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10e & 11e arr.
Voie · Traverse 2 arrondissements

Rue Saint-Maur

De rue de la Roquette, 133. à avenue Claude Vellefaux, 22, et rue Jean et Marie Moinon, 2.
Quartiers Folie-Méricourt · Hôpital Saint-Louis · Roquette · Saint-Ambroise · Longueur ≈ 1935 m
≈ 1935 m
Longueur
2
Arrondissements
4
Quartiers
⚑ Cette rue traverse : 10 e arr. & 11 e arr.
I

Histoire de la rue

Longue de près de deux kilomètres, la rue Saint-Maur tire son nom d'un usage immémorial : elle suivait le tracé de l'ancien chemin de Saint-Maur, la voie qui reliait l'abbaye de Saint-Maur — en aval de Paris, sur la Marne — à la grande abbaye royale de Saint-Denis. Avant d'adopter ce nom définitif, le tronçon méridional s'appelait rue Saint-Sabin, et le tout formait un axe faubourien qui traversait les faubourgs du Temple et de la Roquette bien avant que Paris ne les absorbe.

C'est là, au n° 160, que s'installait au début du XVIIIe siècle le cabaret de la Courtille du Temple, repris en 1758 par Jean Ramponneau sous l'enseigne du Tambour Royal. La renommée de l'établissement fut telle que le verbe « ramponner » entra dans l'argot populaire comme synonyme de faire la fête — hommage involontaire au plus célèbre cabaretier parisien de son siècle. Au n° 100, une cour modeste vit, vers 1817, les débuts de la famille DebureauJean-Baptiste Gaspard et son fils Charles —, acrobates devenus les maîtres de la pantomime française.

La rue Saint-Maur est surtout une rue ouvrière, et son histoire politique le confirme à chaque barricade. En juin 1848, les combats aux n° 175-177 furent d'une violence extrême : le général Cavaignac lança sept bataillons à l'assaut, et Alexis de Tocqueville, alors député, assista à l'affrontement depuis les lignes gouvernementales. La rue n'avait pas fini de se battre. En 1869-1870, le n° 75 abritait la Fédération parisienne de l'A.I.T., et Augustin Avrial y créa une coopérative ouvrière d'armement ; au n° 60, pendant la Commune de 1871, une fabrique d'obus tournait sous sa supervision. Au n° 139 vivait Gabriel Ranvier, membre du Comité de Salut public, que Maxime Du Camp déclara faussement suicidé — c'est en réalité son frère Auguste que les soldats versaillais trouvèrent pendu, et sur le cadavre duquel ils tirèrent quand même.

La rue porte aussi des traces plus discrètes : l'immeuble industriel du n° 168, le passage du n° 119, l'atelier typographique clandestin du n° 130 où des résistants imprimèrent Pantagruel et La France continue sous l'Occupation — les frères Blanc y périrent en déportation. Entre romanesque et insurrection, entre Ramponneau et les coopératives de l'A.I.T., la rue Saint-Maur résume à elle seule deux siècles de Paris populaire.

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II

Fiches

21 fiches · 18 adresses
15
15 rue Saint Maur
Siège de l'Association de la Métallurgie
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60
60 rue Saint Maur
Coopérative ouvrière de fabrication d'Obus
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En mai 1871, pendant la Commune de Paris, une fabrique d'obus fut établie au 60 rue Saint-Maur sous la supervision d'Augustin Avrial. Ce syndicaliste et inventeur, né en 1840, orga
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Personnage(s) : Augustin Avrial
75
75 rue Saint Maur
Coopérative de transformation de fusils (créée et organisée par l'A.I.T.)/Coopérative ouvrière
2 fiches
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En novembre 1869, une Fédération parisienne des sociétés ouvrières est créée sous l'égide de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT), également appelée Première Interna
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Personnage(s) : Eugène Varlin ·Augustin Avrial
139
139 rue Saint Maur
Lieu du suicide d'Auguste Ranvier
2 fiches
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Les soldats versaillais tirent sur le cadavre d'Auguste Ranvier, frère de Gustave, qui s'est suicidé par pendaison
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Personnage(s) : Auguste Ranvier
Demeure de Gabriel Ranvier, membre du Comité de Salut public, donné fallacieusement suicidé par le crapuleux Maxime Du Camp ; c'est son frère qui est retrouvé pendu et sur lequel o
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Personnage(s) : Gabriel Ranvier
160
160 rue Saint Maur
Cabaret des Marronniers (créé par Ruelle)/Cabaret du Tambour Royal
1 fiche
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Cabaret de la Courtille du Temple, devenu en 1758 le Tambour Royal de Ramponneau ; si fameux que "ramponner" était devenu synonyme de "faire la fête" ; il est repris par le fils Ra
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Personnage(s) : Jean Ramponneau ·Beaumarchais ·Voltaire
161–163
161–163 rue Saint Maur
Église St Joseph
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Manifestation appelée par le "Journal du Peuple" à l'occasion du second procès en révision de Dreyfus ; une bagarre entre anarchistes et extrême droite se termine par un saccage de
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185
185 rue Saint Maur
Ateliers de la Société anonyme des ouvriers de la métallurgie/Coopérative ouvrière
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Coopérative de transformation des fusils à piston en fusils à tabatière, regroupant 80 ouvriers mécaniciens ; fabrication de "bombes-fronde"
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190
190 rue Saint Maur
Planque de David Diamant (groupe Solidarité)
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Organisateur d'une grève des ouvriers fourreurs, entreprise de sabotage de la production destinée aux nazis
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Personnage(s) : David Diamant
200
200 rue Saint Maur
Demeure d'André Pierre Murat (mécanicien, proudhonien)
2 fiches
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Demeure d'André Murat, membre du second bureau de l'Association Internationale des Travailleurs, condamné dans le 3ème procès de l'Association Internationale des Travailleurs
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Personnage(s) : André Murat
III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution