec lui — le numéro 358 sera le dernier.

Voir la fiche →
Événement
1870
24 novembre 1870 — Demeure de Lautréamont
p 264-265
Mort d'Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont, auteur des "Chants de Maldoror", à 24 ans
Voir la fiche →
Événement
1792
1792 — Logement du Maire de Paris (annexe de la Maison Commune)/Comité de Surveillance de la Commune
p 283
Voir la fiche →
Événement
1792
2 septembre 1792
p 283
Prise à parti de prêtres réfractaires que l'on transférait à la prison de l'Abbaye, devant le bureau de recrutement des volontaires du carrefour de Bucy, épisode initial des massacres de septembre. Seul l'abbé Sicard est …

Prise à parti de prêtres réfractaires que l'on transférait à la prison de l'Abbaye, devant le bureau de recrutement des volontaires du carrefour de Bucy, épisode initial des massacres de septembre. Seul l'abbé Sicard est épargné

Voir la fiche →
Événement
1792
1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés
p 283-284
Voir la fiche →
Événement
1792
2 septembre 1792 — Logement du Maire de Paris (annexe de la Maison Commune transformée en prison)/Massacres de Septembre
p 283
Ce ne sont pas des tueurs mais des patriotes, du moins c'est ce qu'ils se disent sur le chemin des prisons. Le 2 septembre 1792, en début d'après-midi, une charrette transportant vingt-quatre prêtres réfractaires quitte …

Ce ne sont pas des tueurs mais des patriotes, du moins c'est ce qu'ils se disent sur le chemin des prisons.

Le 2 septembre 1792, en début d'après-midi, une charrette transportant vingt-quatre prêtres réfractaires quitte le logement du maire de Paris pour gagner la prison de l'Abbaye. Au carrefour de Buci, où s'est installé un bureau de recrutement pour les volontaires partant à la frontière, la foule arrête le convoi. Les gardes qui escortent les prisonniers s'écartent ou n'interviennent pas. Les prêtres sont massacrés sur place. L'abbé Sicard, reconnu par un artisan qui était son élève, sera le seul à être épargné. C'est le début des Massacres de Septembre.

Le contexte qui produit cette explosion est d'une intensité extrême. Les armées austro-prussiennes envahissent le nord-est de la France depuis août. Longwy est tombée le 23, Verdun est sur le point de tomber. La rumeur d'une trahison intérieure court partout : les prisons de Paris, dit-on, seraient remplies de conspirateurs royalistes prêts à livrer la ville dès que les armées de défense auraient quitté la capitale. Des milliers de volontaires s'apprêtent à partir le lendemain pour le front. Certains entendent s'assurer que les ennemis de l'intérieur ne frapperont pas dans leur dos.

Le Comité de surveillance de la Commune insurrectionnelle, où siège Marat, a diffusé des circulaires appelant les provinces à imiter Paris. Maillard, héros de la marche sur Versailles en 1789, organise à la prison de l'Abbaye un simulacre de tribunal populaire : les prisonniers défilent un par un, acquittés ou condamnés sur-le-champ, précipités vers les sabres qui attendent dans la cour. Le même procédé s'installe aux Carmes, à la Force, à la Conciergerie, à la Salpêtrière, à Bicêtre.

Les massacres dureront quatre jours. Entre 1 100 et 1 400 personnes périssent, parmi lesquelles des prêtres réfractaires, des nobles, des gardes suisses et des prisonniers de droit commun. Les victimes ne sont pas toutes des contre-révolutionnaires : beaucoup n'ont commis aucun crime, sinon d'être enfermées au mauvais moment dans les mauvaises prisons. La princesse de Lamballe, ancienne amie de Marie-Antoinette, est tuée le 3 septembre à la prison de la Force et sa tête promenée sur une pique.

Ni légitimés par la loi ni planifiés par un seul comité, les massacres de Septembre furent le produit d'une terreur populaire spontanée qu'aucun des chefs révolutionnaires en vue n'osa arrêter : chacun craignait d'être accusé de défendre les traîtres, chacun préféra se taire. L'histoire de la Révolution française porte cette tache, et les historiens la portent avec elle.

Voir la fiche →
Événement
1792
2 septembre 1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Massacres de Septembre
p 283-284
Voir la fiche →
Événement
1792
Événement