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20e arr.
Voie · 20e arrondissement

Rue de Bagnolet

De boulevard de Charonne, 148. à boulevard Davout, 229, et rue Belgrand, 82.
Quartiers Charonne · Père-Lachaise · Saint-Fargeau · Longueur ≈ 1400 m
≈ 1400 m
Longueur
3
Quartiers
I

Histoire de la rue

La rue de Bagnolet porte le nom le plus simple qui soit : c'est le chemin qui mène à Bagnolet, bourg voisin dont les maraîchers approvisionnaient Paris. Longue d'un bon kilomètre et demi, elle traverse trois quartiers — Charonne, Père-Lachaise, Saint-Fargeau — et relie le boulevard de Charonne au boulevard Davout, traversant en chemin une frange de la ville qui n'est intégrée à Paris qu'en 1860. L'arrêté du 2 avril 1868 lui donne officiellement son nom, du moins pour le tronçon entre le boulevard de Charonne et la place Saint-Blaise ; le reste suivra à mesure que le bâti se densifie.

Son adresse la plus chargée d'histoire est sans doute le n° 148, où le mystérieux baron de Batz — financier royaliste et intrigant de génie — réunit autour d'un festin les conjurés de Charonne. L'objectif : organiser l'évasion de Marie-Antoinette, puis, faute de mieux, retourner la situation en corrompant le député François Chabot. Ce « complot de l'Œillet » reste l'une des aventures les plus romanesques de la Révolution, et la maison de la rue de Bagnolet en fut l'un des quartiers généraux.

La Semaine sanglante de 1871 ensanglante littéralement la rue. Aux n° 60-67, une vingtaine de fédérés qui s'étaient rendus contre promesse de la vie sauve — dont un enfant brancardier — sont massacrés par traîtrise. Aux abords du n° 119, on découvrira en 1897 une fosse commune contre le mur du presbytère : quelque 800 fédérés y avaient été enterrés en hâte après les exécutions. Le même cimetière de Charonne accueille des tombes qui racontent d'autres destins : Henry Bauer, fils naturel d'Alexandre Dumas père, Communard déporté en Nouvelle-Calédonie ; mais aussi, plus sinistrement, Robert Brasillach fusillé en 1945, Paul Marion vichyste, et Maurice Bardèche, fondateur du négationnisme en France.

La rue garde aussi les traces d'un Paris laborieux et ferroviaire : la gare de Charonne de la Petite Ceinture (n° 102 bis), active de 1852 à 1869, a survécu reconvertie en salle de concerts — la Flèche d'Or. Des passages industriels typiques de la fin du XIX° siècle persistent aux n° 15 et 35 ; une cité ouvrière s'adosse au Père-Lachaise au n° 85. Et c'est au n° 166 que naît en 1931 Guy Debord, futur situationniste, enfant d'une rue qui n'a jamais vraiment fini de se révolter.

