🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
📖 Eugen Fried. Le grand secret du PCF KRIEGEL Annie & COURTOIS Stéphane
Bibliographie

Eugen Fried. Le grand secret du PCF

KRIEGEL Annie & COURTOIS Stéphane
Seuil, 1997.
29 Fiches citant cet ouvrage
1997 Édition

Fiches citant cet ouvrage

29 fiches
Événement
1927
23 août 1927
p 91
On a tué deux innocents au nom de la loi, et c'est la loi qui a eu peur des rues ce soir-là. Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, à la prison de Charlestown dans le Massachusetts, deux hommes meurent sur la chaise électri …

On a tué deux innocents au nom de la loi, et c'est la loi qui a eu peur des rues ce soir-là.

Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, à la prison de Charlestown dans le Massachusetts, deux hommes meurent sur la chaise électrique. Nicola Sacco est cordonnier, Bartolomeo Vanzetti est vendeur de poissons. Ils sont anarchistes italiens immigrés aux États-Unis. En 1921, ils ont été condamnés à mort pour le meurtre d'un caissier et d'un garde lors d'un hold-up à South Braintree. Pendant sept ans, le monde entier a plaidé leur cause, convaincu que le procès n'a jamais été autre chose qu'une chasse aux rouges, qu'un outil de répression politique déguisé en justice criminelle.

Les preuves contre eux étaient minces, les témoignages contradictoires, le juge ouvertement hostile. Einstein, Anatole France, Bernard Shaw, des milliers d'intellectuels ont signé des pétitions. Rien n'y a fait. L'Amérique de la peur rouge, celle du Palmer Act et de la surveillance des immigrés, avait décidé de leur mort longtemps avant le verdict.

La nouvelle de leur exécution arrive à Paris dans la matinée du 23 août 1927. La réaction est immédiate. Sur les Grands Boulevards — boulevard de Bonne-Nouvelle, boulevard Montmartre — des foules se rassemblent spontanément. Les manifestants, anarchistes, syndicalistes, militants du Parti communiste, portent des portraits de Sacco et Vanzetti, chantent L'Internationale, crient leur indignation. Les affrontements avec la police sont violents ; des vitrines sont brisées, plusieurs arrestations.

Elena Stassova, militante communiste internationale présente à Paris, coordonne une partie des actions de solidarité qui s'étendent au-delà du seul mouvement anarchiste : c'est la mort de deux hommes du peuple qui a embrasé les Grands Boulevards, non un calcul de parti.

Le cas Sacco-Vanzetti est devenu, au fil des années qui suivent, un symbole mondial de la justice de classe : deux travailleurs immigrés, pauvres, étrangers et révolutionnaires, broyés par un système judiciaire au service de l'ordre établi. En 1977 — cinquante ans après leur mort —, le gouverneur du Massachusetts reconnaîtra officiellement que le procès avait été entaché d'injustice.

Voir la fiche
Événement
1927
24 août 1927
p 91
La mort de deux innocents à Boston met le feu aux Grands Boulevards : quand la loi tue l'innocent, c'est la rue qui réclame justice. La veille, les Grands Boulevards ont brûlé. Le 23 août 1927, à l'annonce de l'exécution …

La mort de deux innocents à Boston met le feu aux Grands Boulevards : quand la loi tue l'innocent, c'est la rue qui réclame justice.

La veille, les Grands Boulevards ont brûlé. Le 23 août 1927, à l'annonce de l'exécution de Sacco et Vanzetti à la prison de Charlestown, des milliers de Parisiens ont envahi les boulevards Bonne-Nouvelle et Montmartre, affrontant la police dans une nuit de violence et d'indignation. Le 24 août, le mouvement se déplace et s'amplifie.

Place de la République, carrefour populaire et politique du Paris ouvrier, le rassemblement reprend. Les manifestants sont anarchistes, syndicalistes, communistes, socialistes — catégories qui sur ce point précis ont mis de côté leurs divisions. Deux noms sur les pancartes : Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti. Deux travailleurs italiens immigrés aux États-Unis, condamnés à mort en 1921 pour un hold-up dont ils clament l'innocence depuis six ans, finalement exécutés malgré la pression internationale.

Boulevard de Sébastopol également, d'autres groupes se forment, qui remontent vers la place. La police charge. Des affrontements éclatent. Paris, en ce mois d'août, réagit à une exécution commise à six mille kilomètres avec la même intensité que si elle avait eu lieu place de la Bastille.

Pourquoi cette mobilisation ? Parce que le cas Sacco-Vanzetti condense tout ce que l'entre-deux-guerres ressent comme une injustice fondamentale : la répression antisyndicale aux États-Unis, les lois d'immigration racistes (les "quota laws" de 1921 et 1924), la chasse aux rouges des années Palmer, la criminalisation de la pensée anarchiste et internationaliste. Deux corps d'ouvriers immigrés assis sur une chaise électrique : c'est un symbole, et Paris le comprend immédiatement.

Elena Stassova, militante de l'Internationale communiste présente dans la capitale, coordonnera les actions dans les jours suivants. Mais ce 24 août, c'est spontané : la place de la République, que la Troisième République a érigée en monument à elle-même, devient pendant quelques heures la tribune d'une solidarité ouvrière internationale qui n'a pas attendu les partis pour descendre dans la rue.

Voir la fiche
Événement
1927
23 août 1927
p 91
Manifestation et bagarres à l'annonce de l'exécution des anarchistes Sacco et Vanzetti
Voir la fiche
Événement
1927
24 août 1927
p 91
Manifestation et bagarres à l'annonce de l'exécution des deux anarchistes accusés à tort d'un hold-up aux États-Unis
Voir la fiche
Événement
1910
1910 — Imprimerie Union/Imprimerie de la "Rabotchaïa Gazeta"
p 115
Voir la fiche
Événement
1911
1911 – 1915 — Demeure d'Anatoli Vassilievitch Lounatcharsky/Siège du groupe "En avant"/Siège du Cercle de la culture prolétarienne
p 115
Voir la fiche
Événement
1925
1925 – 1971
p 123
Jean Fréville, né Eugène Schkaff le 25 mai 1895 à Kharkiv, était un écrivain, journaliste et critique français d'origine ukrainienne. Arrivé en France en 1903, il obtint la nationalisation française en 1925 et s'inscrivi …

Jean Fréville, né Eugène Schkaff le 25 mai 1895 à Kharkiv, était un écrivain, journaliste et critique français d'origine ukrainienne. Arrivé en France en 1903, il obtint la nationalisation française en 1925 et s'inscrivit au barreau de Paris. En 1927, lors d'un voyage à Moscou pour le dixième anniversaire de la Révolution d'Octobre, il rencontra Maurice Thorez et adhéra au Parti communiste français à son retour. Il devient proche de Thorez, dont il rédige la biographie en 1937. Mobilisé durant la guerre il collabore ensuite au journal clandestin de résistance "Pensée et action". Après la guerre, il devint chef adjoint du cabinet de Thorez lorsque celui-ci fut nommé ministre d'État en 1945. Il resta membre du PCF jusqu'à sa mort le 23 juin 1971, malgré son isolement politique après le décès de Thorez en 1964.

Son appartement de l'avenue Montaigne sert de lieu de réunions internationales.

Sources

Voir la fiche
Événement
1932
11 mars 1932 — La Bellevilloise (salle Jaurès)
p 198
Voir la fiche
Événement
1932
Événement
1933
4 juin 1933 — Salle Pleyel
p 214-215
Congrès antifasciste de Pleyel ; naissance du "Mouvement Amsterdam-Pleyel" ; 3 000 participants ; une première cession avait eu lieu à Amsterdam en 1932
Voir la fiche
Événement
1937
Événement
1934
avril 1934 — Maison de la Culture (prolongement de l'AÉAR)
p 246
Première "maison de la culture", liée au PCF, dirigée par Louis Aragon
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Siège de la Fédération du Théâtre Ouvrier de France/Siège de l'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires
p 246
Voir la fiche
Événement
1935
21 juin 1935 — Palais de la Mutualité
p 247
Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, organisé par l'AÉAR ; 230 participants, 38 pays représentés
Voir la fiche
Événement
Événement
Événement
1933
1933 — Demeure et bureau de Willi Münzenberg
p 273
Bureaux du responsable de la propagande de l'Internationale Communiste à Paris sous le nom de Comité international d'aide aux victimes du fascisme hitlérien
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Bureaux de l'agence de presse "Nouvelle Allemagne"
p 274
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Siège du Bureau international pour la préparation du Congrès international
p 274
Voir la fiche
Événement
1939
17 août 1939 — Siège de la compagnie France-Navigation
p 319
Perquisition au siège de France-Navigation, société créée par le PCF pour venir en aide à l'Espagne républicaine
Voir la fiche
Événement
1939
1er septembre 1939 — Commissariat de police des Enfants Rouges
p 323
Le secrétaire de l'Internationale communiste entre dans une prison française au moment précis où la Wehrmacht franchit la frontière polonaise. C'est le matin du 1er septembre 1939. À Paris, les Parisiens apprennent par l …

Le secrétaire de l'Internationale communiste entre dans une prison française au moment précis où la Wehrmacht franchit la frontière polonaise.

C'est le matin du 1er septembre 1939. À Paris, les Parisiens apprennent par la radio et les manchettes des journaux que les armées allemandes ont envahi la Pologne. Dans le 3e arrondissement, au commissariat des Enfants-Rouges, 62 rue de Bretagne, des policiers interpellent un homme aux papiers suspects. Les fonctionnaires qui l'arrêtent ignorent qu'ils ont entre les mains Palmiro Togliatti, secrétaire général du Parti communiste italien, l'un des responsables les plus influents de l'Internationale communiste.

Togliatti vit en exil depuis 1926, année où le régime fasciste de Mussolini le condamna à mort par contumace. Après des séjours à Moscou et à Paris, puis en Espagne républicaine où il avait œuvré comme représentant du Komintern sous le pseudonyme d'"Alfredo", il se trouvait à Paris en cet été 1939 particulièrement tendu. Le Pacte germano-soviétique, signé le 23 août, venait de plonger le mouvement communiste international dans une crise de légitimité. Le gouvernement Daladier, qui tolérait encore depuis le Front populaire la présence de militants étrangers sur le territoire français, se retourne brusquement contre eux. La guerre approche, les décrets liberticides se succèdent, et les réfugiés politiques italiens, espagnols et allemands qui peuplent les arrière-salles des cafés du Marais deviennent des suspects de droit commun.

Lorsque les policiers du commissariat de la rue de Bretagne vérifient les papiers de l'inconnu, ils détectent une irrégularité. Ils l'incarcèrent sans savoir à qui ils ont affaire. Togliatti passera plusieurs mois en prison, maintenu à l'écart du mouvement qu'il dirigeait. Les autorités françaises, même en approfondissant leur enquête, n'identifient pas immédiatement l'homme qu'elles détiennent. Ce n'est que grâce à des démarches discrètes que le dossier avancera : libéré en mars 1940, il parviendra à quitter la France et à rejoindre l'Union soviétique, d'où il continuera à diriger le Parti communiste italien en exil jusqu'au débarquement allié de 1943.

La coïncidence du calendrier résume à elle seule les contradictions de l'époque. Le jour où l'Europe entre dans la Seconde Guerre mondiale, le représentant de l'organisation ouvrière internationale la plus structurée disparaît dans les geôles de la République française. Ce Pacte qu'il avait soutenu, cette ligne de neutralité que Moscou imposa aux partis communistes du monde entier, lui valait d'être traité comme un ennemi par les démocraties qu'il avait passé des années à appeler à résister au fascisme. La politique de Staline se retournait contre ses propres serviteurs.

Voir la fiche
Événement
1940
18 juin 1940 — Siège de la Propaganda Staffel/Section de presse du MBF
p 355
Voir la fiche