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Couverture — La Vie quotidienne des Députés aux États généraux
Bibliographie

La Vie quotidienne des Députés aux États généraux

HINDIE LEMAY Edna
Hachette, 1987.
49 Fiches citant cet ouvrage
1987 Édition

Fiches citant cet ouvrage

49 fiches
Événement
1768
22 avril 1768
p 33-34
Toutes les routes de France partent d'un endroit où l'on amenait jadis les condamnés à mort pieds nus, un cierge jaune à la main. Sur le parvis de Notre-Dame, à une cinquantaine de mètres du portail, un médaillon de bron …

Toutes les routes de France partent d'un endroit où l'on amenait jadis les condamnés à mort pieds nus, un cierge jaune à la main.

Sur le parvis de Notre-Dame, à une cinquantaine de mètres du portail, un médaillon de bronze affleure les pavés. Une rose des vents, un cercle de pierre divisé en quatre quartiers : « Point — Zéro — Des Routes — De France ». C'est d'ici que se comptent les distances. Quand un panneau indique « Paris 247 km » sur le bord d'une nationale, c'est depuis ce point précis — devant la cathédrale, sur l'île de la Cité — que les 247 kilomètres sont mesurés.

Le 22 avril 1768, des lettres patentes de Louis XV officialisent ce que l'usage avait fixé depuis longtemps. Devant le portail nord de Notre-Dame se dressait depuis le Moyen Âge une « échelle de justice » — un poteau auquel on exposait les condamnés faisant amende honorable. Tête nue, pieds nus, un gros cierge de cire jaune en main, le condamné portait sur la poitrine une pancarte indiquant son crime. Les condamnés à mort avaient la corde au cou. C'était le pilori du parvis, le point le plus public de Paris — et, pour cette raison, le repère naturel à partir duquel on mesurait la distance des routes royales.

En 1768, l'ancienne échelle est remplacée par un carcan monté sur une pierre — la « pierre triangulaire surmontée d'un poteau » de la fiche. C'est ce dispositif que les lettres patentes désignent comme point d'origine des distances routières. Le supplice disparaît, le repère reste.

Du poteau au médaillon Il faudra attendre 1924 pour que le point zéro prenne sa forme actuelle. Après douze ans de délibérations entre le Conseil municipal et la Commission du Vieux Paris — on ne plaisante pas avec la topographie dans cette ville —, un médaillon octogonal en bronze est scellé dans le sol du parvis. Il sera retiré en 1966 pour les travaux qui devaient creuser un parking souterrain mais qui, grâce à des découvertes archéologiques, donneront naissance à la crypte de l'île de la Cité. Remis en place en 1972, déplacé encore pendant les travaux de restauration de Notre-Dame après l'incendie de 2019, le point zéro a fini par retrouver sa place.

Les touristes qui le piétinent en sortant de la cathédrale ne le voient pas toujours. Ceux qui le repèrent posent le pied dessus et font un vœu — une tradition inventée de toutes pièces, mais qui a la vie dure. Après tout, si toutes les routes partent de là, autant y déposer un souhait.

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
p 57
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1791
2 avril 1791 — Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau (chez Julie Careau)/Plaque de Chénier
p 69-70
Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi. Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois …

Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi.

Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois : libertin scandaleux, fils emprisonné sur lettre de cachet par son propre père, publiciste génial, tribun de l'Assemblée nationale dont la voix faisait trembler les murs. Lorsqu'en 1789 le marquis de Dreux-Brézé était venu signifier aux députés du Tiers État l'ordre royal de se disperser, c'est Mirabeau qui avait répondu : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." La formule avait fait le tour de l'Europe.

Ce que Paris ne savait pas, c'est que depuis des mois Mirabeau vendait ses services au roi — il percevait une pension secrète de la Cour en échange de conseils politiques. Il mourait au moment où cette double vie commençait à être soupçonnée. Sa corruption ne fut révélée qu'en 1793, quand on découvrit ses papiers dans l'armoire de fer de Louis XVI.

Le jour même de sa mort, l'Assemblée crée le Panthéon — l'église Sainte-Geneviève transformée en temple républicain pour abriter les grands hommes. Mirabeau en est le premier habitant. Il y restera jusqu'en 1793, quand la découverte de ses lettres au roi le fera expulser sans cérémonie.

Sur la façade du 42 rue de la Chaussée d'Antin, une plaque porta longtemps ces vers d'André Chénier : "L'âme de Mirabeau s'exhala dans ces lieux. Hommes libres, pleurez ! tyrans, baissez les yeux !"

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Événement
1792
2 septembre 1792 — Séminaire St Firmin/Massacres de Septembre
p 75
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Événement
Événement
1788
janvier 1788 — Demeure d'Adrien Duport/Siège de la Société des Trente
p 96
Élaboration de modèles de cahiers de doléances pour Paris par les Libéraux réunis dans le premier club de la Révolution, la Société des Trente fondée par Duport
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Événement
1773
1773 — Demeure d'Anne-Charles-Sigismond de Montmorency-Luxembourg
p 97-98
Le duc de Luxembourg transforme la Grande Loge en Grand Orient
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Événement
Événement
1766
1766 — Hôtel d'Hallwyll/Banque Thellusson Vernet et Necker/Demeure de Jacques Necker/Maison natale Mme de Staël
p 102
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Événement
1785
1785
p 102
Necker loue un appartement à Paris qu'il peut habiter "à condition de ne pas recevoir". Sa femme et sa fille tiennent à St Ouen un salon d'inspiration libérale, le "salon conspirateur de Mme Necker"
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Événement
1776
1776 — Hôtel de Lionne-Pontchartrain/Contrôle général des Finances/Demeure de Jacques Necker
p 102
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Événement
1789
1789 — Hôtel de Picardie/Demeure de Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux
p 105
Demeure du Constituant Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux, soutien des Girondins qui sut se faire discret et revint après Thermidor pour faire partie du premier Directoire. Un des promoteurs du culte Théophilanthropiqu …

Demeure du Constituant Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux, soutien des Girondins qui sut se faire discret et revint après Thermidor pour faire partie du premier Directoire. Un des promoteurs du culte Théophilanthropique

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Événement
1789
19 octobre 1789
p 114
Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris. Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et rame …

Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris.

Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et ramené la famille royale aux Tuileries. L'Assemblée nationale constituante ne peut pas rester seule dans un château vide, à vingt kilomètres de la ville qui fait la Révolution. Elle vote son transfert.

Le 19 octobre 1789, elle tient sa première séance parisienne dans la salle synodale du palais épiscopal, l'Archevêché, adossé au flanc sud de Notre-Dame, sur l'actuelle place du Parvis dans le 4e arrondissement. L'installation est improvisée, la salle trop petite, mal disposée pour un débat. Le 26 octobre, une tribune surchargée de spectateurs s'effondre.

L'Assemblée n'y restera que jusqu'au 8 novembre, avant de gagner la salle du Manège des Tuileries, longue bâtisse où elle siégera pendant toute la Révolution et où la royauté sera abolie en 1792.

Ces vingt jours à l'Archevêché ne sont pas anodins. C'est dans cette salle que sont discutés les décrets qui nationalisent les biens du clergé, adoptés le 2 novembre sur la proposition de Talleyrand, évêque d'Autun : "Tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation." Les députés votent la confiscation de l'Église dans le palais de l'archevêque de Paris.

Le déménagement de l'Assemblée à Paris a une conséquence politique durable que les modérés mesureront trop tard. À Versailles, les députés délibéraient à l'écart. À Paris, ils siègent au milieu d'une population armée, organisée en sections et en clubs, qui remplit les tribunes, hue, applaudit, et vient parfois en armes. L'Assemblée est désormais sous la surveillance directe du peuple parisien. Cette proximité fera toute la dynamique révolutionnaire, et fera dire aux provinces que Paris confisque la Révolution.

L'ancien palais archiépiscopal sera saccagé lors de l'émeute anticléricale de février 1831 puis démoli.

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Événement
1789
9 novembre 1789 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante (1159 membres)
p 114
Sièges successifs de l'Assemblée Constituante, de la Législative, et de la Convention jusqu'au 9 mai 1793. Par la suite, celui du Conseil des Cinq-Cents
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Événement
1789
1789 — Café du Garde-Meuble/Demeure de l'abbé Barbotin
p 117
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Événement
1789
1789 — Hôtel Britannique/Demeure de Jean-Marie et de Manon Roland
p 119
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Événement
1789
1789 — Demeure de Jérôme Pétion de Villeneuve/Demeure de Pierre-Étienne-Nicolas Bouvet-Jourdan
p 120-121
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé/Demeure de Jean-Baptiste Célestin Poulain de Boutancourt
p 120
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Événement
1786
1786 — Musée de Monsieur et de Monseigneur le comte d'Artois
p 127
Lycée créé par Jean-François Pilâtre de Rozier et les frères du roi, où interviennent des savants réputés ; il compte 700 inscrits
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Événement
1782
1782 — Loge de la Société Olympique/Orchestre de la société
p 127
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Événement
Date imprécise — Club des Colons
p 128
Club réservé aux propriétaires des îles, appelés "les Américains" ; loge maçonnique au 2ème étage
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Événement
1720
1720 — Hôtel d'Henault/Club de l'Entresol
p 128
Le Club de l'Entresol était un groupe de discussion et un think tank précoce situé à Paris, actif de 1720 à 1731. Fondé par l'abbé Pierre-Joseph Alary, il se réunissait initialement dans l'entresol de l'hôtel particulier …

Le Club de l'Entresol était un groupe de discussion et un think tank précoce situé à Paris, actif de 1720 à 1731. Fondé par l'abbé Pierre-Joseph Alary, il se réunissait initialement dans l'entresol de l'hôtel particulier de Charles-Jean-François Hénault, au 7 place Vendôme. Le club comptait environ vingt membres, parmi lesquels figuraient des personnalités comme Montesquieu, l'abbé de Saint-Pierre, et le marquis d'Argenson. Influencé par les idées politiques anglaises, il était un lieu de libre discussion sur des questions politiques et économiques. Cependant, en 1731, le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV, interdit le club en raison de son influence croissante et de ses critiques envers la politique du gouvernement.

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Événement
1787
1787 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris (salle laissée vacante après son départ rue Ste Avoie)
p 128
Lieu de réunions de la loge maçonnique des Neuf-Sœurs, référence aux 9 muses
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Événement
1778
1778 — Noviciat des jésuites/Loge des Neuf Sœurs/Grand Orient de France (dans ce local depuis le 12 août 1774)
p 128
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Événement
1750
1750 — Premier Café de la Régence (situé sur l'itinéraire des charrettes vers l'échafaud)
p 130
Mise au point de l'édition de l'Encyclopédie avec les imprimeurs Le Breton et Briasson
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Événement
1751
28 juin 1751 — Café Au Saint Suaire de Turin/Café Procope
p 130
Le café a été fondé par le Sicilien Francesco Procopio di Coltelli — d'abord sous le nom de Café Au Saint Suaire de Turin, en face de la Comédie-Française, dans la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Voltaire, Fontene …

Le café a été fondé par le Sicilien Francesco Procopio di Coltelli — d'abord sous le nom de Café Au Saint Suaire de Turin, en face de la Comédie-Française, dans la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Voltaire, Fontenelle et Montesquieu y ont leurs habitudes. On y lit les journaux, on joue aux échecs, on refait la physique et le droit des gens entre deux tasses. Au milieu du siècle, le Procope est devenu le lieu de travail officieux des philosophes.

Le projet de l'Encyclopédie a cinq ans. En 1746, le libraire André-François Le Breton et ses associés — David, Durand, Briasson — obtiennent un privilège royal pour adapter la Cyclopedia de l'Anglais Chambers. L'abbé Gua de Malves, premier directeur, abandonne en octobre 1747. Denis Diderot et Jean le Rond d'Alembert prennent la direction. Ce qui devait être une traduction devient autre chose : un inventaire raisonné de tout ce que la raison humaine a produit, organisé selon l'Arbre des connaissances de Francis Bacon, avec l'homme — et non Dieu — au sommet. En 1750, le Prospectus de Diderot lance une souscription pour dix volumes de textes et deux de planches. Les jésuites, via les Mémoires de Trévoux, protestent aussitôt.

Ce 28 juin 1751, le premier volume est finalisé au Procope. Il couvre la lettre A jusqu'à Azyme — 914 pages. Il s'ouvre sur le Discours préliminaire de d'Alembert, qui classe mémoire, raison et imagination comme les trois facultés fondatrices de la connaissance humaine. C'est un manifeste. Jean-François Marmontel a fourni plusieurs articles. L'abbé Prévost, auteur de Manon Lescaut, a collaboré. Jean-Jacques Rousseau a rédigé les articles de musique. Alexis Piron, poète mordant et habitué du café, est là. Élie Fréron, critique acéré dont la plume servira bientôt à combattre l'entreprise, fréquente encore la même table — il ne fondera son Année littéraire qu'en 1754.

