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5e & 13e arr.
Voie · Traverse 2 arrondissements

Avenue des Gobelins

De rue Monge, 123, et rue Claude Bernard. à place d'Italie, 1.
Quartiers Croulebarbe · Jardin des Plantes · Salpêtrière · Longueur ≈ 765 m
≈ 765 m
Longueur
2
Arrondissements
3
Quartiers
⚑ Cette rue traverse : 5 e arr. & 13 e arr.
I

Histoire de la rue

L'avenue des Gobelins tire son nom de la manufacture qui la borde au numéro 42, et cette manufacture elle-même doit tout à une famille de teinturiers : les Gobelin. C'est aux alentours de 1443 que des artisans florentins s'installent sur les rives de la Bièvre et y fondent une teinturerie réputée pour ses rouges écarlates d'une intensité rare. Jehan Gobelin donne son nom à l'affaire, et la réputation du lieu ne se démentira jamais. En 1601, on y tisse déjà des tapisseries dans les bâtiments de l'ancienne teinturerie familiale ; puis en 1667, Colbert y installe la Manufacture royale des meubles et tapisseries, placée sous la direction artistique de Charles Le Brun. Louis XIV vient en personne admirer les ateliers. Le nom de Gobelins devient synonyme de faste.

Mais le sol de l'avenue est plus ancien encore que la manufacture. Au numéro 47, une borne réemployée comme sarcophage porte la première mention connue du nom de Paris : civitas Parisiorum, « cité des Parisiens » — vestige gallo-romain qui repose là, muet, sous les pas des promeneurs. Plus loin, aux numéros 27–29, la tradition situe la mort et l'inhumation de saint Marcel, évêque dont le souvenir marqua durablement l'implantation du christianisme à Paris. Le quartier Saint-Marcel, faubourg turbulent, ne perdra jamais tout à fait ce caractère de marge agitée : en 1792, des émeutes de subsistance éclatent dans le voisinage, signe des tensions qui traversent la ville à l'heure où la Révolution bascule.

L'avenue elle-même ne reçoit son nom officiel et son tracé définitif que par l'arrêté du 3 septembre 1869, en plein chantier haussmannien. Mais à peine ouverte, elle entre dans la tourmente : en 1871, la manufacture des Gobelins devient un nœud stratégique de la Commune. Le quartier général de la 13e légion de la garde nationale fédérée s'y installe ; le général Émile Duval y établit son état-major ; des bataillons dissidents y saisissent plus d'un million de cartouches. Lors de la Semaine sanglante, une barricade au numéro 25 fait l'objet de violents combats, tandis que la manufacture est partiellement incendiée pour couvrir le repli des Fédérés — et des combattants, en priorité déserteurs et étrangers enrôlés dans la Commune, y sont massacrés.

L'avenue reste, après la défaite, un terrain d'agitation discrète. Entre 1908 et 1914, le 63 accueille le club et la bibliothèque des socio-démocrates russes du POSDR ; Lénine y donne une conférence sur « le parti ouvrier et les religions » en 1909. Au numéro 68, la façade d'un théâtre porte, à ses tout débuts, la marque d'Auguste Rodin. Une avenue en apparence bourgeoise, mais où l'histoire se glisse dans chaque numéro.

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II

Fiches

31 fiches · 12 adresses
23–25
23–25 avenue des Gobelins
Carrefour des Gobelins
1 fiche
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Manifestation interdite pour le 14 juillet 1944, regroupant 5 000 personnes, protégée par des FTP ostensiblement armés
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25
25 avenue des Gobelins (numéro incertain)
Barricade pendant la Semaine sanglante
1 fiche
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27–29
27–29 avenue des Gobelins
Église St Marcel/Fbg St Marcel ou St Marceau
3 fiches
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42
42 avenue des Gobelins
Manufacture des Gobelins
11 fiches
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Incendie partiel de la Manufacture des Gobelins pour protéger le repli des Fédérés. 238 bâtiments en tout furent incendiés dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Personnage(s) : Joseph Cayol
Le quartier général de la 13ème légion de la garde nationale fédérée s'installe dans la manufacture des Gobelins
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Personnage(s) : Walery Wróblewski
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Personnage(s) : Fédérés
Les gardes nationaux dissidents des 101, 102, 104 et 184ème bataillons s'emparent de plus d'un million de cartouches entreposées dans la manufacture des Gobelins depuis le siège
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Les Insurgés, repoussés par les troupes de la répression, se retranchent dans la manufacture des Gobelins
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Personnage(s) : Insurgés de Juin 1848
47
47 avenue des Gobelins
Borne milliaire
1 fiche
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Première mention du nom de Paris, "civitas Parisiorum", "cité des Parisiens", sur une borne de la voie de Sens ou de Reims réutilisée comme sarcophage, conservée au musée Carnavalet
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Personnage(s) : Maximin Daïa
58
58 avenue des Gobelins
Concert de la Fauvette/Concert Pacra/Concert de l'Eden
1 fiche
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61
61 ou 63 avenue des Gobelins
Bureau du Travail/Caisse des Émigrés russes
1 fiche
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Lénine donne une conférence sur "le parti ouvrier et les religions"
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Personnage(s) : Lénine
63
63 avenue des Gobelins
Local du Mouvement de libération des femmes (MLF)
5 fiches
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Entre 1908 et 1914, le 63 avenue des Gobelins accueillait le club et la bibliothèque des socio-démocrates russes (POSDR), lieu de rassemblement politique et culturel pour l’émigration révolutionnaire. Cette antenne parisienne du Parti ouvrier social-démocrate de Russie servait à la diffusion des idées marxistes, à la formation militante et à l’organisation de débats, lectures publiques et échanges intellectuels entre exilés. Bibliothèque, archives et séances éducatives y favorisaient la structuration politique des groupes russes, en lien avec les figures du POSDR, notamment Buonarroti et les réseaux internationalistes présents à Paris sous la Troisième République.
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Sans numéro
Sur la voie, sans adresse précise
4 fiches
Manifestation organisée pour le 14 juillet par les militants du PCF et du Front uni de la Jeunesse, à la veille de la Libération ; 5 000 manifestants
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Rencontre entre Maurice Thorez et Jeannette Vermeersch après le limogeage de celle-ci
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Personnage(s) : Jeanne Vermeersch ·Maurice Thorez
Palissy découvre l'origine sédimentaire du calcaire parisien, une théorie qui sera longtemps rejetée à l'époque, y compris par Voltaire
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III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution