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Couverture — Sur Babeuf et la Conjuration des Égaux
Bibliographie

Sur Babeuf et la Conjuration des Égaux

François Maspero, 1970.
50 Fiches citant cet ouvrage
1970 Édition

Fiches citant cet ouvrage

50 fiches
Événement
1795
10 septembre 1795 — Lycée Louis-le-Grand/Maison d'arrêt du Plessis
p 57-58
Prison où Gracchus Babeuf rencontre plusieurs futurs cadres de la Conjuration des Égaux
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Événement
1794
2 novembre 1794 — Collège des Quatre Nations/Institut de France
p 57 & 149
Prison pendant la Terreur et siège du Comité de Salut public de la Seine
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Événement
1791
1791 — Hôtel de Modène/Demeure d'Anacharsis Cloots
p 93
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Demeure de Louis Antoine de Saint-Just
p 93
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Événement
1796
8 mai 1796 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
p 95-96
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Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
p 96-97
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Événement
1784
Événement
1796
8 mai 1796 — Cachette de Gracchus Babeuf (chez le tailleur Tissot et sous ce faux nom)
p 144
Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltr …

Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltration de Grisel, un indicateur

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Événement
1796
28 février 1796 — Abbaye Ste Geneviève/Lycée Henri IV
p 146
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Événement
1795
16 novembre 1795 — Réfectoire de l'abbaye Ste Geneviève (puis dans un des caveaux)/Club du Panthéon
p 146
Ouverture du club du Panthéon, dit aussi club des Panthéonistes, foyer de la future Conjuration des Égaux
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Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
p 147 & 152
Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robesp …

Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robespierre a signé la pétition pour la déchéance du roi — il risque d'être pris. Jeanne-Marie Roland et son mari Jean-Marie passent à son logement de la rue de Saintonge, dans le Marais, pour lui proposer une cachette. Il est déjà parti.

Il est chez les Duplay. Maurice Duplay est menuisier-ébéniste, rue Saint-Honoré — une maison à deux pas du club des Jacobins que Robespierre fréquente assidûment depuis des mois. La famille l'installe dans une chambre simple, donnant sur la cour. Il y a là Duplay et sa femme, leurs filles — dont Éléonore, que l'entourage tient pour la compagne officieuse de l'Incorruptible.

Robespierre ne s'installe pas « pour quelques jours ». Il reste. Pendant trois ans, la maison Duplay sera son seul logement parisien. Il y reçoit des visiteurs, rédige ses discours, travaille sous le bruit des ateliers en contrebas. Les Duplay le couvent avec une dévotion qui tient autant de la conviction républicaine que de l'attachement familial.

Ces trois années voient Robespierre passer de député radical en survie à membre tout-puissant du Comité de salut public. La chambre de la rue Saint-Honoré est son ancre dans une période où tout le reste — les institutions, les alliances, les têtes — change sans cesse. Le 9 Thermidor an II — 27 juillet 1794 —, il quitte la maison Duplay pour se rendre à la séance de la Convention. Il ne revient pas. Arrêté dans la soirée, il est guillotiné le lendemain place de la Révolution.

La maison des Duplay a depuis disparu. Une plaque marque aujourd'hui l'emplacement de la porte où il était entré, ce soir de juillet 1791, en fuyard.

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Événement
1792
2 novembre 1792 — Demeure de René Vatar/Siège du journal "Le Républicain" (puis "Journal des Hommes libres")
p 149-153
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Événement
1796
2 mars 1796
p 152 & 156
Le 2 mars 1796 (12 ventôse an IV), au plus fort de la crise sociale et politique du Directoire, Babeuf et ses proches lancent un nouveau journal, L’Éclaireur du Peuple, ou le Défenseur de vingt‑cinq millions d’opprimés, …

Le 2 mars 1796 (12 ventôse an IV), au plus fort de la crise sociale et politique du Directoire, Babeuf et ses proches lancent un nouveau journal, L’Éclaireur du Peuple, ou le Défenseur de vingt‑cinq millions d’opprimés, conçu comme organe clandestin de la future conjuration des Égaux. Le titre dit tout du projet : s’adresser directement aux masses populaires, dans une langue simple, pour dénoncer la misère, l’accaparement des richesses et la trahison des idéaux de 1793, tout en popularisant l’idée d’« égalité parfaite » et de communauté des biens.

Autour de Babeuf gravitent alors plusieurs figures qui joueront un rôle clé dans la conspiration : Sylvain Maréchal, qui a déjà rédigé le Manifeste des Égaux, Philippe Buonarroti, futur mémorialiste du complot, Simon Duplay et Charles Germain, chargés de l’organisation matérielle et de la diffusion. Le journal paraît trois fois par décade, tiré à quelques milliers d’exemplaires, vendu et passé de main en main dans les quartiers populaires, les ateliers, les cercles patriotes, de manière semi‑clandestine.

Par sa forme autant que par son contenu, L’Éclaireur du Peuple cherche à rompre avec la presse révolutionnaire savante ou purement polémique : articles courts, apostrophes directes au « peuple », exposés pédagogiques sur les droits, la propriété, la faim, et appels insistants à l’action collective. C’est l’un des premiers exemples, dans l’histoire parisienne, d’un journal explicitement conçu comme instrument d’éducation politique de travailleurs pauvres, prémices de ce que Marx et Engels verront plus tard, via Buonarroti, comme une matrice embryonnaire du mouvement communiste moderne.

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Événement
1796
9 septembre 1796
p 157
Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite. Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapit …

Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite.

Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapitée: ses cadres sont sous les verrous au Temple, en attente du procès de Vendôme. Mais des cellules survivent, des militants épars refusent de se soumettre. Le Directoire, régime de bourgeois enrichis par la Révolution, leur semble une trahison permanente.

Le 9 septembre 1796, dans la soirée, des conjurés partent de deux lieux: l'Auberge du Soleil d'Or, 226 rue de Vaugirard, et le Cabaret du Canon ci-devant royal, 81 rue Saint-Dominique. Leur plan: marcher sur le camp de Grenelle, à l'emplacement de l'actuelle place Dupleix dans le 15e arrondissement, rallier le 21e régiment d'infanterie qui y cantonne, convaincre les soldats de se mutiner contre le gouvernement directoriel. Jean-Baptiste Drouet est parmi eux: le même Drouet qui, à Varennes en juin 1791, avait reconnu Louis XVI dans sa berline et déclenché son arrestation. Cinq ans plus tard, l'ancien relayeur de poste est devenu babouviste.

La trahison s'est faite en amont. Grisel, agent double qui avait déjà livré la Conjuration principale en mai, a alerté les autorités. Les soldats du 21e régiment n'attendent pas des frères d'armes : ils reçoivent les insurgés par un feu nourri. La troupe gouvernementale encercle les abords du camp. Cent trente-deux personnes sont arrêtées dans la nuit; d'autres tombent sur place. Plusieurs dizaines reçoivent des peines de déportation ou d'emprisonnement; une trentaine seront fusillés par une commission militaire. Drouet parvient à s'enfuir; il sera condamné par contumace avant d'être amnistié sous Napoléon.

Babeuf apprend la nouvelle dans sa cellule. Son procès s'ouvrira à Vendôme en février 1797. Il sera condamné à mort et guillotiné le 27 mai 1797, avec Augustin Darthé. Jusqu'au bout, il tenta de se poignarder pour échapper à la honte du bourreau; il monta à l'échafaud blessé.

L'échec du camp de Grenelle marque la fin de la Conjuration des Égaux comme force active. Mais ses idées survivent: Philippe Buonarroti en publie l'histoire en 1828, et ce livre sera lu par Marx, Engels et tous ceux qui, au XIXe siècle, chercheront à comprendre comment une révolution peut trahir ses propres promesses d'égalité.

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Événement
1796
1796 — Café Chrétien/Quartier général des robespierristes
p 158 & 289
Lieu de rassemblement des babouvistes ; on y faisait la lecture des journaux
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Événement
1795
1795 — Demeure de Jean Pierre André Amar
p 176-177
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Événement
1794
3 septembre 1794 — Siège du journal "Le Journal de la liberté de la presse"
p 186 & 190
Quand Robespierre est mort, les prisons se sont ouvertes, et des hommes sont sortis qui se souvenaient que la Révolution n'avait pas encore tenu ses promesses. Le 3 septembre 1794, 17 fructidor an II, paraît à Paris le p …

Quand Robespierre est mort, les prisons se sont ouvertes, et des hommes sont sortis qui se souvenaient que la Révolution n'avait pas encore tenu ses promesses.

Le 3 septembre 1794, 17 fructidor an II, paraît à Paris le premier numéro du "Journal de la liberté de la presse", fondé par Gracchus Babeuf au 29 rue du Faubourg Saint-Honoré. Babeuf vient d'arriver dans la capitale après sa libération. Il a trente-quatre ans, un casier chargé de petits délits de faussaire, et des idées sur la propriété et l'égalité économique d'une radicalité que Robespierre lui-même n'aurait pas approuvée.

Le 9 thermidor an II, le 27 juillet 1794, Robespierre avait été renversé et guillotiné par une coalition de membres de la Convention qui redoutaient à la fois la Terreur et la rigueur du Maximum. Les thermidoriens entendent restaurer la liberté des marchés, libérer les suspects, démanteler les tribunaux d'exception. Mais ils libèrent aussi des prisonniers politiques qui se retrouvent soudain à Paris, face à une misère sociale que la Révolution n'a pas résolue : les prix s'envolent, le pain manque, et les faubourgs s'appauvrissent pendant que les spéculateurs du Palais-Royal s'enrichissent.

Babeuf avait passé sa jeunesse à compulser les archives seigneuriales pour le compte des paysans de Picardie. Il en avait tiré une conviction inébranlable : la propriété privée telle qu'elle existe est le crime fondateur des sociétés inégales. La Révolution, en abolissant la féodalité, avait franchi un premier pas ; mais elle n'avait pas touché aux inégalités de fortune. Pour lui, c'est là que tout reste à faire.

Son journal, d'abord intitulé "Journal de la liberté de la presse", devient le 5 octobre 1794 "Le Tribun du Peuple ou le Défenseur des droits de l'homme". Imprimé à deux mille exemplaires, lu dans les sections ouvrières et les sociétés populaires, il y développe une critique acérée de la Réaction thermidorienne et commence à esquisser une doctrine de l'égalité économique radicale que ses contemporains ne savent pas encore nommer. Marx, cinquante ans plus tard, reconnaîtra dans Babeuf "la première apparition réelle d'un parti communiste agissant", le moment où l'utopie égalitaire descend des philosophies dans la pratique révolutionnaire.

Le journal mènera son auteur, deux ans plus tard, à la Conjuration des Égaux de 1796 : tentative de coup d'État populaire dont l'échec enverra Babeuf à l'échafaud à Vendôme, en mai 1797. Mais entre le 3 septembre 1794 et ce dénouement, il y aura eu deux ans de presse révolutionnaire, de propagande socialiste embryonnaire, et d'organisation clandestine : la généalogie du mouvement ouvrier européen passe par cette boutique de la rue du Faubourg Saint-Honoré.

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Événement
Événement
1796
1er mai 1796 — Demeure d'Augustin Alexandre Darthé
p 217
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Événement
Événement
1796
7 mai 1796 — Demeure de Jean-Baptiste Drouet
p 218
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Événement
1794
30 janvier 1794 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés
p 221
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Événement
1750
15 août 1750 — Maison natale de Pierre Sylvain Maréchal (son père était marchand de vin)
p 244
Naissance de Sylvain Maréchal, futur membre de la Conjuration des Égaux
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Événement
1788
Événement
1773
Événement
1788
Événement
Événement
1793
1793 — Imprimerie du Cercle social/Siège du journal "Le Bulletin des Amis de la Vérité"
p 263
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Événement
Événement
1795
5 décembre 1795 — Demeure de Gracchus Babeuf/Bureaux du journal "Le Tribun du Peuple"
p 274
Perquisition des locaux du Tribun du Peuple ; tentative d'arrestation de Babeuf, qui parvient cette fois à s'échapper
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Événement
1796
5 février 1796 — Prison de la Petite Force (ancien Hôtel de Brienne)
p 275
Après une tentative d'arrestation par la police de Gracchus Babeuf dans les bureaux du Tribun du Peuple, arrestation ordonnée par le Directoire qui voulait éliminer un journaliste trop audacieux dans sa poursuite d'une r …

Après une tentative d'arrestation par la police de Gracchus Babeuf dans les bureaux du Tribun du Peuple, arrestation ordonnée par le Directoire qui voulait éliminer un journaliste trop audacieux dans sa poursuite d'une révolution universelle sous le signe de l'égalité et "du bonheur commun", la police arrêta le 16 pluviose an IV (5 février 1796) sa femme, Zoé Desprez, pour le forcer à se rendre. Elle ne donna pas d'adresse de Babeuf et fut jetée à la Petite-Force. Une collecte fut organisée par la Société du Panthéon pour pourvoir à ses besoins, tandis que des amis accastillèrent ses enfants.

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Événement
1790
3 mars 1790 — Siège du journal "La Chronique de Paris"
p 280
Publication du texte de Cloots réclamant la translation des cendres de Voltaire
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Événement
1833
janvier 1833 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
p 301
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Événement
1847
1847 — Librairie Pagnerre/Siège du journal "Paris Révolutionnaire"
p 301
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Événement
1836
Événement
1795
avril 1795 — Maison d'arrêt du Plessis/Lycée Louis-le-Grand
p 304
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Événement
1837
16 septembre 1837 — Cimetière Montmartre/Tombe de Philippe Buonarroti
p 351
Avec Buonarroti s'éteint le dernier homme qui ait connu Babeuf et transmis à Marx la flamme de la première insurrection communiste. Philippe Buonarroti est né à Pise le 11 novembre 1761, descendant collatéral de Michel-A …

Avec Buonarroti s'éteint le dernier homme qui ait connu Babeuf et transmis à Marx la flamme de la première insurrection communiste.

Philippe Buonarroti est né à Pise le 11 novembre 1761, descendant collatéral de Michel-Ange. La noblesse toscane lui ouvre toutes les portes, mais c'est vers la Révolution française qu'il se retourne. Naturalisé français, militant jacobin, il suit les armées républicaines en Corse et côtoie le jeune Bonaparte. En 1795, arrêté à Menton comme "robespierriste", il est transféré à Paris et incarcéré à la prison du Plessis, où il rencontre François-Noël Babeuf.

De cette rencontre naît une complicité décisive. Buonarroti rejoint la Conjuration des Égaux de 1796 : ce complot, unique dans l'histoire révolutionnaire, pose pour la première fois l'exigence d'une égalité non seulement de droits mais de conditions, c'est-à-dire la mise en commun de la propriété et des subsistances. Babeuf est arrêté en mai 1796, condamné et guillotiné à Vendôme le 27 mai 1797. Buonarroti est déporté.

Il survit, émigre, traverse Genève et Bruxelles, et tisse pendant trente ans un réseau discret de sociétés secrètes et de propagande révolutionnaire. Son nom circule parmi les carbonari d'Italie et les républicains de Paris. En 1828, depuis Bruxelles, il publie la "Conspiration pour l'Égalité dite de Babeuf" : récit détaillé du complot, mais aussi programme et doctrine, la première exposition cohérente de ce que le XIXe siècle appellera communisme. Le livre est immédiatement traduit et diffusé dans toute l'Europe radicale. Engels écrira que la Conjuration des Égaux fut "la première manifestation d'un parti communiste réellement actif."

Buonarroti rentre à Paris en 1830, sous la Monarchie de Juillet. Il a soixante-neuf ans. Il reprend ses activités militantes, rencontre les jeunes révolutionnaires de la génération suivante, fréquente les cercles blanquistes et républicains. Il meurt à Paris le 16 septembre 1837 et est inhumé au cimetière Montmartre.

Sa tombe est celle d'un passeur : entre la Révolution française et le socialisme du XIXe siècle, entre Babeuf et Marx, entre l'égalité de droit proclamée en 1789 et l'égalité matérielle que les travailleurs réclameront en 1848 et en 1871. Sans Buonarroti, la mémoire de Babeuf eût peut-être sombré dans les archives. C'est lui qui fit du tribun guillotiné à Vendôme le premier ancêtre reconnu du communisme moderne.

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Événement
1830
1830 — Librairie Historique/Librairie de l'Encyclopédie des Arts et Métiers
p 356
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