Pour Marx et Engels, le mouvement philosophique du XVIIIe siècle a été l'idéologie par laquelle la bourgeoisie montante a conduit son offensive théorique contre l'ordre féodal et clérical. L'Encyclopédie en est l'instrument central : elle substitue la raison à la révélation, traite les métiers et les techniques comme des savoirs nobles, et fait de l'autorité un objet de critique. Ce n'est pas un dictionnaire. C'est le programme intellectuel d'une classe qui prépare sa révolution.

En janvier 1752, le Conseil du roi condamne les deux premiers volumes au pilon. Malesherbes, directeur de la Librairie, cache les manuscrits de Diderot chez lui. La publication reprend en 1753.

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Événement
1783
1783 — Théâtre des Italiens/Opéra Comique
p 131
Les "Italiens", troupe de la Comédie Italienne, quittent l'Hôtel de Bourgogne pour s'installer dans une salle qui tourne le dos au boulevard
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Événement
1783
1783
p 131
Les "Italiens", troupe de la Comédie Italienne, quittent l'Hôtel de Bourgogne pour s'installer dans une salle qui tourne le dos au boulevard
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Événement
1790
2 février 1790 — Couvent des Capucins/Siège de la Société fraternelle des patriotes de l'un et l'autre sexe
p 131
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Événement
1781
27 octobre 1781 — Théâtre de l'Opéra (1791)/Théâtre des Arts (1793)/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la 7ème)
p 155
L'Opéra s'installe à la Porte St Martin ; la salle est construite en 65 jours pour satisfaire un caprice de Marie-Antoinette ; une des origines de son surnom : "Madame Déficit". Futur théâtre de la Porte St Martin
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Événement
1799
18 mai 1799 — Demeure de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (construite en 1789)
p 160
Mort de Beaumarchais dans son Hôtel, construit sur un bastion de l'enceinte de Louis XIII, entouré d'un magnifique jardin
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Événement
1576
8 juin 1576 — Couvent des Jacobins St Honoré
p 216
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Événement
1789
27 octobre 1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (réfectoire, bibliothèque puis église)
p 216-217
Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique. Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le …

Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique.

Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le nom de Club breton, réunion informelle des députés du tiers état de Bretagne rejoints par d'autres patriotes. Quand l'Assemblée constituante suit le roi à Paris en octobre 1789, ils cherchent un local.

Le 27 octobre 1789, la Société des Amis de la Constitution loue le réfectoire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Honoré, dans l'actuel 1er arrondissement, à l'emplacement du marché Saint-Honoré. Les Dominicains sont appelés à Paris les Jacobins, parce que leur premier établissement se trouvait rue Saint-Jacques. Le club prend le surnom de son adresse : club des Jacobins.

À ses débuts, il n'a rien de révolutionnaire au sens ultérieur du mot. La cotisation est élevée, ce qui en écarte le peuple. On y trouve La Fayette, Mirabeau, Barnave, Talleyrand, le duc d'Aiguillon, les frères Lameth, Sieyès. C'est le club de la monarchie constitutionnelle, dominé par des nobles libéraux et des bourgeois modérés.

Il se radicalise par scissions successives. En juillet 1791, après la fusillade du Champ-de-Mars, les modérés partent fonder le club des Feuillants. Restent les partisans de la République, autour de Robespierre, qui deviendra la figure centrale du club et y prononcera l'essentiel de ses discours. Le réseau des sociétés affiliées couvre le pays : plus d'un millier de clubs correspondent avec Paris. C'est la première structure politique nationale de l'histoire française.

Le club est fermé le 12 novembre 1794, après Thermidor. Le couvent est démoli sous le Directoire. Le mot est resté, "Jacobin" désigne aujourd'hui une conception centralisatrice et unitaire de la République, ce qui n'était qu'un aspect de la doctrine des Jacobins historiques, et ce qui a fait oublier tout le reste : le suffrage universel, le droit à l'existence, l'abolition de l'esclavage.

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