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II

Fiches

20 fiches · 12 adresses
60–67
60–67 rue de Bagnolet
Barricade pendant la Semaine sanglante
1 fiche
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Une vingtaine de Fédérés qui s'étaient rendus sur cette barricade contre la vie sauve, dont un enfant brancardier, sont massacrés par traîtrise alors qu'ils repartaient à la hauteur du 68 ou 70 de la rue de Bagnolet
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Personnage(s) : Fédérés
68–70
68–70 rue de Bagnolet
Lieu de massacre de Communards
1 fiche
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Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Personnage(s) : Fédérés
119
119 rue de Bagnolet
Cimetière de Charonne/Tombe de Maurice Bardèche
7 fiches
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Normalien, spécialiste de Balzac, beau-frère de Robert Brasillach, Maurice Bardèche prend parti pour le fascisme avant la guerre. Arrêté puis relâché à la Libération, alors que Brasillach est fusillé, il publie en 1948 Nuremberg ou la Terre promise, où il nie l’extermination des Juifs : condamné en 1952 pour « apologie de crimes de guerre », il passe pour l’un des fondateurs du négationnisme. Il meurt à Canet-en-Roussillon le 30 juillet 1998, à 90 ans. Ce fasciste revendiqué, qui fleurissait chaque année le mur des Fédérés, repose à Charonne, comme Brasillach et près de 800 fédérés fusillés en mai 1871, réinhumés le long du mur sud.
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Personnage(s) : Maurice Bardèche
Membre du comité central du PCF, Paul Marion travaille deux ans au bureau de propagande du Komintern, puis rompt en 1929, déçu par le régime stalinien. Néo-socialiste, il fonde en 1936 avec Doriot le PPF. Libéré d’un stalag grâce à Otto Abetz, il dirige dès 1941 l’Information et la Propagande de Vichy, pour « former un Français d’un type nouveau, comme un sculpteur devant la glaise ». En 1944, secrétaire d’État auprès de Pétain et président du Comité des amis de la Waffen-SS française, il le suit à Sigmaringen. Condamné en 1948 à dix ans de prison, gracié en 1953, il meurt à Paris le 2 mars 1954, à 54 ans. Il repose au cimetière de Charonne.
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Personnage(s) : Paul Marion
Fils non reconnu d'Alexandre Dumas, il fit la Commune à vingt ans, purgea sept ans de bagne en Nouvelle-Calédonie, et revint défendre dans la presse ceux que la bourgeoisie voulait écraser. Henry Bauër est né en 1851 de…
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Personnage(s) : Henri Bauër
Fin mai 1871, l’armée versaillaise reprend le quartier de Charonne. Le Gaulois du 1er juin raconte qu’on enlève les cadavres de Belleville, de Popincourt et de la Roquette pour les ensevelir « entre une double couche de chaux et de terre dans les tranchées creusées à Charonne et à Bagnolet ». Maxime Du Camp, hostile à la Commune, ne compte que 134 corps portés à Charonne. En 1897, le creusement du réservoir de Charonne fait démolir l’annexe du cimetière, de l’autre côté du chemin du Parc-de-Charonne : les terrassiers mettent au jour près de 800 squelettes encore vêtus d’uniformes, que leurs boutons désignent comme des fédérés fusillés sommairement. Ils sont réinhumés la même année, sans épitaphe, le long du mur sud du cimetière ; une plaque rappelle les faits.
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Personnage(s) : Fédérés
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Personnage(s) : Fédérés
Peintre en bâtiments, François-Éloy Bègue, dit le père Magloire, racontait qu’il avait été le secrétaire de Robespierre et avait échappé au 9 Thermidor ; il ne le fut jamais. Il meurt le 29 mai 1837. Selon son testament, on l’enterre en chantant, et ses amis, à qui il laisse cinq francs chacun, boivent à sa mémoire. Il a bâti son monument avec du matériel de récupération, procuré par un ami ferrailleur : une statue d’homme grandeur nature, en tricorne, sur un socle qui le proclame « patriote, poète, philosophe et secrétaire de Monsieur de Robespierre ». Ce titre est sans doute de même provenance que la statue ; la tombe, elle, est classée monument historique depuis 1965.
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Personnage(s) : François-Éloy Bègue
148
148 rue de Bagnolet
Château de Bagnolet/Pavillon de l'Ermitage (appartenant à Batz depuis 1787)
3 fiches
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Batz réunit autour d'un festin le gratin de la conspiration, dans le double objectif d'organiser l'évasion de Marie-Antoinette et d'utiliser Chabot, membre du Comité de sûreté générale, qu'il sait éminemment corruptible
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Siège des conjurés de Charonne, qui préparent une tentative pour faire évader Louis XVI. Ils tenteront ensuite de même avec Marie-Antoinette avec le "complot de l'Œillet". Dans les deux cas ce sera un échec
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Sur un terrain acheté en 1719, un architecte nommé Serin, dont on ne sait rien d'autre, construit vers 1720 pour Françoise-Marie de Bourbon, duchesse d'Orléans, trois pavillons d'agrément au fond du parc du château de Bagnolet. Seul subsiste l'Ermitage, ainsi nommé pour ses peintures murales d'ermites en grisaille ; il appartiendra au baron de Batz, qui y réunit des conjurés pour tenter de libérer Louis XVI.
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166
166 rue de Bagnolet
Maison natale de Guy Debord
1 fiche
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Naissance de Guy Debord, un des fondateurs de l'Internationale lettriste de 1952 à 1957, puis de l'Internationale situationniste
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Personnage(s) : Guy Debord
III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution