Membres de la Commune à l'Hôtel de Ville, photomontage 1871 (Musée Carnavalet, Histoire de Paris)
Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix.
Quand Arnold proclame les noms des élus ce soir-là, les 38 membres du nouveau Comité central n'ont rien des chefs politiques habituels. Pas de tribuns connus, pas de notables. Ce sont des délégués issus des conseils de légion et des bataillons de chaque arrondissement — deux par arrondissement, plus un chef de bataillon par légion.
Leurs noms parlent peu à l'opinion : Assi, mécanicien à Creusot, Varlin, relieur, Maljournal, Clémence, Demeule, Géresme, Bouit. Sur les 38, une quinzaine appartiennent à l'Internationale ouvrière ou aux chambres syndicales. Quelques blanquistes. Des hommes qui ont fait leur apprentissage dans les réunions de bataillons pendant le siège, pas dans les cercles républicains bourgeois. C'est précisément ce qui les distingue de tous les comités révolutionnaires qui ont précédé.
Sur la question du commandement militaire, l'assemblée est unanime — à une voix près : elle refuse d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers, et proclame Garibaldi général en chef. Le héros de l'unité italienne déclinera le poste, mais le geste compte : le Comité central ne reconnaît d'autorité qu'à ses propres élus.
Trois jours plus tard, après l'insurrection du 18 mars, ces 38 inconnus se retrouveront à l'Hôtel de Ville, à gouverner Paris. Ils convoqueront les élections de la Commune, lèveront l'état de siège, rétabliront la liberté de la presse, suspendront les expulsions. Leur légitimité : le suffrage des bataillons populaires de Paris.