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5e arr.
Voie · 5e arrondissement

Rue Mouffetard

De rue Thouin, 3. à rue Censier et rue Pascal, 2.
Quartiers Jardin des Plantes · Saint-Victor · Sorbonne · Val-de-Grâce · Longueur ≈ 605 m
≈ 605 m
Longueur
4
Quartiers
I

Histoire de la rue

Longue de six cents mètres et large à peine de sept, la rue Mouffetard est l'une des plus anciennes artères de Paris : elle suit le tracé d'une voie romaine reliant Lutèce à l'Italie par Senon (l'actuelle Sens). Son nom est une corruption de Mont Cétard, ancien lieu-dit de la rive gauche, que les siècles ont malaxé en Mofetard, Maufetard, Mouflard, avant d'aboutir à la forme définitive. Elle porta longtemps le nom de rue du Faubourg Saint-Marceau ou rue Saint-Marcel, rappelant l'attraction séculaire de l'abbaye et du bourg qui gravitait autour de cette voie de sortie méridionale. À son extrémité nord, le n° 34 conservait encore au XIIIe siècle un pan de l'enceinte de Philippe Auguste ; au n° 9, la porte Saint-Marcel de l'enceinte de Charles V filtrait les allées et venues jusqu'à sa démolition au XVIIe siècle.

La Renaissance donne à la rue ses lettres de noblesse littéraires. Dans un cabaret du n° 10, entre 1540 et 1556, se retrouvent Ronsard, Du Bellay, Baïf, Dorat, Belleau, Jodelle et Pontus de Tyard — la « Brigade » qui deviendra la Pléiade. À deux pas, l'église Saint-Médard (n° 141) est déjà le cœur battant du quartier : en 1561, des protestants y envahissent la messe en représailles à une provocation catholique. Elle sera plus tard le théâtre des célèbres convulsionnaires : autour de la tombe du diacre janséniste François de Pâris (mort en 1727), des fidèles tombent en transe, au point que Louis XV fait fermer le cimetière en 1732 — et qu'un écriteau apocryphe, immédiatement célèbre, annonce : « De par le Roy, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu. »

Au fil des siècles, la Mouff' reste une rue peuple et militante. En 1714, des fusiliers des gardes-françaises sont casernés au n° 36 pour « surveiller ce bouillant secteur ». En juin 1848, une barricade s'élève au n° 89 ; une compagnie de garde mobile y est désarmée le 23. Le n° 69 — ancien bal populaire à l'enseigne en bois d'épave sculpté — accueille un club révolutionnaire en 1848, puis les réunions du Club du Vieux Chêne sous la Commune, puis un cercle clandestin après l'écrasement de celle-ci. Au n° 140, Pierre Kropotkine installe La Révolte en 1885 ; Émile Pouget y lance Le Père Peinard en 1889 ; Jean Grave y fait vivre sa revue jusqu'en 1895. Au n° 23, dans l'entre-deux-guerres, Daniel Guérin réunit les antifascistes, et les Cahiers de Spartacus publient Victor Serge. La rue recèle même un trésor au sens propre : en 1938, un terrassier met au jour au n° 53 plus de trois mille pièces d'or dissimulées là, dit-on, depuis le XVIIIe siècle. Animée, chargée de mémoire, hérissée de boutiques depuis toujours, la rue Mouffetard est l'un des rares endroits de Paris où l'on a vraiment l'impression que l'histoire n'a jamais levé le pied.

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II

Fiches

59 fiches · 30 adresses
9
9 rue Mouffetard
Porte St Marcel/Enceinte de Charles V
1 fiche
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23
23 rue Mouffetard
Siège de la revue "Les Cahiers de Spartacus"
3 fiches
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33
33 ou 35 rue Mouffetard
Café d'Olivier Bouchardain/Tableau représentant les Quatre sergents de la Rochelle
1 fiche
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Haut-relief en bois sculpté représentant les Quatre sergents de La Rochelle, dans un cabaret de la rue Mouffetard ; il semble qu'il ne nous en reste qu'une photo de Doisneau
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34
34 rue Mouffetard
Enceinte de Philippe Auguste
1 fiche
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Pan de mur de l'enceinte de Philippe Auguste qui mesurait 2569m sur la rive gauche
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36
36 rue Mouffetard
Caserne de gardes-françaises
2 fiches
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38
38 rue Mouffetard
Auberge À l'Écu d'Écosse
1 fiche
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45
45 rue Mouffetard
Demeure de Germain Nouveau
1 fiche
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50–52
50–52 rue Mouffetard
Maisons "Barillet" et "Cerf-Volant" regroupées en "Chapeau Royal"/Cour remarquable
1 fiche
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Cour remarquable dont le couloir d'entrée au 52 est pavé de pierres tombales
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89
89 rue Mouffetard
Barricade en Juin 1848
1 fiche
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Barricade dressée lors des journées de Juin 1848, théâtre d'une vaine tentative de médiation. Une compagnie de la garde mobile y a été désarmée le 23 juin
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Personnage(s) : Jeanne-Marie Rendu
122
122 rue Mouffetard
Maison "À la Bonne Eau"/Enseigne "À la Bonne Source"/Enseigne remarquable
1 fiche
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Enseigne polychrome remarquable d'un marchand de vin facétieux, qui avait appelé son établissement "À la bonne eau", rebaptisé plus tard "À la bonne source"
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134
134 rue Mouffetard
Bâtiment remarquable (enseigne et décoration)
1 fiche
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La fresque remarquable située au 134 rue Mouffetard à Paris est une œuvre décorative réalisée entre 1929 et 1931 par le maçon italien Adigheri (ou Eldi Gueri selon certaines sources). Elle orne la façade d’un immeuble du…
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Personnage(s) : Adigheri
141
141 rue Mouffetard
Église St Médard
7 fiches
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Réseau de diffusion du journal "Résistance", auquel participe le curé de St Médard
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Personnage(s) : Mme Maurice
Diacre janséniste, rebelle à la bulle Unigenitus, François de Pâris mène une vie très austère au faubourg Saint-Marceau. Il meurt le 1er mai 1727, à 36 ans, en léguant tous ses biens aux pauvres, et il est inhumé dans le petit cimetière de Saint-Médard. En 1731, des malades se tordent en convulsions sur sa tombe : la cause janséniste devient une cause populaire, contre le pouvoir et Rome. Le roi fait fermer le cimetière le 27 janvier 1732 ; un inconnu affiche sur la palissade : « De par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu ». L’ancien cimetière est aujourd’hui sous la chapelle des Catéchismes, bâtie en 1901.
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Personnage(s) : François de Pâris
Les protestants pénètrent dans l'église pour perturber la messe en riposte à une provocation des catholiques
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Personnage(s) : François II
Sans numéro
Sur la voie, sans adresse précise
11 fiches
Planque de Joseph Boczor, responsables du détachement des dérailleurs des FTP-M.O.I.
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Personnage(s) : Joseph Boczov
En 1840, la "coalition" ouvrière est un délit en France. La loi Le Chapelier de 1791, que la Monarchie de Juillet n'a pas abrogée, interdit aux travailleurs de se concerter pour peser sur leurs employeurs. Faire grève…
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Cachette procurée par Jean Charles à Martin-Bernard après l'insurrection de 1839
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Personnage(s) : Martin Bernard ·Mr Ardiot ·Jean Charles
Claude François Lazowski, domicilié rue Mouffetard, fut l’un des principaux organisateurs de la prise du palais des Tuileries le 10 août 1792. Commandant de l’artillerie des faubourgs Saint-Marceau et Saint-Antoine, il joua un rôle décisif lors de l’assaut, mobilisant les canonniers et coordonnant le feu contre les défenses royales. Dès juillet 1792, Lazowski avait participé aux réunions du directoire d’insurrection et à la préparation de l’attaque, aux côtés de Santerre, Westermann et Fournier. Sa personnalité de meneur et son expérience militaire contribuèrent au succès républicain lors de cette journée clé de la Révolution française.
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Personnage(s) : Claude François Lazowski
Révolutionnaire d'origine polonaise, meneur sans-culotte du faubourg St Marceau, un des membres du directoire d'insurrection qui prépara le 10 août, commandant l'artillerie lors de cette journée comme de celle du 20 juin
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Personnage(s) : Claude François Lazowski
III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution