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18e arr.
Voie · 18e arrondissement

Rue du Mont Cenis

De rue Saint-Éleuthère, et rue Azaïs, 2. à rue Belliard, 37-41.
Quartier Clignancourt · Longueur ≈ 1304 m
≈ 1304 m
Longueur
1
Quartier
I

Histoire de la rue

La rue du Mont-Cenis est l'une des artères les plus anciennes de la Butte — et l'une des plus physiques : ses 1 300 mètres de longueur dévalent la colline avec une brutalité toute alpine, ce qui lui a valu, lors de sa dénomination par arrêté du 20 juillet 1868, d'emprunter le nom du massif alpin du Mont-Cenis. Avant cela, la voie s'appelait — du moins dans sa partie basse, entre la rue Marcadet et les anciennes fortifications — chemin de la Procession, rappelant que les moines de Saint-Denis l'empruntaient lors de leur procession septennale. Rochegude signale qu'une section plus haute portait les noms de « chaussée Saint-Denis » puis « rue Saint-Denis », témoignant du rôle de cet axe comme voie de liaison entre l'abbaye royale et le sommet de la Butte.

Au n° 2, l'histoire s'étale sur vingt siècles. À l'emplacement de l'église Saint-Pierre de Montmartre — la plus vieille église de Paris encore debout, construite entre 1133 et 1147 sous Louis VI le Gros et consacrée par le pape Eugène III — on a retrouvé les traces d'un temple de Mars gallo-romain dont deux colonnes sont restées incorporées dans la façade méridionale. Sous les dalles du petit cimetière du Calvaire attenant repose entre autres Jean-Baptiste Pigalle, et c'est là aussi que fut inhumé Louis Antoine de Bougainville, premier Français à avoir bouclé le tour du monde. En 1590, Henri IV y pointe ses canons sur Paris assiégé ; en 1794, la Révolution transforme le sanctuaire en temple de la Raison, puis la Commune en fait un atelier de confection militaire où travaillent une cinquantaine de femmes — avant qu'il ne serve de dépôt de munitions. C'est également depuis la butte que Claude Chappe réalise en 1794 la première transmission télégraphique Paris-Lille via ses seize stations relais.

La rue fut aussi un repaire d'artistes et de bohèmes. Au n° 18, une maison disparue en 1925 — aujourd'hui commémorée par un bas-relief — fut dès 1823 le rendez-vous de nombreux peintres, et Kees van Dongen y aurait logé à son arrivée à Paris en 1897. Hector Berlioz habite au n° 24 entre 1834 et 1836, le temps de composer ses grandes fresques orchestrales. Au carrefour des n° 1-3 s'installe le cabaret La Bohème, haut lieu de la vie montmartroise que fréquentent Suzanne Valadon, le sculpteur Henri Laurens et bien d'autres ; le restaurant Le Moulin Joyeux (n° 5) voit défiler Valadon et son fils Maurice Utrillo entre 1919 et 1935. En 1922, c'est au n° 13 que le peintre Luc Lafnet héberge le jeune Georges Simenon à son arrivée à Paris. Plus tard, Patachou y tient sa pâtisserie-cabaret au n° 15 bis, où Georges Brassens et Jacques Brel font leurs premières armes. La rue garde aussi une curiosité géographique discrète : le point le plus élevé du sol naturel de Paris se trouve à l'intérieur du cimetière du Calvaire, au n° 2.

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II

Fiches

38 fiches · 15 adresses
2
2 rue du Mont Cenis
Église St Pierre de Montmartre
15 fiches
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Sous la Commue, l'église est transformée en atelier de confection militaire où travaillent 50 femmes, puis en magasin de munitions ; elle abrite aussi une école professionnelle de jeunes filles
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Élu le 22 mai 1790 premier maire de Montmartre, jacobin qui jure de « vivre libre ou de mourir pour la Liberté », Félix Desportes devient diplomate de la Révolution. Suspect, il est arrêté en avril 1794 alors qu’il demande un certificat de civisme au comité révolutionnaire de Montmartre, dont est membre son frère Benjamin ; il échappe à la guillotine. Résident à Genève, il obtient en 1798, à force de pressions, la « réunion » de la ville à la France. Préfet et baron de l’Empire, exilé par les Bourbons, il conspire ensuite pour Louis-Napoléon. Il meurt à Paris le 26 août 1849, à 86 ans, et repose au Calvaire avec Benjamin, mort en 1840.
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Personnage(s) : Félix Desportes
Entré à l’Académie royale en 1744 avec son Mercure attachant sa talonnière, protégé de Mme de Pompadour, Jean-Baptiste Pigalle reçoit des commandes du roi lui-même. En 1770, les écrivains réunis chez Mme Necker, Diderot et d’Alembert en tête, lui commandent une statue de Voltaire : il le sculpte nu, et l’œuvre fait scandale. Il meurt à Paris le 22 août 1785, à 71 ans, et il est inhumé au cimetière du Calvaire, accolé à l’église Saint-Pierre de Montmartre. Fermé sous la Révolution, le cimetière est entièrement démantelé : sa sépulture a disparu. Son nom reste à la rue de son atelier, puis à la place et au quartier.
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Personnage(s) : Jean-Baptiste Pigalle
De 1766 à 1769, sur La Boudeuse et L’Étoile, Louis-Antoine de Bougainville mène le premier tour du monde commandité par le gouvernement français ; à bord, Jeanne Barret devient la première femme à faire le tour du monde. Son Voyage autour du monde inspire à Diderot son Supplément. Fidèle à Louis XVI, arrêté comme suspect sous la Terreur, il est libéré après la chute de Robespierre ; Bonaparte le fait sénateur et comte. Il meurt à Paris le 31 août 1811, à 81 ans. Son corps descend au Panthéon ; son cœur est placé sous une colonne votive sur la sépulture familiale du Calvaire, auprès de sa femme et de son fils Amand.
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Le point le plus élevé du sol naturel de Paris se situe à l’intérieur du cimetière du Calvaire, au 2 rue du Mont Cenis, dans le quartier de Montmartre. Ce point culmine à 130,53 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le cimetière du Calvaire, jouxtant l’église Saint-Pierre de Montmartre, est un site classé à l’inventaire des monuments historiques. Il n’est accessible au public qu’une seule journée par an, lors de la Toussaint. Cette altitude fait de Montmartre la butte la plus haute de Paris, devant Belleville, qui atteint 128,64 mètres dans son cimetière. L’adresse précise du point culminant est 2 rue du Mont Cenis, Paris 18e. Aucun personnage historique n’est directement associé à ce point géographique, bien que Montmartre soit un lieu emblématique de l’histoire parisienne.
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Pompe à eau contre le presbytère de l'église St Pierre de Montmartre
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Puits sans margelle fermé par un tampon de pierre surmonté d'une petite pompe
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Meuniers de père en fils sur la Butte, les Debray possèdent le Blute-fin et le Radet, les moulins de la Galette. Le 30 mars 1814, quand les Russes prennent Montmartre, Pierre-Charles Debray est « tué par l’ennemi sur la butte de son moulin », dit sa tombe ; son fils Nicolas-Charles, transpercé d’une lance, survit et fait du moulin une guinguette. La légende veut que le corps du père, coupé en quatre, ait été accroché aux ailes, puis porté ici la nuit par sa veuve ; l’épouse que nomme la tombe est pourtant morte en 1812. Surmontée d’un moulin, la sépulture est au Calvaire, le plus petit cimetière de Paris, ouvert le seul jour de la Toussaint.
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11
11 rue du Mont Cenis
Épicerie Chez Juliette (arrière-boutique dans la cour)
1 fiche
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Modèle de Marcel Aymé pour son roman "La traversée de Paris"
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Personnage(s) : Henri Marchénoir ·Marcel Aymé
13
13 rue du Mont Cenis
Atelier de Luc Lafnet (aujourd'hui galerie Roussard)
2 fiches
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18
18 rue du Mont Cenis
Maison de Mimi Pinson/Demeure de Kees van Dongen (présumée)
2 fiches
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Rendez-vous de nombreux artistes ; la maison, disparue en 1925, est représentée par un bas-relief sur la façade de l'immeuble qui l'a remplacée
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Personnage(s) : Mimi Pinson
143
143 rue du Mont Cenis
Demeure d'Eugène Dabit
1 fiche
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III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution