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Couverture — Pratique militante et écrits d'un ouvrier communard
Bibliographie

Pratique militante et écrits d'un ouvrier communard

LEJEUNE Paule
Maspero 1977 - Réédition L'Harmattan, 2002.
54 Fiches citant cet ouvrage
2002 Édition

Fiches citant cet ouvrage

54 fiches
Événement
1862
1862 — Demeure d'Eugène Varlin/Siège des Marmites (fondées en 1864)
p 14
Demeure d'Eugène Varlin membre de la Commune et de l'A.I.T. ; premier siège social de l'association "la Marmite", qui comptera jusqu'à 8 000 adhérents
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Événement
Événement
1868
19 janvier 1868 — École de Médecine (petit amphithéâtre)
p 36-37
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Événement
1868
janvier 1868 — Second Siège de la Société civile de consommation "La Ménagère"/Coopérative ouvrière/Les Marmites
p 36-37
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Événement
1868
Événement
1868
Événement
1864
28 septembre 1864 — Demeure d'Henri Tolain
p 43
Trois ouvriers parisiens partent pour Londres avec des frais de voyage financés par des cotisations de vingt-cinq centimes ; ils reviennent avec l'Association internationale des travailleurs. Henri Tolain est ciseleur su …

Trois ouvriers parisiens partent pour Londres avec des frais de voyage financés par des cotisations de vingt-cinq centimes ; ils reviennent avec l'Association internationale des travailleurs.

Henri Tolain est ciseleur sur bronze. Il habite au 105 ou 107 de la rue du Faubourg du Temple, dans le 10e arrondissement. En 1862, il a fait partie de la délégation ouvrière autorisée par Napoléon III à visiter l'Exposition universelle de Londres. Les ouvriers français y ont rencontré les syndicalistes anglais des Trade Unions. Ces rencontres ont produit une conviction commune : les travailleurs des différents pays ont les mêmes intérêts et sont mis en concurrence les uns contre les autres par les patrons. Il faut s'organiser au-delà des frontières.

En 1864, une nouvelle délégation est préparée. Trois ouvriers sont désignés : Tolain, Charles Limousin et Joseph Perrachon. Leurs frais de voyage sont couverts par une cotisation hebdomadaire de vingt-cinq centimes versée par les militants parisiens. La délégation part de Paris fin septembre.

Le 28 septembre 1864, à Saint Martin's Hall à Londres, se tient un meeting international qui rassemble ouvriers anglais, français, allemands, italiens, polonais. Le motif immédiat est la solidarité avec l'insurrection polonaise de 1863, écrasée par la Russie. Mais l'assemblée va au-delà. Elle décide de créer une organisation permanente : l'Association internationale des travailleurs, que l'histoire retiendra sous le nom de Première Internationale.

Karl Marx est présent dans la salle, presque par hasard, invité comme représentant des ouvriers allemands. Il ne prend pas la parole ce soir-là. Mais il est élu au comité provisoire et se voit confier la rédaction des textes fondateurs. Il écrit l'Adresse inaugurale et les Statuts provisoires, dont la première phrase deviendra célèbre : "L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes."

Tolain dirige la première section parisienne de l'Internationale, créée fin 1864. La section sera poursuivie, dissoute, reformée. Tolain siégera à l'Assemblée nationale en 1871 et refusera de rejoindre la Commune ; l'Internationale l'excluera pour cette raison. Mais ce qui fut décidé le 28 septembre 1864 à Londres continuera sans lui.

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Événement
1865
8 janvier 1865 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 44
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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Événement
1868
6 juillet 1868 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie (second procès de l'A.I.T.)
p 61
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure d'Alphonse Delacour
p 70
Signataire du programme électoral de l'A.I.T. en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure d'Adolphe Collot
p 70
Signataire du programme électoral de l'A.I.T. en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de C. Terret
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de Julien Fruneau
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de G. Sylvestre
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure d'A. Lucie
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure d'Ed. Drosse (ou Drosses)
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de T. Gauthier
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de Victor Avisard
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de Parent aîné
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure d'Arsène Sauva
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure d'Auguste Harlé
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de J.-P. Glérome
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de Doudeau
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
23 janvier 1869 — Demeure de Jules Léon Charles Minet
p 70
Signataire du programme électoral de l'Association Internationale des Travailleurs en mai 1869, intitulé "Aux électeurs de 1869" ; les dirigeants de l'Association Internationale des Travailleurs sont alors en prison
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Événement
1869
7 octobre 1869 — Bal des Folies Belleville (ancien bal Dénoyez)
p 72
Une réunion publique interrompue par les agents, et le quartier entier se soulève pendant cinq jours : Belleville apprend en 1869 ce qu'elle refera en 1871. L'Empire vacille. Les élections législatives de mai-juin 1869 o …

Une réunion publique interrompue par les agents, et le quartier entier se soulève pendant cinq jours : Belleville apprend en 1869 ce qu'elle refera en 1871.

L'Empire vacille. Les élections législatives de mai-juin 1869 ont été un désastre pour Napoléon III : l'opposition républicaine progresse partout, et à Paris elle triomphe. Henri Rochefort, journaliste satirique, fondateur de La Lanterne dont chaque numéro tourne l'Empire en dérision, a été élu député de la première circonscription de Paris lors d'une élection partielle en novembre 1869. Son comité électoral tient des réunions publiques dans les quartiers populaires.

Belleville est le cœur du Paris rouge. Annexée à la capitale en 1860, peuplée d'ouvriers chassés du centre par les travaux d'Haussmann, elle vote massivement à gauche et elle a envoyé Gambetta à la Chambre sur un programme radical. Ses bals, ses cafés, ses salles de réunion forment le tissu d'une sociabilité politique que la préfecture surveille de près.

Le 7 octobre 1869, le Comité Rochefort tient réunion au bal des Folies Belleville, 13 rue de Belleville, ancien bal Dénoyez. La police intervient brutalement et disperse l'assemblée. Le quartier réagit immédiatement. Les affrontements durent plusieurs jours. Le 10 octobre, le bilan atteint cinq cents blessés.

Gustave Flourens est de ces journées. Fils d'un savant, professeur destitué du Collège de France pour ses cours jugés subversifs, il est l'un des révolutionnaires les plus flamboyants et les plus imprévisibles de sa génération : il a combattu pour l'indépendance crétoise, il combattra pour la Commune, il sera tué en avril 1871 à Rueil, sabré par un gendarme. Gabriel Ranvier, décorateur sur porcelaine, futur membre de la Commune, est également actif dans ces comités.

Les autorités impériales voient dans ces bagarres un simple trouble à l'ordre public. Elles se trompent d'échelle. Ce qui se joue à Belleville en octobre 1869 est l'apprentissage collectif d'une population qui découvre qu'elle peut tenir la rue contre la police. Dix-sept mois plus tard, le 18 mars 1871, ce même quartier fournira une part décisive des forces de la Commune.

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Événement
1870
13 février 1870 — Prison de la Santé
p 105
Le 13 février 1870, Eugène Varlin, figure majeure du mouvement ouvrier et membre actif de l’Association internationale des travailleurs (A.I.T.), est incarcéré à la prison de la Santé à Paris. Cette arrestation marque un …

Le 13 février 1870, Eugène Varlin, figure majeure du mouvement ouvrier et membre actif de l’Association internationale des travailleurs (A.I.T.), est incarcéré à la prison de la Santé à Paris. Cette arrestation marque un moment de tension entre l’Empire autoritaire de Napoléon III et les premiers réseaux socialistes organisés dans le pays.

L’épisode s’inscrit dans le prolongement direct de la grève du Creusot, déclenchée en janvier 1870 par les ouvriers métallurgistes de cette grande usine bourguignonne, l’une des plus importantes de France. Soutenue et relayée par l’A.I.T., cette mobilisation réclame l’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance du droit d’association. Aux yeux du pouvoir impérial, ces revendications et surtout leur coordination internationale constituent une menace ouverte à l’ordre établi.

Pour Napoléon III et son ministre de l’Intérieur, le militantisme de l’A.I.T. symbolise la diffusion du « péril rouge ». En s’attaquant à Varlin – relieur de profession, autodidacte et militant de longue date pour la coopération ouvrière – le régime cherche à donner un coup d’arrêt à ce qu’il perçoit comme une contagion sociale dangereuse. L’arrestation, suivie d’un bref emprisonnement, vise moins à neutraliser un individu qu’à intimider tout un mouvement.

Pourtant, cette répression produit l’effet inverse : la figure de Varlin gagne en popularité dans les milieux ouvriers, son engagement en faveur de la solidarité et de la dignité du travail acquérant une résonance nouvelle. À peine un an plus tard, l’effondrement du Second Empire et la naissance de la Commune de Paris révéleront combien ces luttes prenaient racine dans les injustices que ce procès symbolise.

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Événement
1871
1871 — Demeure et atelier d'Albert Theisz
p 108 & 121
Demeure d'Albert Theisz, membre de la Commune, nommé par elle directeur des Postes, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
1870
8 juillet 1870 — Demeure de Camille Langevin
p 121
Demeure de Camille Langevin, membre de l'Association Internationale des Travailleurs, futur membre de la Commune, vote contre le Comité de Salut public
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Événement
1865
1865 — Siège des Marmites/Demeure de Nathalie Le Mel
p 129-131
Nathalie Le Mel se réfugie au siège des cuisines coopératives de "La Marmite" avec ses 3 enfants
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Événement
1870
8 juillet 1870 — Demeure d'Hippolyte Giot
p 131
En 1870, rue des Rosiers dans le 4e, ce n'est pas encore la rue commerçante et touristique qu'elle deviendra. C'est le vieux Marais ouvrier : des ateliers, des cours encombrées, des corps de métier qui vivent là où ils t …

En 1870, rue des Rosiers dans le 4e, ce n'est pas encore la rue commerçante et touristique qu'elle deviendra. C'est le vieux Marais ouvrier : des ateliers, des cours encombrées, des corps de métier qui vivent là où ils travaillent. Hippolyte Giot y habite. Ouvrier peintre, représentant de la chambre syndicale des peintres de Paris, membre du Cercle des études sociales — une de ces associations ouvrières où l'on discute, le soir, d'émancipation et d'organisation autant que de conditions de travail. Et chez lui, depuis quelques mois, l'Association internationale des travailleurs tient ses réunions clandestines.

Depuis 1868, l'Empire poursuit l'Internationale devant les tribunaux. Deux procès en deux ans n'ont pas dissous l'organisation — ils l'ont simplement poussée sous la surface. Des adresses circulent entre militants. Le 18 mars 1870, Giot est à la réunion qui fixe les statuts de la Fédération parisienne de l'AIT. Il représente son syndicat aux côtés de Chouteau et Delvincourt. Les ouvriers peintres du Marais sont dans l'Internationale.

Le 8 juillet 1870, la 6e chambre du tribunal correctionnel rend son verdict. Sur le premier chef d'accusation — association secrète — Giot est acquitté. Le parquet n'a pas pu démontrer que l'AIT répondait aux critères légaux d'une société secrète : l'Internationale avait un programme public, des congrès, des publications. Ce qu'elle n'avait pas, c'était l'autorisation de l'État. Sur ce second chef, Giot est condamné : deux mois de prison, vingt-cinq francs d'amende — même sentence que Lucien Carle, même jour, autre quartier.

Onze jours plus tard, la France déclare la guerre à la Prusse. L'Empire qui venait de condamner ses peintres syndicalistes avait d'autres urgences.

Au 14 rue des Rosiers, l'Empire avait cherché une société secrète. Il n'avait trouvé qu'un peintre qui réunissait ses collègues — illégalement, certes, mais au grand jour.

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Événement
1867
mai 1867 — Demeure d'Henri Bachruch
p 133
Militant Hongrois, organisateur de la section allemande de l'Internationale à Paris
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Événement
1868
octobre 1868 — Premier restaurant coopératif "la Marmite"
p 134
Première implantation des Marmites, restaurants coopératifs offrant repas et débats ; l'association est affiliée à l'A.I.T.
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Événement
1870
8 octobre 1870 — Hôtel de ville
p 138-145
Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers. Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale mu …

Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers.

Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale multiplie les déclarations martiales et évite soigneusement l'action. Le général Trochu, gouverneur militaire, a un "plan" dont personne ne connaît le contenu et qui consiste, on le comprendra plus tard, à laisser la ville s'épuiser jusqu'à ce que la capitulation devienne acceptable. Les quartiers populaires réclament l'inverse : la sortie en masse, l'offensive générale contre les lignes prussiennes, la guerre à outrance.

