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6e arr.
Voie · 6e arrondissement

Rue de l'Ancienne Comédie

De place Louise Catherine Breslau et Madeleine Zillhardt. à boulevard Saint-Germain, 132.
Quartier Monnaie · Longueur ≈ 116 m
≈ 116 m
Longueur
1
Quartier
I

Histoire de la rue

Longtemps connue sous le nom de rue des Fossés Saint-Germain des Prés — puis brièvement rue de la Comédie —, cette courte artère de 116 mètres a porté des noms qui disent tout de son double destin : une rue de théâtre, une rue de café, une rue de révolution. C'est la décision ministérielle du 21 mai 1834 qui lui donne son nom définitif, en mémoire de l'Hôtel des Comédiens français qui s'élevait au n° 14. La Comédie-Française y avait en effet élu domicile en 1689, transplantée là sur ordre de Mazarin pour éloigner les comédiens du collège des Quatre-Nations qu'ils perturbaient — et elle y resta jusqu'en 1770. L'ancienne salle deviendra ensuite atelier de peintres, dont celui d'Antoine-Jean Gros, rival de David, qui s'y suicidera en 1835.

En face, au n° 13, le café Procope ouvre dès 1684 — second café de Paris après Maliban — et devient l'un des hauts lieux intellectuels de l'Europe des Lumières. La Fontaine, Montesquieu, Voltaire, Diderot, d'Alembert, Beaumarchais y ont leurs habitudes ; c'est là que le premier volume de l'Encyclopédie est mis au point en 1751. En 1793, les cendres de Voltaire y font halte lors de leur transfert au Panthéon, déposées sur sa table favorite — que Hébert aurait brisée dans un accès de fureur. En 1799, les futurs libertadores d'Amérique du Sud y débattent de l'émancipation des colonies espagnoles.

La Révolution s'installe dans chaque pierre. Au n° 16, Marat imprime L'Ami du peuple dans une cave, avant de fuir précipitamment le 22 janvier 1790. Au n° 21, Danton voisine quelque temps avec le docteur Guillotin — lequel avait introduit la Déclaration des droits dans les cahiers de doléances du quartier de la Monnaie. C'est du Procope que partent les cortèges des journées du 20 juin et du 10 août 1792 ; c'est là que Chenard arbore pour la première fois la tenue du sans-culotte, immortalisée par Boilly. Le calendrier révolutionnaire est adopté au n° 12 en 1793. La rue vivra ses derniers soubresauts révolutionnaires en mai 1871, avec des combats lors de la Semaine sanglante aux n° 18-25.

Entre deux tempêtes, la rue est aussi un refuge littéraire. George Sand fréquente le restaurant Pinson au n° 18 ; le jeune Jules Verne loge au n° 24 pendant ses études. Plus tard, c'est Verlaine qu'on célèbre au Procope lors de soirées à bénéfice en 1894. Quant au mystérieux Éliphas Lévi — né Alphonse-Louis Constant —, il voit le jour au n° 5 en 1810, dans cette même maison où Cambacérès, futur deuxième consul, résidait quelques années plus tôt.

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II

Fiches

3 fiches · 1 adresse
III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution