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Couverture — Le Printemps de Paris
Bibliographie

Le Printemps de Paris

GURGAND Jean-Noël & BARRET Pierre
Fayard-Hachette, 1988.
109 Fiches citant cet ouvrage
1988 Édition

Fiches citant cet ouvrage

109 fiches
Événement
1832
6 juin 1832 — Maison des saint-simoniens (communauté exclusivement masculine)
p 59-61
Installation de la communauté saint-simonienne composée de 40 "fils", détournement de la pensée de Saint-Simon ; elle sera vite dissoute pour atteinte aux bonnes mœurs
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Événement
1832
1832 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
p 61
Le "père" Enfantin est enfermé à Ste Pélagie après la fermeture de la communauté de Ménilmontant
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Événement
1848
22 février 1848 — Place de la Madeleine
p 80 & 96
Lieu de rassemblement alternatif suite à l'interdiction du banquet politique qui déclenchera la Révolution de Février 1848
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Événement
1848
22 février 1848 — Restaurant Durand/Rendez-vous du banquet de Chaillot
p 80 & 96
Rassemblement des souscripteurs pour se rendre au banquet interdit de Chaillot
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Événement
1848
22 février 1848 — Demeure de Camille Odilon Barrot
p 103
C'est le début de la Révolution de février 1848. Le 22 février 1848, tout commence presque calmement, dans un salon de la Chaussée d’Antin. Une délégation de l’opposition se rend chez Odilon Barrot, chef de file des réfo …

C'est le début de la Révolution de février 1848. Le 22 février 1848, tout commence presque calmement, dans un salon de la Chaussée d’Antin. Une délégation de l’opposition se rend chez Odilon Barrot, chef de file des réformistes, pour trancher la question qui met le feu aux poudres : maintenir ou non le grand banquet réformiste prévu à l’est de Paris, interdit par le gouvernement Guizot.

Barrot, Lamartine, Marrast et d’autres y pèsent le pour et le contre. Le banquet devait couronner la campagne des banquets, cette forme détournée de réunion politique par laquelle l’opposition réclame l’élargissement du suffrage. Mais le risque de heurts est réel, et la monarchie de Juillet a choisi la manière forte : interdiction pure et simple du cortège et du repas. Après discussion, Barrot obtient la résiliation de la manifestation, en échange de la promesse d’une mise en accusation des ministres à la Chambre.

Cette reculade des modérés ne calme rien. Dans la nuit, le banquet est officiellement annulé, mais, comme l’admettra Barrot lui‑même, « le char est lancé, et quoi que nous fassions le peuple sera demain dans la rue ». Le 22 février au matin, étudiants et ouvriers commencent à se rassembler, la Marseillaise aux lèvres, bien décidés à transformer l’interdiction d’un repas politique en ouverture d’une crise de régime.

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Événement
1848
21 février 1848 — Siège du journal "Le Siècle"
p 103 & 144
Réunion au sortir de chez Odilon Barrot, où se décide le recours aux armes en cas de répression ; 7 parlementaires seulement sont présents sur les 100 initialement inscrits pour le banquet
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Événement
Événement
1848
22 février 1848
p 111
Lieu de remplacement prévu pour le banquet réformiste interdit par François Guizot ; des tentes installées en plein air sur un terrain vague
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Événement
1848
1848 — Théâtre Historique/Boulevard du Crime
p 111
Représentations du "Chevalier de Maison-Rouge", d'Alexandre Dumas ; le "Chœur des Girondins" sera repris par les insurgés de Février 1848
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Événement
1848
22 février 1848
p 114-115
Protestation contre l'interdiction du banquet ; premiers heurts avec les gardes municipaux à cheval, les "cipaux", lors des journées de Février 1848 ; une femme est tuée et un ouvrier blessé
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Événement
1846
1846 — Fabrique de boutons Bapterosses/Lieu de travail de l'ouvrier Albert
p 116
Lieu de travail de l'un des chefs de la Société des Saisons
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Événement
1848
23 février 1848 — Magasin de l'armurier Lepage
p 117
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Événement
Événement
Événement
1848
22 février 1848
p 124 & 169
Pillage de l'armurerie Devisme ; distribution de lames des sabres, les armes ayant été démontées
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Événement
1848
23 février 1848 — Armurerie Lepage
p 125-126
Pillage de l'armurerie Lepage décrit par Victor Hugo dans "Choses vues"
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Événement
1848
22 février 1848
p 125
Poste de garde pris dès le début de l'insurrection de Février 1848
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Événement
1848
22 février 1848
p 125
Poste de garde pris dès le début de l'insurrection de Février 1848
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Événement
Événement
1848
Événement
1848
1848 — Demeure d'Alexandre Martin dit l'ouvrier Albert
p 131
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères (1820-1853)
p 144 & 149
Le sergent Giacomoni tire sur un manifestant qui voulait forcer le passage vers la Madeleine ; coup de feu qui déclenche la fusillade contre la foule, d'où la version officielle prétendra qu'il est parti
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères
p 144 & 149
Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés Le 23 février 1848, vers 22 heure …

Répression par le 14ème de ligne d'une manifestation boulevard des Capucines vers 22 heures ; ce sera le déclencheur de la Révolution de 1848, on relèvera 52 morts et quantité de blessés

Le 23 février 1848, vers 22 heures, le [[boulevard des Capucines|doc:boulevard-des-capucines.WebHome]] devient l’épicentre d’un basculement politique que personne ne maîtrise plus. Toute la journée, les manifestations se sont multipliées après l’interdiction du banquet réformiste : on chante, on fraternise parfois avec la Garde nationale, on démonte quelques pavés, mais beaucoup croient encore la situation rattrapable.

Devant le ministère des Affaires étrangères, la foule se masse pour acclamer la chute annoncée du ministère Guizot. Des torches, des drapeaux, des cris de « Vive la réforme ! ». Des compagnies du 14ᵉ de ligne sont déployées en travers du boulevard, théoriquement pour contenir la manifestation. Un mouvement de foule, un attelage qui s’engage, des manifestants qui veulent forcer le passage : la confusion s’installe au pied des baïonnettes.

Un coup de feu part – tir isolé ou geste d’un sous‑officier paniqué –, immédiatement suivi d’une décharge en règle contre la foule tassée le long des trottoirs. Quand le silence retombe, on relève 52 morts, des dizaines de blessés. Des corps sont chargés sur des tombereaux et promenés à la lueur des torches vers le centre de Paris : les cadavres deviennent argument politique.

Ce massacre de nuit brise net la stratégie de « réforme encadrée » de [[Louis‑Philippe|doc:louis-philippe-1er.WebHome]] et de [[Guizot|doc:francois-guizot.WebHome]]. Aux yeux des Parisiens, le régime a tiré sur le peuple désarmé. Dès lors, l’abdication du roi, le 24, n’apparaîtra plus comme une simple crise ministérielle, mais comme la réponse tardive à une révolution déjà déclenchée sur le pavé des Capucines.

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Événement
1848
23 février 1848 — Siège du journal "Le National"
p 153
Garnier-Pagès jure de venger la fusillade des Capucines au passage du tombereau des victimes. La révolution aura 289 morts : 275 hommes, 14 femmes. L'armée perdra 72 hommes
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Événement
Événement
1848
24 février 1848 — Mairie de l'ex 8ème arrondissement (de 1793 à 1860)
p 162
Les insurgés, soutenus par des soldats de la Garde nationale, désarment les gardes municipaux, les "cipaux", en faction devant la mairie
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Événement
1848
24 février 1848 — Caserne Reuilly
p 162
Prise de la caserne Reuilly par les insurgés de Février 1848
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Événement
Événement
1848
24 février 1848 — Mairie de l'ex 12ème arrondissement (de 1805 à 1850)
p 168
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Événement
1848
février 1848 — Ancien Pont Louis-Philippe (pont suspendu s'appuyant sur la pointe de l'île St Louis)
p 171
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Événement
1848
24 février 1848
p 172-181
Attaque du poste du Château d'Eau par les insurgés ; dernier bastion de résistance de l'armée. Sa chute marque celle de la royauté. 38 insurgés et 11 soldats furent tués dans ces combats
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Événement
1848
Événement
1848
24 février 1848 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 195 & 201
Lamartine tergiverse entre la régence de la duchesse d'Orléans et la constitution d'un Gouvernement provisoire, mais se prononce finalement pour cette seconde solution
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Événement
Événement
1848
1848 — Demeure d'Alexandre Martin dit l'ouvrier Albert
p 199
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Événement
1848
24 février 1848 — Ancienne préfecture de police
p 200
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Événement
1848
24 février 1848 — Hôtel de Ville
p 217
Le 24 février 1848, en fin de journée, Paris a basculé : Louis‑Philippe a fui, les Tuileries sont tombées, et c’est désormais à l’Hôtel de Ville que se joue l’avenir du régime. Dans la grande salle encombrée de délégués, …

Le 24 février 1848, en fin de journée, Paris a basculé : Louis‑Philippe a fui, les Tuileries sont tombées, et c’est désormais à l’Hôtel de Ville que se joue l’avenir du régime. Dans la grande salle encombrée de délégués, de journalistes, de représentants autoproclamés du peuple, on discute depuis des heures de la forme du nouveau pouvoir. Une liste de Gouvernement provisoire a émergé dans la confusion, mêlant républicains « modérés » du National, figures plus radicales comme Ledru‑Rollin, et représentants du « peuple » comme Albert. Reste à rendre tout cela lisible pour les Parisiens massés sur la place.

À 10 h 20 du soir, le général Jacques‑Gervais Subervie apparaît au balcon de l’Hôtel de Ville pour lire la composition du Gouvernement provisoire. Ancien officier de l’Empire, rallié au camp républicain, il prête sa voix et son uniforme au nouveau régime. Derrière lui, on reconnaît des noms déjà célèbres – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Crémieux, Louis Blanc, Garnier‑Pagès, Flocon, Albert… – censés incarner à la fois la continuité de l’État, l’élan républicain et la présence symbolique des classes populaires. La proclamation est à la fois un acte de communication et un geste d’autorité : il faut montrer que le pouvoir n’est plus au palais, mais dans cette maison commune où se pressent insurgés, gardes nationaux et curieux.

Dans la logique de Marx, ce moment cristallise le compromis né de la révolution de Février. Le Gouvernement provisoire naît d’une insurrection dominée par les ouvriers parisiens, mais sa composition reflète surtout l’équilibre entre fractions de la bourgeoisie républicaine, avec quelques figures populaires encadrées. La présence d’un général au balcon souligne cette volonté de rassurer : la République qui surgit ce soir‑là promet des libertés nouvelles, le suffrage universel, quelques réformes sociales, mais elle se donne aussi pour tâche de maintenir l’ordre et de protéger la propriété. Entre la clameur de la place et la voix militaire de Subervie, on entend déjà le double langage de 1848 : République « pour tous », mais pilotée d’en haut par ceux qui entendent rester maîtres du jeu.

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Événement
Événement
1848
25 février 1848 — Hôtel de Ville
p 232-234
Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge. Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne dése …

Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne désemplit pas. La monarchie de Juillet vient de s’effondrer, les Tuileries ont été envahies, mais rien n’est encore réellement stabilisé : quelle forme de gouvernement ? Avec qui ? Au milieu du tumulte, entre délégations de quartiers, journalistes, ouvriers, étudiants et notables républicains, se fabrique, presque à voix haute, la future République.

Vers deux heures du matin, la décision tombe : la République est proclamée, et un Gouvernement provisoire est désigné. On y retrouve les grandes figures du moment – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Garnier‑Pagès, Marie, Crémieux, Louis Blanc, Flocon, Albert… – mélange de républicains « respectables », de tribuns plus radicaux et de représentants symboliques des classes populaires. L’Hôtel de Ville devient officiellement le centre du nouveau pouvoir, au nom du « peuple de Paris ».

C’est aussi à l’Hôtel de Ville, le 25 février, qu’a lieu l’un des épisodes les plus commentés de ces journées : la confrontation autour du drapeau. Une partie des insurgés, emmenés par des militants comme Raspail, réclame l’adoption du drapeau rouge, couleur des luttes ouvrières et de la révolution sociale. Lamartine, lui, se dresse pour défendre le tricolore, qu’il présente comme le drapeau de 1789, de 1830, de la nation tout entière, là où le rouge ne serait, selon lui, « que le drapeau d’une seule classe ». Sa longue harangue, très théâtrale, l’emporte : le drapeau tricolore est maintenu, avec l’ajout de quelques symboles (comme la cocarde rouge) pour tenter de calmer les ardeurs populaires.

Cet épisode condense toute l’ambiguïté de la révolution de Février. D’un côté, la République est arrachée par une insurrection où les ouvriers et les quartiers populaires ont joué un rôle décisif ; de l’autre, sa forme et ses symboles sont aussitôt encadrés par des républicains « modérés » qui veulent une République politique, mais surtout pas une République sociale. Entre la proclamation nocturne, les cris venus de la place et la voix de Lamartine au balcon, on sent déjà la tension qui conduira, quelques mois plus tard, aux affrontements de Juin 1848.

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Événement
1848
5 mars 1848 — Hôtel Manchester/Séjour de Karl Marx
p 238
Le 5 mars 1848, tout juste expulsé de Belgique, Karl Marx arrive à Paris avec Jenny et leurs trois enfants. Invité par Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire, il est d’abord logé à l’hôtel Manchester, au 1 r …

Le 5 mars 1848, tout juste expulsé de Belgique, Karl Marx arrive à Paris avec Jenny et leurs trois enfants. Invité par Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire, il est d’abord logé à l’hôtel Manchester, au 1 rue de Gramont, en plein cœur de la capitale. Ce séjour est bref : il ne s’agit que d’un point de chute provisoire, le temps de reprendre souffle et de trouver un logement plus stable dans un Paris en pleine effervescence révolutionnaire.

Quelques jours plus tard, la famille quitte l’hôtel pour s’installer au 10, rue Neuve‑de‑Ménilmontant, une petite rue du Marais populaire, aujourd’hui rue Commines. Le choix n’est pas anodin : on se rapproche des quartiers ouvriers et des milieux démocrates et socialistes que Marx entend observer de près avant de repartir vers l’Allemagne, où il espère voir la révolution gagner le Rhin. Dans ces quelques semaines parisiennes de 1848, entre hôtel du centre et appartement modeste du 3ᵉ arrondissement, se joue un moment de transition : Marx n’est déjà plus le jeune publiciste exilé de 1843–1845, et pas encore l’organisateur de la Neue Rheinische Zeitung, mais un révolutionnaire en transit qui prépare, depuis Paris, son retour sur la scène politique allemande.

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Événement
1848
mars 1848 — Demeure de Karl Marx
p 238
En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 1 …

En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 10 [[rue Commines|doc:rue-commines.WebHome]]. La Ligue des Communistes, fondée en 1847 à Londres, est la première organisation politique marxiste, regroupant des exilés allemands et des militants socialistes, dont [[Friedrich Engels|friedrich-engels.WebHome]], [[Ferdinand Freiligrath|ferdinand-freiligrath.WebHome]] et Flocon. Marx et Engels y jouent un rôle central, rédigeant notamment le Manifeste du Parti communiste à la demande de la Ligue. L’installation du siège à Paris intervient dans le contexte des révolutions européennes de 1848, alors que la Ligue cherche à coordonner l’action révolutionnaire des ouvriers allemands et à diffuser ses idées. Ce lieu devient un centre d’activité politique et de rédaction, avant que la répression ne contraigne Marx et ses proches à quitter la France quelques mois plus tard.

Sources

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Événement
1827
19 novembre 1827
p 245
Le jeune Auguste Blanqui est blessé au cou lors une émeute contre Charles X ; il s'agissait sans doute d'une provocation policière
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Événement
1848
28 février 1848 — Palais du Luxembourg/Siège de la Commission du Luxembourg
p 249-250
Institution d'une Commission du gouvernement pour les travailleurs, alors que ceux-ci voulaient un ministère du Travail, dit "ministère du Progrès". Louis Blanc se laisse fléchir et accepte le gadget
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Événement
1848
mars 1848 — Manège Fitte ou Defitte/Siège de l'Association nationale italienne/Club des Émigrés Italiens
p 259
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Événement
1848
1 août 1848 — Siège du journal "L'évènement"
p 259
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Événement
1848
1848 — Éditions Paulin et Lechevalier/Siège du journal "La Cause du Peuple"
p 259 & 471
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Événement
1848
27 février 1848 — Siège du journal "Le Peuple constituant"
p 259
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Événement
1848
1848 — Siège du journal "Le Représentant du Peuple" puis "Le Peuple" puis "La Voix du Peuple"
p 259
Siège du journal "Le Représentant du Peuple" de février à août 1848, puis "Le Peuple" de septembre 1848 à juin 1849, puis "La Voix du Peuple" du 1er octobre 1849 au 14 mai 1850
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Événement
1848
1848
p 259
Siège du journal "Le Salut public" de Champfleury, qui connut 2 numéros, auquel collabora Baudelaire, et dont le frontispice avait été dessiné par Courbet
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Événement
1848
27 mai 1848 — Siège du journal "Le Travailleur de la Mère Duchêne"
p 259
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Événement
1848
8 mars 1848 — Club des Travailleurs allemands
p 261
Karl Marx est arrivé à Paris trois jours plus tôt, expulsé de Belgique en pleine nuit, sa femme Jenny arrêtée et maltraitée par la police de Bruxelles. C'est Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire de la IIe …

Karl Marx est arrivé à Paris trois jours plus tôt, expulsé de Belgique en pleine nuit, sa femme Jenny arrêtée et maltraitée par la police de Bruxelles. C'est Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire de la IIe République toute fraîche, qui l'a personnellement invité à revenir dans la ville dont il avait déjà été chassé en 1845. Marx s'installe aussitôt au 10 rue Commines — ancienne rue Neuve de Ménilmontant, dans le Marais — qui sert de quartier général à la Ligue des communistes.

C'est vraisemblablement dans ce même local que se tient, le 8 mars, la réunion fondatrice. Marx y propose la création d'un Club des travailleurs allemands. L'enjeu est tactique autant que politique : il s'agit de contrer la Société démocratique allemande de Georg Herwegh, qui recrute des volontaires pour former une légion armée censée aller « faire la révolution » en Allemagne depuis le sol français. Pour Marx, cette aventure est une absurdité dangereuse — et Lamartine, à la tête du gouvernement provisoire, ne manquera pas de dénoncer ces légions étrangères aux gouvernements qu'elles prétendent renverser.

Le Club des travailleurs allemands sera un contrepoids : une organisation ouverte, non conspirative, dotée de statuts rédigés par Marx lui-même, destinée à organiser politiquement la nombreuse colonie ouvrière allemande de Paris. La Réforme en annonce la création dès le 10 mars. Fin mars, Marx et Engels feront adopter par le club les Revendications du Parti communiste en Allemagne, tract programmatique emporté en poche par ceux qui rentrent au pays — pendant peu connu du Manifeste, publié quelques semaines plus tôt.

