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Couverture — Dictionnaire historique de la Révolution Française
Bibliographie

Dictionnaire historique de la Révolution Française

SOBOUL Albert
PUF, 1989.
40 Fiches citant cet ouvrage
1989 Édition

Fiches citant cet ouvrage

40 fiches
Événement
1795
Événement
1796
8 mai 1796 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
p 65
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Hôtel de Nevers/Palais Mazarin/Bourse des valeurs
p 93
Fermeture de la bourse des valeurs, en même temps que 40 barrières sont incendiées. Les banquiers s'enrôlent avec leur personnel dans la garde bourgeoise ; cette révolution est évidemment la leur
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 93-94
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1659
1659 — Demeure de Charles de Baatz-Castelmore d'Artagnan
p 96-97
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Événement
1793
21 janvier 1793 — Château de Bagnolet/Pavillon de l'Ermitage (appartenant à Batz depuis 1787)
p 96-97
Siège des conjurés de Charonne, qui préparent une tentative pour faire évader Louis XVI. Ils tenteront ensuite de même avec Marie-Antoinette avec le "complot de l'Œillet". Dans les deux cas ce sera un échec
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Événement
1793
21 janvier 1793 — Rue des Degrés
p 96-97
Tentative d'enlèvement de Louis XVI pour le soustraire à la guillotine, par 25 conjurés, alors que d'autres étaient prévus mais avaient été "empêchés" suite à des indiscrétions suivies d'arrestations. Six seront sabrés. …

Tentative d'enlèvement de Louis XVI pour le soustraire à la guillotine, par 25 conjurés, alors que d'autres étaient prévus mais avaient été "empêchés" suite à des indiscrétions suivies d'arrestations. Six seront sabrés. Batz parviendra à s'enfuir

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Événement
1790
19 septembre 1790
p 212-213
Au Champ de Mars, ce jour-là, Paris prend le deuil de soldats punis pour avoir voulu la liberté, et leur bonnet rouge devient le symbole de la République. En août 1790, la garnison de Nancy entre en ébullition. Le régime …

Au Champ de Mars, ce jour-là, Paris prend le deuil de soldats punis pour avoir voulu la liberté, et leur bonnet rouge devient le symbole de la République.

En août 1790, la garnison de Nancy entre en ébullition. Le régiment suisse de Châteauvieux, mal payé et gagné par l'esprit révolutionnaire, se soulève contre ses officiers, s'empare de la caisse régimentaire et emprisonne ses commandants. Deux autres régiments rejoignent le mouvement. Mais le Gouvernement constitutionnel tremble : permettre l'insubordination militaire serait reconnaître que la Révolution peut remettre en cause la hiérarchie de l'armée. Le marquis de Bouillé reçoit ordre d'intervenir. La Fayette, commandant de la Garde nationale, cautionne.

La répression est sévère. Vingt-deux soldats sont pendus. Quarante et un autres sont condamnés aux galères : trente ans de bagne à Brest, enchaînés parmi les forçats de droit commun, astreints au bonnet rouge distinctif des galériens du roi. Pour les Jacobins de gauche, les Cordeliers, les clubs populaires de Paris, ce verdict est un scandale : ce sont des soldats révolutionnaires que l'on traite comme des criminels.

Le 19 septembre 1790, une cérémonie funèbre se tient au Champ de Mars pour honorer les condamnés. La solennité est politique autant que symbolique. Dans la foule des sections et des clubs, un geste s'accomplit : par solidarité avec les galériens de Châteauvieux, des militants parisiens commencent à arborer le bonnet rouge. Ce bonnet de bagnard, coiffure infamante aux yeux de l'Ancien Régime, devient ce jour-là le bonnet de la liberté.

Le détour par l'Antiquité viendra ensuite. Les érudits de la Révolution reconnaissent dans ce bonnet l'héritier du pileus des affranchis romains, coiffure des esclaves libérés dans le monde gréco-romain. Le rapprochement avec le bonnet phrygien des représentations allégoriques s'impose. L'objet populaire et subversif se charge d'un prestige antique, qui en fait un symbole acceptable jusque dans les allégories officielles. En 1792, quand les galériens de Châteauvieux survivants arrivent à Paris après vingt-cinq jours de marche depuis Brest, graciés après la chute des Feuillants, la ville entière les accueille en triomphe avec leur bonnet rouge. Ce symbole coiffera désormais les bustes de Marianne.

