Execution de Robespierre et de ses complices conspirateurs contre la Liberté et l'Egalité. BnF.
Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette.
À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient investi l'Hôtel de Ville. Augustin Robespierre avait sauté d'une corniche pour fuir et s'était fracturé les jambes. Couthon avait été retrouvé blessé dans un escalier. Saint-Just s'était rendu sans résister. Le Bas, lui, s'était tiré une balle dans la tête plutôt que d'être pris.
Les survivants furent conduits au Pavillon de Flore, siège du Comité de Salut public. Les thermidoriens répandirent le bruit que Robespierre avait tenté de se suicider ; le pistolet retrouvé sur lui n'était pas déchargé. Peu importait la vérité : il s'agissait de l'avilir avant de le tuer.
Mis hors la loi la veille par la Convention, les condamnés n'avaient pas droit à un procès. La simple identification de leur personne suffisait. Dans la matinée, ils furent transférés à la Conciergerie, quai de l'Horloge. Dans l'après-midi, la charrette traversa Paris.
Vingt-deux personnes furent guillotinées ce jour-là, place de la Révolution : Robespierre, Saint-Just, Couthon, Augustin Robespierre, le général Hanriot, le maire de Paris Fleuriot-Lescot, le président du Tribunal révolutionnaire Dumas, et quinze autres membres de la Commune ou des sections. On dit que la foule les hua. Les témoignages furent aussitôt réécrits par les vainqueurs.
Robespierre fut le dernier de la charrette à passer sous la lame. Son bandage à la mâchoire fut arraché avant l'exécution.
La place de la Révolution porte aujourd'hui le nom de place de la Concorde. La guillotine y avait fait, entre 1792 et 1794, un millier cent dix-neuf victimes.