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Événement
1848
mars 1848 — Hôtel de Brouilly/Club Fraternel des Lingères
p 262
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Événement
1848
mars 1848 — Bureau d'enrôlement des "Vésuviennes"/Club légion des "Vésuviennes"
p 262
Constitution d'une cohorte féminine, les "Vésuviennes", suite à un canular misogyne de Daniel Borme qui avait placardé dans Paris un faux appel d'enrôlement féminin
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Événement
1848
10 mars 1848 — Siège du journal "La Voix des Femmes, organe des intérêts de toutes et tous"
p 262
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Événement
1848
mars 1848 — Club de l'Émancipation des Femmes/Siège du journal "La Tribune des Femmes"
p 262
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Événement
1848
25 février 1848 — Conservatoire national de Musique (vestibule à colonnes)
p 263
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Événement
1848
21 mars 1848 — Palais National/Palais Royal (rebaptisé)/Club des Clubs
p 263-264
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Événement
Événement
1848
18 mars 1848 — Salle Molière/Club des Clubs
p 263-264
Lors d'une réunion à la salle Molière est décidée la création du Club des Clubs. Il sera animé par Sobrier et Huber. Réunions du Comité Révolutionnaire pour les élections à l'Assemblée constituante de 1848
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Événement
1848
24 mars 1848
p 264
Plantation d'un "arbre de la Liberté", comme un peu partout en France
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Événement
1848
mars 1848 — La Sorbonne (grand amphithéâtre)
p 271-272
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Événement
Événement
1848
22 mars 1848 — Hôtel de Ville
p 273
Le 22 mars 1848, un mois à peine après la révolution qui a renversé Louis-Philippe, une délégation de militantes se présente à l'Hôtel de Ville. Elles viennent au nom de La Voix des Femmes — journal fondé deux jours plus …

Le 22 mars 1848, un mois à peine après la révolution qui a renversé Louis-Philippe, une délégation de militantes se présente à l'Hôtel de Ville. Elles viennent au nom de La Voix des Femmes — journal fondé deux jours plus tôt par Eugénie Niboyet, le 20 mars — et réclament ce que la République vient d'accorder aux hommes : la citoyenneté et le droit de vote.

Jeanne Deroin conduit la délégation. Couturière de formation, autodidacte, saint-simonienne, elle a quarante-deux ans et une conviction absolue : une République qui exclut la moitié de l'humanité du suffrage universel n'est pas une République. La composition exacte de la délégation n'est pas connue, mais elle comprenait vraisemblablement des membres de l'association de La Voix des Femmes : Eugénie Niboyet, fondatrice du journal, Pauline Roland, Désirée Gay, Anaïs Ségalas — le noyau de ce qui est à la fois un journal, un club et un mouvement, réunissant les héritières du saint-simonisme et du fouriérisme.

Armand Marrast les reçoit au nom du gouvernement provisoire. Sa réponse est ambiguë : le suffrage universel proclamé le 2 mars a rétabli les droits dont les hommes avaient été injustement privés sous les monarchies censitaires. Les femmes, elles, n'avaient jamais voté — il n'y a donc rien à leur rendre. L'encouragement qu'il leur offre ne les dupe pas.

Jeanne Deroin ne s'arrête pas là. Elle tente de se présenter aux législatives de 1849 — illégalement, pour forcer le débat. Elle est arrêtée en 1850, condamnée, et finit sa vie en exil à Londres, où elle meurt en 1894. Le droit de vote des femmes attendra 1944.

La République qu'elle réclamait, elle ne la vit pas.

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Événement
1848
5 avril 1848
p 275
Un tribunal d'honneur est réuni suite à l'accusation émise contre Blanqui d'avoir fourni un rapport à Duchâtel en 1839 ; tentative de le discréditer pour l'éliminer politiquement, qui réussit partiellement
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Événement
1848
16 avril 1848
p 278
Banderoles "Abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme" dans une manifestation des ouvriers des ateliers nationaux organisée par des militants Blanquistes
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Événement
1848
15 mai 1848 — Maison de la mère d'Auguste Blanqui (depuis 1832)
p 315
Les gardes nationaux réactionnaires n'ayant pas réussi à s'emparer de Blanqui saccagent la maison de sa mère, comme celle de Sobrier et de Cabet
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Événement
1848
22 juin 1848
p 340
La délégation ouvrière qui a rencontré la Commission du Luxembourg fait le compte-rendu de l'échec de l'entrevue ; elle lance un appel à se rendre au Panthéon ; prémices de l'insurrection
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Événement
1848
22 juin 1848
p 340
Lieu de rassemblement des ouvriers du Fbg St Marceau. Des barricades sont érigées dans la rue St Jacques par 8 000 ouvriers des Ateliers nationaux et 56 délégués du 12ème arrondissement
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Événement
1848
23 juin 1848
p 342
Office des morts pour les héros de la Bastille improvisé par Louis Pujol au pied de la Colonne de Juillet
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade de la place du Petit Pont/Barricade en Juin 1848
p 347-348
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Événement
Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
p 357-358
Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu. Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848 …

Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu.

Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848, les ouvriers des Ateliers nationaux — ces chantiers créés par la République en février pour donner du travail aux chômeurs — apprennent que le gouvernement les ferme. Cent mille hommes jetés à la rue, sans travail, sans indemnité, avec pour seule proposition l'enrôlement dans l'armée ou le départ vers les marais de Sologne. Le 23, les barricades se lèvent dans tout l'est parisien.

Le général Cavaignac, investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée, mène la répression avec méthode. L'artillerie pilonne les quartiers ouvriers. Le faubourg Saint-Antoine, cœur de l'insurrection, résiste. À son entrée, face à la place de la Bastille, une immense barricade barre la rue — la plus grande, la plus symbolique, la dernière à tomber.

C'est devant cette barricade que le général François de Négrier est tué d'une balle au front le 25 juin, en menant l'assaut. Et c'est sur cette même barricade que, quelques heures plus tard, Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, décide de monter.

Affre a cinquante-quatre ans. Encouragé par Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est convaincu que son intervention personnelle peut ramener la paix. Cavaignac tente de l'en dissuader. L'archevêque insiste. Il part à pied vers le faubourg, accompagné de quelques fidèles, un rameau vert à la main en signe de paix, porteur d'une proclamation gouvernementale promettant le pardon aux insurgés qui déposeront les armes.

Il monte sur la barricade. Les tirs cessent. Le silence se fait — un silence improbable dans ce faubourg qui tonne depuis trois jours. Affre commence à parler. Mais un coup de feu claque. D'où ? La question n'a jamais été tranchée. L'opinion dominante veut que le premier tir soit venu des lignes de la Garde nationale. Les insurgés, croyant à un piège, ripostent. La fusillade reprend, chaotique. Au milieu de la confusion, une balle frappe l'archevêque dans les reins. Il s'effondre.

Les insurgés le portent au presbytère de Saint-Antoine sur un brancard de fortune. On le ramène le lendemain au palais épiscopal. Il meurt le 27 juin au matin. Ses derniers mots, entrés dans la légende : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Il ne l'est pas. La répression de Cavaignac fera entre trois et cinq mille morts parmi les insurgés, auxquels s'ajoutent les déportations massives vers l'Algérie. L'insurrection de juin 1848 est, pour Marx, le moment de vérité de la révolution : dans Les Luttes de classes en France (1850), il y voit le premier affrontement ouvert entre le prolétariat et la bourgeoisie républicaine — la « fraternité » de février démasquée en « guerre civile sous sa forme la plus effroyable, la guerre du travail contre le capital ». La République avait promis du travail ; elle envoie l'artillerie. L'archevêque, entre les deux camps, tombe du côté où personne ne l'attendait.

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Événement
1848
25 juin 1848
p 357
Répression de l'insurrection de Juin dans le faubourg St Antoine ; 19 barricades dans cette rue, 65 dans tout le quartier ; elle fait 2 000 morts
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Événement
1848
25 juin 1848 — Boutique d'horloger-bijoutier de Marchal
p 358-359
Agricol Perdiguier sauve de la fusillade trois députés pris en otages par les Insurgés. D'autres témoignages parlent d'une boutique de la rue de Charenton
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
p 359
Chute de la barricade de l'entrée du Fbg St Antoine à 10 h 10
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Événement
1841
1841 — Pavillon de chasse/Siège de la Revue des Indépendants
p 370
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