Le déclin de La Fayette commence ici. L'homme de la Fête de la Fédération perd progressivement crédit auprès des sections. Il commandait la Garde nationale qui cautionnait la répression de Nancy ; il commandera la Garde nationale qui tirera sur le peuple au Champ-de-Mars en juillet 1791. Entre ces deux dates, une continuité politique que les sans-culottes ne lui pardonneront pas.

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Événement
1792
février 1792 — Café Procope/Jeu de boules de Malus
p 212-213
Jullian de Carentan est le premier à adopter le port du bonnet phrygien, en souvenir des gardes-suisses de Nancy envoyés au bagne, où les détenus portaient un bonnet rouge
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Événement
1795
1795 — Demeure de Jean-Louis Gibert des Molières/Club de Clichy
p 231-232
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Événement
Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
p 293-294
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Événement
1791
16 mai 1791 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris/Club des Cordeliers/Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen
p 293
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Événement
1796
17 août 1796 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés
p 370-371
L'homme qui avait arrêté Louis XVI à Varennes finit par devoir fuir lui-même, poursuivi par les héritiers de la Révolution. Jean-Baptiste Drouet était maître de poste à Sainte-Ménehould le soir du 21 juin 1791, quand une …

L'homme qui avait arrêté Louis XVI à Varennes finit par devoir fuir lui-même, poursuivi par les héritiers de la Révolution.

Jean-Baptiste Drouet était maître de poste à Sainte-Ménehould le soir du 21 juin 1791, quand une lourde berline de voyage s'arrêta pour changer de chevaux. Il reconnut le voyageur en frac qui tentait de se faire passer pour un domestique : le profil figurait sur les assignats. Drouet galopa jusqu'à Varennes, fit barrer la route, et la fuite du roi se transforma en arrestation. Ce postier de province venait d'empêcher Louis XVI de rejoindre les armées contre-révolutionnaires à la frontière.

La célébrité nationale qui s'ensuivit lui ouvrit les portes de la politique. Élu à la Convention nationale, il siégea avec la Montagne et vota la mort du roi. Sous le Directoire, il entra au Conseil des Cinq-Cents. C'est là que sa trajectoire croisa celle de Gracchus Babeuf.

La Conjuration des Égaux, organisée par Babeuf en 1796, ambitionnait quelque chose de nouveau : non plus une révolution politique, mais la suppression de la propriété privée et l'égalité réelle des conditions. Le Directoire était la cible, jugé traître aux idéaux de 1789. Drouet n'était pas au cœur du complot, mais les conjurés se réunissaient chez lui, et ses sympathies jacobiennes étaient de notoriété publique. Le 10 mai 1796, le Directoire annonça la découverte de la conspiration et fit arrêter Babeuf et ses camarades.

Drouet fut également visé. Son cas posait un problème constitutionnel : comme député au Conseil des Cinq-Cents, il bénéficiait d'une immunité qui obligeait à le traduire devant la Haute Cour, compliquant ainsi le procès des babouvistes. Emprisonné à l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés (135-137 boulevard Saint-Germain, 6e arrondissement), il devint pendant l'été 1796 une question politique embarrassante.

Le 17 août 1796, Barras, directeur influent, facilita discrètement son évasion. Le calcul était net : éviter de faire de l'homme de Varennes un martyr supplémentaire, éviter aussi qu'un procès sensationnel n'illuminât une seconde fois la figure de Babeuf. Drouet gagna la Suisse, puis le Luxembourg. Babeuf et Darthé furent guillotinés à Vendôme le 27 mai 1797.

Drouet finit sa vie sous-préfet sous Napoléon. Il mourut en 1824, réconcilié avec l'ordre. L'homme qui avait arrêté Louis XVI avait failli tomber pour avoir voulu aller plus loin que la République bourgeoise.

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Événement
1792
Événement
1796
janvier 1796 — Hôtel de Juigné/Ministère de la Police
p 466
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Événement
1793
Événement
1778
1778 — Demeure d'Olympe de Gouges
p 512
Militante féministe, contre l'esclavage et pour le divorce, proche des Girondins
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Événement
1792
20 juin 1792
p 608
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1776
1776 — Petit Arsenal/Hôtel de la régie des Poudres/Laboratoire d'Antoine Laurent de Lavoisier
p 653
Constitution d'un groupe de jeunes chimistes autour de Lavoisier, auquel s'intéressent des scientifiques renommés
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Événement
1792
9 août 1792 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
p 654
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Demeure de Philippe Le Bas
p 654
Philippe Le Bas, arrêté avec Robespierre, se suicide à l'Hôtel de Ville
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Événement
1793
1793
p 688
Demeure de Louis Marie Lhuillier ou Lulier, candidat Montagnard à la mairie de Paris, complice du baron de Batz, suicidé dans sa cellule en Floréal 1793 alors qu'il avait été acquitté de l'accusation de dantonisme
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Événement
1795
26 février 1795 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 712
Le 26–27 février 1795, Jean‑Paul Marat sort une seconde fois de l’histoire révolutionnaire : après avoir été porté au Panthéon comme « grand homme », il en est discrètement retiré et enterré dans le cimetière tout proche …

Le 26–27 février 1795, Jean‑Paul Marat sort une seconde fois de l’histoire révolutionnaire : après avoir été porté au Panthéon comme « grand homme », il en est discrètement retiré et enterré dans le cimetière tout proche de Sainte‑Geneviève, dépendant de la paroisse Saint‑Étienne‑du‑Mont. Quelques mois plus tôt, en septembre 1793, la Convention montagnarde avait fait de l’« Ami du Peuple » un martyr officiel, digne de reposer aux côtés de Mirabeau ou de Voltaire. Mais, après Thermidor et la chute de Robespierre, le nouveau pouvoir veut effacer les symboles de la Révolution radicale : clubs fermés, sans‑culottes réprimés, statues et bustes déboulonnés.

La dépouille de Marat est donc descendue de la crypte du Panthéon et transférée au cimetière le plus proche, accolé à l’église Saint‑Étienne‑du‑Mont. Ce déplacement, apparemment administratif, s’accompagne dans les rues d’une véritable campagne de profanation symbolique : des bustes de Marat sont promenés, brisés, parfois jetés aux égouts par les « muscadins », ces jeunes bourgeois antijacobins qui se donnent en spectacle en attaquant tout ce qui rappelle la période sans‑culotte. C’est de là que vient la légende d’un Marat « jeté à l’égout » : ce sont ses effigies, plus que son corps, que la réaction thermidorienne précipite ainsi hors de l’espace public.

En retirant Marat du Panthéon pour le reléguer dans un cimetière de quartier, on referme le temple républicain sur une mémoire plus sage, débarrassée d’un journaliste fougueux trop lié aux journées d’août 1792, aux sans‑culottes et à la Terreur naissante. Le Panthéon, un temps ouvert à une figure issue du mouvement populaire, se recentre sur des profils jugés plus « présentables » par les nouvelles élites. Ce 26–27 février 1795, on enterre un corps, mais surtout un moment de la Révolution : celui où la parole enragée d’un médecin‑publiciste avait été élevée au rang de modèle national.

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Événement
1794
21 septembre 1794 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
p 712
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Événement
1789
1789
p 752
Imprimerie d'Antoine-François Momoro, un des principaux animateurs des Cordeliers, promoteur très pusillanime de la "loi agraire". Un des chefs de file de l'Hébertisme ; il sera guillotiné avec eux
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Événement
1788
1788 — Imprimerie d'Antoine-François Momoro
p 752
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Événement
1795
26 octobre 1795
p 906
On y avait guillotiné mille cent dix-neuf personnes en deux ans ; le dernier jour de son existence, la Convention décide qu'elle s'appellera désormais la Concorde. La place a été aménagée au milieu du XVIIIe siècle par G …

On y avait guillotiné mille cent dix-neuf personnes en deux ans ; le dernier jour de son existence, la Convention décide qu'elle s'appellera désormais la Concorde.

La place a été aménagée au milieu du XVIIIe siècle par Gabriel pour accueillir une statue équestre de Louis XV, et se nommait place Louis-XV. Le 11 août 1792, au lendemain de la chute de la monarchie, la statue royale est abattue et fondue. La place devient place de la Révolution. Le 10 août 1793, une allégorie de la Liberté en plâtre patiné, œuvre de Lemot, est installée à son emplacement : une figure assise tenant une lance et un globe, coiffée du bonnet phrygien.

C'est au pied de cette statue que fonctionne la guillotine. Louis XVI y est exécuté le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette le 16 octobre, les Girondins, Philippe Égalité, Madame Roland, Bailly, Danton et Desmoulins le 5 avril 1794, Robespierre, Saint-Just et Couthon le 28 juillet. Au total, mille cent dix-neuf condamnés y meurent entre 1793 et 1795. Madame Roland, montant à l'échafaud, se serait tournée vers la statue pour dire : "Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom."

Le 3 brumaire an IV, soit le 25 octobre 1795, dernier jour d'existence de la Convention nationale et veille de l'installation du Directoire, le gouvernement décide de rebaptiser la place. Elle devient place de la Concorde. La mesure est publiée le lendemain, 26 octobre. Le nom est un programme. La Convention thermidorienne qui se dissout veut clore la Révolution, réconcilier les Français, effacer la Terreur qu'elle a elle-même votée puis répudiée. Concorde contre Révolution : le mot est choisi contre l'autre.

Un détail contemporain rapporte qu'un couple de tourterelles avait fait son nid dans le globe tenu par la statue de la Liberté. L'image est devenue le symbole d'une page tournée. La statue de Lemot sera retirée en 1800. La place reprendra le nom de Louis-XV sous la Restauration, puis redeviendra Concorde. L'obélisque de Louxor y sera dressé en 1836, pour occuper d'un monument étranger un sol trop chargé.

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Événement
1792
13 octobre 1792
p 906
Première apparition de la guillotine place de la Révolution, pour l'exécution des voleurs des bijoux de la Couronne
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Événement
1789
juillet 1789 — Imprimerie du journal "Les Révolutions de Paris"
p 907-908
Périodique qui compta 223 numéros et qui tira jusqu'à 200 000 exemplaires ; auquel participèrent Fabre d'Églantine et Chaumette
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Événement
1790
2 février 1790 — Couvent des Capucins/Siège de la Société fraternelle des patriotes de l'un et l'autre sexe
p 988
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Événement
1792
1792 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris/Club des Cordeliers
p 1029
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Événement
1796
1 septembre 1796 — Église Ste Catherine (la place du Marché était la cour du couvent)
p 1029-1030
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Événement
1793
31 octobre 1793
p 1083-1085
Ils étaient les orateurs les plus brillants de la Révolution ; ils meurent en chantant, à raison d'une tête toutes les cent secondes. Ils étaient de la Révolution depuis le premier jour. Brissot avait fondé la Société de …

Ils étaient les orateurs les plus brillants de la Révolution ; ils meurent en chantant, à raison d'une tête toutes les cent secondes.

Ils étaient de la Révolution depuis le premier jour. Brissot avait fondé la Société des amis des Noirs et lancé la guerre contre les rois. Vergniaud avait prononcé les discours qui firent tomber la monarchie. Carra dirigeait les Annales patriotiques. Fauchet, évêque constitutionnel, prêchait un christianisme égalitaire au Cercle social.

Ils ont perdu contre la Montagne pour des raisons qui tiennent à la fois à la politique et à la géographie. Ils voulaient contenir Paris, dont les sections armées faisaient la loi ; ils s'opposaient au maximum des prix et aux mesures économiques réclamées par les sans-culottes ; ils avaient soutenu la guerre puis dénoncé la Terreur. Le 2 juin 1793, les sections encerclèrent la Convention et obtinrent leur arrestation.

Le procès s'ouvre le 24 octobre. Ils se défendent si efficacement que la Convention vote un décret permettant au président du tribunal de clore les débats. Le verdict tombe le 30 : vingt et un condamnés à mort. Dufriche-Valazé se poignarde à l'annonce.

Le 31 octobre 1793, ils sont conduits en charrettes place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde. Le corps de Valazé est transporté avec eux et décapité comme les autres. Les témoins rapportent qu'ils chantent La Marseillaise, et que le chant faiblit à mesure que les voix disparaissent.

L'exécution des vingt et un dure trente-six minutes. Sanson opère à une cadence de moins de deux minutes par condamné.

La guillotine parisienne fera au total deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-huit victimes, dont mille cent dix-neuf sur cette seule place. Neuf mois plus tard, ceux qui les ont envoyés à la mort y monteront à leur tour.

La Gironde n'était pas un parti mais un ensemble d'affinités et de réseaux. Sa chute laisse la Convention aux Montagnards, et les Montagnards seuls face à eux-mêmes.

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Événement
1792
1792 — Demeure de Pierre Victurnien Vergniaud (chez Mme Dodun)/Salon de Mme Dodun (où Pierre Victurnien Vergniaud réunit les Girondins)
p 1083-1085
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