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12 juillet 1789
Événement

Deux jours avant la Bastille, les cavaliers du prince de Lambesc chargent aux Tuileries la foule qui proteste contre le renvoi de Necker

Place Louis XV
devant le Garde-Meuble
📍 2 place de la Concorde anciennement : place Louis XV
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« M. de Lambesc entrant aux Tuileries, avec un détachement de Royal-Allemand, le 12 juillet 1789 » : gravure de Pierre-Gabriel Berthault d’après Jean-Louis Prieur, pour les Tableaux historiques de la Révolution française. Pierre-Gabriel Berthault d’après Jean-Louis Prieur — Archives Paris révolutionnaire

Le dimanche 12 juillet 1789, Paris apprend que le roi a renvoyé Necker. Une charge de cavalerie aux Tuileries, grossie par la rumeur, fait basculer la ville : deux jours plus tard, la Bastille tombe.

À Versailles, les états généraux sont devenus l’Assemblée nationale, et Louis XVI s’apprête à reprendre les choses en main. Il a fait appel à la troupe. Parmi les régiments venus à Paris, le Royal-Allemand, un régiment de cavalerie qui appartient à son colonel, Charles-Eugène de Lorraine, prince de Lambesc, cousin de la reine Marie-Antoinette : parti de Valenciennes sur ordre du roi, il campe depuis le 7 juillet dans les jardins de la Muette. Le 11, le roi congédie son ministre des Finances, Jacques Necker, coupable à ses yeux d’une « condescendance extrême » envers les états généraux. Le banquier genevois quitte aussitôt la France. Or ce « ministre patriote » est adulé des Parisiens, qui achètent son portrait, ses médailles, ses bustes.

La nouvelle se répand dans Paris le dimanche 12. Dans le jardin du Palais-Royal, devant le café de Foy, un avocat encore peu connu, Camille Desmoulins, monte sur une table, un pistolet dans chaque main : « M. Necker est renvoyé ; ce renvoi est le tocsin d’une Saint-Barthélemy des patriotes. » Il appelle la foule aux armes ; on convient d’un signe de ralliement, une cocarde verte, « couleur de l’espérance ». Des cortèges promènent dans les rues les bustes de Necker et du duc d’Orléans. La foule se masse sur la place Louis-XV, l’actuelle place de la Concorde, et à l’entrée du jardin des Tuileries. Lambesc reçoit l’ordre de la disperser. Le baron de Besenval, qui commande la garnison de Paris et craint les reproches de la cour, lui fait mettre sabre au clair.

Formé à la guerre, pas au maintien de l’ordre, le prince lance ses cavaliers vers les Tuileries. Du haut de la terrasse, on leur jette des bouteilles, des chaises, des pierres ; des cavaliers tombent, les autres frappent du plat du sabre. Dans la bousculade, Lambesc renverse un jeune instituteur ; une femme qui tient un enfant par la main tombe, et se relève sans mal. Le pont tournant dégagé, il ramène sa troupe sur la place. Il y a des blessés, peut-être des morts.

Petite gravure : sous les arbres d’un jardin, un cavalier fond sur un homme à terre ; au premier plan, une femme et un enfant s’enfuient
« Aanval van Lambesch op eenige wandelaars » : l’attaque de Lambesc contre des promeneurs, selon une petite estampe anonyme à légende néerlandaise (musée Carnavalet) — Anonyme — musée Carnavalet / Paris Musées (CC0)

La rumeur fait le reste : on raconte que les soldats ont tiré sur les passants, on montre le prince égorgeant un vieillard qui demandait grâce à genoux. À l’appel d’un agitateur orléaniste, Gonchon, des émeutiers et des gardes françaises accourent sur la place pour en chasser ces soldats « étrangers ». Vers sept heures du soir, les gardes françaises ouvrent le feu et blessent trois cavaliers. À huit heures, Lambesc se replie par les Champs-Élysées vers le Champ-de-Mars. Besenval, ulcéré par la passivité de la cour, retire ses troupes de Paris.

La ville est livrée à elle-même. Du 9 au 17 juillet, quarante des cinquante-quatre barrières de l’octroi sont incendiées. Le 13, les électeurs de Paris, réunis à l’Hôtel de ville, créent une milice bourgeoise, qui portera la cocarde aux couleurs de la ville, le rouge et le bleu. Pour s’armer, la foule pille le Garde-Meuble de la Couronne, l’actuel hôtel de la Marine, au nord de la place ; il n’y trouve que des armes anciennes. Le 14, elle prend les Invalides, puis la Bastille.

Portrait en miniature, dans un cadre rond doré : un homme aux cheveux poudrés, en habit rouge à revers bleus
Charles-Eugène de Lorraine, prince de Lambesc (portrait en miniature) — Portrait du XVIIIe siècle — Archives Paris révolutionnaire

Louis XVI rappelle Necker dès le 16 juillet. Le soir même, Lambesc reçoit l’ordre de gagner Metz. Il émigre avant la fin de l’année, servira dans l’armée autrichienne et mourra à Vienne en 1825. Mis en accusation pour sa charge, il sera déféré au tribunal du Châtelet, où deux témoins assureront que la foule avait attaqué la première. Besenval, arrêté près de Provins, ne devra la vie qu’à l’intervention de Necker ; jugé pour crime de lèse-nation, il sera acquitté.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.