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23 mai 1871
Événement

Rue des Rosiers, les Versaillais fusillent à genoux les prisonniers de Montmartre

Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers — Lieu de massacre de Communards
à l'angle de la rue de la Bonne
📍 36 rue du Chevalier de la Barre anciennement : 6 rue des Rosiers · rue des Rosier
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Là où la Commune a commencé, les vainqueurs choisissent le lieu de leur vengeance : le mur du jardin de la rue des Rosiers.

Montmartre, le 18 mars 1871. À l’aube, les soldats de Thiers sont venus reprendre les canons de la Garde nationale parqués sur la Butte ; la foule s’y oppose, la troupe fraternise, et deux généraux, Claude Lecomte et Clément-Thomas, sont tués dans un jardin de la rue des Rosiers. La version officielle parle d’une exécution ; pour des historiens comme William Serman ou pour Lissagaray, c’est la foule qui les a abattus. Le gouvernement quitte Paris pour Versailles ; la Commune est née de cette journée.

Deux mois plus tard, le 21 mai, l’armée versaillaise entre dans Paris. Le 23 mai, elle concentre son effort sur Montmartre en contournant les barricades et les batteries tournées vers le sud. La Butte tombe presque sans combat, tant ses défenseurs sont désorganisés. La répression commence aussitôt. Les prisonniers sont conduits rue des Rosiers, devant le mur même où les deux généraux étaient tombés, et fusillés à genoux : quarante-deux hommes, trois femmes et quatre enfants. L’une des femmes exhorte ses compagnons à mourir debout.

Le même jour, rue Myrha, le général de la Commune Jarosław Dąbrowski est mortellement blessé. Dans l’après-midi, les Versaillais descendent de la Butte pour enlever les barricades des places Clichy, Blanche et Pigalle, défendues par une centaine de femmes, dont Louise Michel et Élisabeth Dmitrieff. Au même moment, les premiers grands incendies s’allument au centre de Paris.

Cinq jours plus tard, le 28 mai, les combats cessent. Eugène Varlin, l’un des chefs de la Commune, est reconnu et dénoncé par un prêtre rue Lafayette. On le conduit à Montmartre, rue des Rosiers, où il est fusillé à son tour.

Le nom de la rue n’a pas survécu. Réunie à la rue de la Fontenelle en 1868, elle devient en 1885 la rue de La Barre, puis en 1907 la rue du Chevalier-de-La-Barre : les anticléricaux de la IIIe République ont choisi le nom de ce jeune homme torturé et exécuté pour blasphème en 1766, alors que s’élevait au sommet de la Butte la basilique du Sacré-Cœur. Le jardin des fusillés se trouvait à la hauteur de l’actuel n° 36.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.