Le 8 octobre 1870, cinq mille gardes nationaux se rassemblent place de l'Hôtel de Ville. Ils viennent en armes, en formation, avec leurs officiers élus. Ils demandent l'offensive et la levée du soupçon qui pèse sur les négociations de Jules Favre avec Bismarck. Auguste Blanqui, sorti de prison à la chute de l'Empire, est présent, comme Jean-Baptiste Millière, futur communard qui sera fusillé sur les marches du Panthéon en mai 1871.

La réponse du gouvernement est habile. Il ne fait pas tirer. Il appelle sur la place les bataillons de la Garde nationale des quartiers riches : le faubourg Saint-Germain, le quartier de la Bourse. Ces bataillons, composés de bourgeois, de commerçants et de rentiers, sont hostiles à toute agitation populaire. Ils submergent numériquement les manifestants. La place se remplit d'une foule contradictoire, et la manifestation perd sa signification politique. Jules Favre paraît alors et prononce une harangue. Il rassure, il promet, il ne s'engage à rien. La manifestation se disperse.

La Garde nationale de Paris compte alors des centaines de milliers d'hommes, armés par décret depuis septembre. Elle est traversée par la fracture sociale de la ville : les bataillons des arrondissements ouvriers contre ceux des arrondissements bourgeois. Cette fracture sera exactement celle du 18 mars 1871. Le 31 octobre 1870, trois semaines après cette journée, une tentative insurrectionnelle occupera brièvement l'Hôtel de Ville et prendra le gouvernement en otage. Elle échouera de peu.

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Événement
1871
22 janvier 1871
p 146
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
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Événement
1870
novembre 1870 — Ancienne mairie des Batignolles-Monceaux/Mairie du 17ème arrondissement
p 146
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Événement
1870
novembre 1870
p 146
Louise Michel dirige un atelier de couture destiné à donner du travail aux femmes
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Événement
1871
18 mars 1871
p 152-153
Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera …

Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera de provocation.

À 3 heures du matin, sous une pluie glaciale, la brigade Lecomte monte en silence vers le sommet de la butte Montmartre. Le plan est simple : 250 soldats du 88e régiment de ligne s'emparent des 171 pièces d'artillerie parquées au Champ des Polonais, en haut de la rue Saint-Éleuthère. Les attelages arrivent dans la foulée, les canons descendent vers les Invalides, et Paris se réveille désarmé.

La première partie se déroule comme prévu. Les gardes de faction sont surpris — certains s'enfuient, d'autres sont capturés. À 5 heures, les canons sont sous contrôle versaillais. Louise Michel, de garde au comité de vigilance de Montmartre, a donné l'alerte. Le tocsin sonne. Mais Lecomte n'en est pas encore inquiet.

C'est là que les attelages font défaut. Nul n'a prévu suffisamment de chevaux pour déplacer 171 pièces. Les soldats attendent, immobiles au sommet de la butte, autour de canons qu'ils ne peuvent pas bouger. Une heure passe, puis deux. Montmartre s'éveille.

Clemenceau, maire du 18e, accoure au Château-Rouge où Lecomte a établi son PC. Il tente de négocier, propose un compromis. Lecomte balaie la démarche. Ce que Vinoy et Aurelle de Paladines avaient prédit la veille — l'opération est trop précipitée, les moyens insuffisants — est en train de se réaliser heure par heure. Ce qui devait être un coup de main silencieux se transforme en attente interminable, sous les yeux d'une population qui se rassemble et d'une Garde nationale qui prend les armes. Plus tard, on parlera de provocation délibérée.

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Événement
1871
17 mars 1871 — École dite de la rue Basfroi/Comité central de la Garde nationale (siège pendant la Commune)
p 153-154
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Événement
1871
18 mars 1871 — Siège de l'état-major général de la Garde nationale
p 154
Prise du quartier général de l'état-major de la Garde nationale par 4 bataillons des Batignolles et de Montmartre réunissant 2 000 hommes ; Bergeret y installe sont propre état-major
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Événement
1871
19 mars 1871 — Banque de France
p 160
Démarche auprès de la Banque de France, effectuée par 11 membres du Comité central de la Garde nationale, pour lui demander 1 million ; elle ne lâchera que 15 millions pour la Commune, contre 257 pour Versailles Le lende …

Démarche auprès de la Banque de France, effectuée par 11 membres du Comité central de la Garde nationale, pour lui demander 1 million ; elle ne lâchera que 15 millions pour la Commune, contre 257 pour Versailles

Le lendemain du soulèvement, le Comité central a besoin d'argent. Onze de ses membres — Varlin, Jourde, Assi, Billioray et sept autres — se présentent rue La Vrillière, au siège de la Banque de France. La demande est modeste : un million de francs pour faire tourner Paris.

Le gouverneur Gustave Rouland les reçoit. L'entretien est courtois, presque surréel : d'un côté des ouvriers et artisans en armes, maîtres depuis la veille de la capitale ; de l'autre un grand commis de l'État habitué à traiter avec des ministres. Rouland temporise, consulte, oppose des procédures. La Banque n'est pas une caisse publique, dit-il en substance. Elle ne peut débloquer des fonds sans garanties légales.

La délégation repart sans le million. C'est Varlin et Jourde qui, dans les semaines suivantes, géreront les finances de la Commune avec une rigueur scrupuleuse — trop scrupuleuse, diront certains. La Commune ne touchera jamais aux trois milliards de billets de banque stockés dans les caves de la rue La Vrillière, à portée de main. Elle obtiendra en tout 15 millions, accordés au compte-gouttes par une institution qui joue double jeu.

Le gouvernement de Versailles, lui, recevra de la même Banque 257 millions — pour financer, entre autres, l'armée qui écrasera la Commune en mai.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Hôtel de Ville
p 160
Les élus parisiens viennent exiger que le pouvoir leur soit rendu par le Comité central de la Garde nationale ; Eugène Varlin tient tête à Clemenceau. Dans la matinée du 19 mars, une délégation d'élus parisiens se présen …

Les élus parisiens viennent exiger que le pouvoir leur soit rendu par le Comité central de la Garde nationale ; Eugène Varlin tient tête à Clemenceau.

Dans la matinée du 19 mars, une délégation d'élus parisiens se présente à l'Hôtel de Ville. Clemenceau est là, maire du 18e arrondissement, républicain convaincu, hostile à la fois à Versailles et à l'insurrection. Avec Bonvalet et d'autres, il vient exiger que le Comité central rende le pouvoir aux représentants légaux de Paris.

C'est Eugène Varlin qui leur répond. Relieur de son état, membre de l'Internationale, l'un des rares hommes du Comité central dont la rigueur morale soit unanimement reconnue — y compris par ses adversaires. Face à Clemenceau qui invoque la légitimité électorale, Varlin ne cède pas. Le Comité central n'a pas pris le pouvoir pour le conserver, dit-il en substance : il le tiendra jusqu'aux élections qu'il vient précisément de convoquer. La procédure est en marche.

L'échange illustre la ligne de fracture qui traverse tout le camp républicain ce jour-là. Clemenceau n'est pas versaillais — il a voté contre les préliminaires de paix — mais il refuse de légitimer une insurrection armée, même populaire. Varlin ne cherche pas la révolution permanente — il veut des élections dans les plus brefs délais. Les deux hommes défendent la République, mais pas depuis le même endroit.

Jules Vallès, présent dans les couloirs de l'Hôtel de Ville, observe la scène. Il notera dans ses carnets l'étrange sensation de ce jour suspendu entre deux légitimités, où personne ne savait encore très bien qui gouvernait Paris.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 160
Négociations entre la Commune et les élus parisiens après l'échec de l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 181
Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais …

Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais sans doute à tort

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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 184
Jean Baptiste Clément dédie à l'ambulancière Louise, la jeune femme qui avait assisté les combattants de la barricade et dont on ne connait ni le nom ni ce qu'elle est devenue, son "Temps des Cerises"
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Événement
1871
28 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 185-186
Cour martiale installée dans la prison de la Roquette pendant la Semaine sanglante ; entre 2 et 3 000 Fédérés pris dans le secteur du Père Lachaise y sont massacrés, dont certains à la mitrailleuse
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 185
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Événement
1871
28 mai 1871
p 186-187
Exécution d'Eugène Varlin, ouvrier relieur, fondateur de l'A.I.T. ; l'assassin Sicre vole sa montre pour s'en faire un trophée. Plusieurs personnes avaient déjà été exécutées à sa place par confudion
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Événement
1871
26 mai 1871 — Prison de Mazas/Lieu de massacre de Communards
p 186
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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
p 186-187
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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