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13e & 14e arr.
Voie · Traverse 2 arrondissements

Rue de la Santé

De boulevard de Port-Royal, 93. à place Coluche.
Quartiers Croulebarbe · Maison-Blanche · Montparnasse · Parc de Montsouris · Longueur ≈ 1280 m
≈ 1280 m
Longueur
2
Arrondissements
4
Quartiers
⚑ Cette rue traverse : 13 e arr. & 14 e arr.
I

Histoire de la rue

La rue de la Santé tire son nom de l'établissement hospitalier qui en constitue l'aboutissement logique : l'hôpital de la Santé, rebaptisé Sainte-Anne en hommage à Anne d'Autriche, sa fondatrice. C'est en 1651, au cœur de la Fronde, que l'ancien hôpital de la Santé est transféré à Sainte-Anne — moment fondateur qui grave durablement cette adresse dans la géographie médicale et carcérale de Paris. Quelques décennies plus tard, entre 1765 et 1786, un poste d'octroi s'installe au n° 34 avant d'être remplacé par la barrière de la Santé, marquant la limite fiscale de la capitale.

La rue traverse quatre quartiers du sud parisien — Croulebarbe, Maison-Blanche, Montparnasse, Parc de Montsouris — sur plus d'un kilomètre, du boulevard de Port-Royal jusqu'à la place Coluche. Au n° 29, un couvent des Augustines abrite en 1840 un parc réputé superbe ; au n° 32, c'est Edvard Munch, accueilli à Paris par August Strindberg, qui installe son atelier en 1896. La rue est donc aussi, par instants, un couloir de création.

Mais c'est le n° 42 qui concentre le destin politique et tragique de la voie : la prison de la Santé, inaugurée dans la seconde moitié du XIXe siècle. En février 1870, Eugène Varlin, figure du mouvement ouvrier et de l'A.I.T., y est incarcéré en représailles de la grève du Creusot. Pendant la Commune de 1871, la Santé devient un enjeu de pouvoir : le général Chanzy y est transféré sous escorte, la foule tente de lyncher les prisonniers, et le directeur Cayol refuse de laisser sortir les détenus en dépit des ordres de Lullier. Au siècle suivant, la prison accueille Guillaume Apollinaire (1911), Victor Serge (1912), puis toute une génération de militants communistes — Boris Souvarine, Marcel Cachin, Jacques Doriot, Pierre Sémard — incarcérés dans l'entre-deux-guerres pour opposition à la guerre du Rif ou « complot contre la sûreté de l'État ». Sous l'Occupation, la Santé devient un lieu d'horreur : guillotinages pour « propagande communiste », 23 condamnés du procès de la Maison de la Chimie entonnant La Marseillaise en partant vers le Mont-Valérien, et jusqu'en 1944 une mutinerie du 14 juillet réprimée dans le sang par la Milice.

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II

Fiches

37 fiches · 7 adresses
29
29 rue de la Santé
Couvent des Augustines
1 fiche
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42
42 rue de la Santé
Prison de la Santé
30 fiches
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Manifestations autour de la Santé en solidarité avec les militants GP et VLR emprisonnés. Diffusion de messages par haut parleur. Attaque au cocktail Molotov contre deux cars de police
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Libération des membres de l'OAS encore incarcérés pour crime de sang, en vertu des accords entre de Gaulle et Massu
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Mutinerie à la prison de la Santé, organisée par les militants du PCF pour le 14 juillet ; 28 mutins seront fusillés par la Milice
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Personnage(s) : Jean Bassompierre ·Pierre Gallet
Lors de leur transfert vers le Mont Valérien pour être exécutés, les 23 condamnés du procès de la Maison de la Chimie entonnent la Marseillaise en quittant la Santé
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Personnage(s) : Danielle Casanova
Conrado Miret i Musté meurt des tortures qu'il a subies sans avoir rien livré, y compris son identité ; il avait été arrêté par la police française. Une plaque est apposée sur le mur extérieur de la prison
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Personnage(s) : Conrado Miret-Muste
La loi de Vichy du 14 août 1941 est en vigueur depuis six semaines quand la guillotine de la Santé la met en pratique : trois hommes meurent pour avoir diffusé des tracts. Le 14 août 1941, le gouvernement de Vichy…
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Trois personnes guillotinées pour "propagande communiste" par le Tribunal spécial de la Seine, en application de la loi de Vichy du 14 août 1941. Le 28 août 1941, puis d'autres le 23 septembre 1941
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Deux communistes arrêtés ensemble pour les mêmes raisons — ils n'iraient pas dans la même direction. Ce 18 juillet 1927, deux hommes entrent à la prison de la Santé. Marcel Cachin, soixante-deux ans, directeur de…
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Personnage(s) : Marcel Cachin ·Jacques Doriot
Marcel Cachin est incarcéré ; il sera libéré aussitôt, suite à un vote de la Chambre
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Personnage(s) : Marcel Cachin
Pierre Sémard est incarcéré pour "provocation à la désobéissance", en rapport à l'opposition du PCF à la guerre du Rif
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Personnage(s) : Pierre Semard
Souvarine, emprisonné à la Santé, envoie au congrès de Tours une motion d'adhésion à l'Internationale Communiste, improprement appelée "Cachin-Frossard"
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Personnage(s) : Boris Souvarine
Incarcération pour "complot contre la sûreté de l'État" de militants du Comité de la Troisième Internationale. Ce qui fait qu'il ne seront pas présents au Congrès de Tours. Le préau de la Santé est transformé en forum politique
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Le 21 août 1911, la Joconde disparaît du Louvre. C'est le vol du siècle; toute la France s'en émeut. La police cherche un coupable. Quelques jours après le vol, un journaliste du Matin reçoit deux statuettes ibériques…
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Jean-Jacques Pillot, arrêté à La Varenne St Hilaire le 29 octobre 1871, est condamné à 10 ans de réclusion ; il se marie à la Santé le 23 décembre 1874, et meurt à la prison de Melun le 13 juin 1877
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Personnage(s) : Jean-Jacques Pillot
Le 13 février 1870, Eugène Varlin, figure majeure du mouvement ouvrier et membre actif de l’Association internationale des travailleurs (A.I.T.), est incarcéré à la prison de la Santé à Paris. Cette arrestation marque un…
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Personnage(s) : Eugène Varlin
III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution